B183-Notre dernière visite en Israël.

Article de Henri Viaud-Murat.

Nous venons de rentrer d’une petite semaine en Israël, riche en rencontres. Bref compte-rendu.

Nous avions pour objectifs, mon épouse et moi, de rencontrer des Arabes Chrétiens, des Juifs messianiques, et des Juifs religieux. Nous voulions connaître leurs problèmes, écouter leurs points de vue, et prendre des contacts pour de futures rencontres éventuelles.

Nous voulions aussi manifester notre solidarité envers Israël dans ces temps difficiles, où ce pays est de plus en plus isolé au milieu des nations. Mais Dieu n’abandonnera jamais Israël!

Dans le souci de préserver la vie personnelle de certains de nos interlocuteurs, nous ne publierons pas ici leurs noms. Nous ne raconterons pas non plus le détail de tout ce que nous avons fait pendant cette semaine, mais nous parlerons surtout des rencontres qui nous ont le plus marqués.

Notre première rencontre a été avec le Pasteur Najeeb Atteih et son épouse Elizabeth, à Haïfa, troisième ville d’Israël après Jérusalem et Tel-Aviv.

Haïfa comprend 270.000 habitants, dont 216.000 Juifs, 27.000 Arabes (16.000 Chrétiens et 11.000 Musulmans), et 27.000 non-religieux ou membres d’autres confessions.

Rappelons que la population totale d’Israël est évaluée aujourd’hui à 7.800.000 habitants, dont 75,5% de Juifs (5.890.000), 20,5% d’Arabes (1.600.000), et 4% (312.000) de nouveaux immigrés non-Juifs, ou membres d’autres confessions, notamment Druzes.

Les Arabes se répartissent en 1.480.000 Musulmans et 120.000 Chrétiens, le plus souvent Catholiques ou Maronites.

Le Pasteur Najeeb estime pour sa part que, dans tout Israël, il n’y a pas plus d’une trentaine d’anciens Musulmans, et pas plus d’un millier d’anciens Juifs convertis à Christ. Il parle ici de Juifs nés en Israël et convertis sur place. Le nombre total de Juifs messianiques peut être évalué à 6.000.

En revanche, il estime à 5.000 le nombre total d’Arabes convertis à Christ dans tout Israël, la quasi-totalité d’entre eux provenant de dénominations chrétiennes traditionnelles, et n’ayant été que des Chrétiens de nom avant de se convertir.

Il faut aussi noter qu’Israël est le seul pays du Moyen-Orient qui ait vu sa population chrétienne tripler en 50 ans.

Najeeb est d’origine Maronite, et son épouse Arménienne. Avant de se convertir, Najeeb était issu d’un milieu familial difficile. Il vivait une vie sans but et était actif dans le trafic de drogues et la maffia locale. Un jour, un homme qu’il haïssait est venu lui parler de Jésus, et lui dire combien Jésus avait changé sa vie. Cet homme revint le visiter après quelque temps, et lui annonça le chemin du salut. Cette fois-ci, Najeeb l’écouta et décida de suivre le Seigneur Jésus. Il passa par une nouvelle naissance. Son épouse Elizabeth remarqua de tels changements dans la vie de son mari qu’elle décida, elle aussi, de suivre Jésus.

Najeeb avait un bon travail, mais, en 2000, il décida de démissionner pour servir le Seigneur. Il s’occupe actuellement avec son épouse d’une petite église d’une quarantaine de membres, et ils gèrent ensemble une librairie chrétienne à Haïfa.

Tous les convertis de cette église sont des Arabes d’origine chrétienne. Najeeb insiste sur la grande difficulté pour un Musulman, comme pour un Juif, de se convertir au Seigneur Jésus en Israël.

Tous les Juifs ou les Musulmans qui acceptent le Seigneur Jésus comme leur Sauveur doivent affronter des difficultés plus ou moins grandes. S’ils ne sont pas tous physiquement persécutés, tous peuvent faire l’objet de discriminations, notamment économiques.

Dans les territoires contrôlés soit par le Hamas, à Gaza, soit par l’Autorité Palestinienne, en Judée-Samarie, beaucoup de Chrétiens Arabes ont même dû partir et émigrer à l’étranger, en raison des persécutions ou des brimades qu’ils ont dû subir de la part des Musulmans.

La loi israélienne assure officiellement la liberté de culte. Toutefois, certains extrémistes religieux, qu’ils soient Musulmans ou Juifs, font parfois subir diverses persécutions aux anciens Musulmans ou Juifs qui se convertissent à la foi chrétienne. Certains de ceux-ci doivent parfois même se cacher, ou éviter de publier leur foi, tant qu’ils ne sont pas spirituellement affermis.

C’est pour cela que le Pasteur Najeeb insiste sur la formation de disciples, et pas seulement de convertis, c’est-à-dire de Chrétiens qui apprennent à renoncer à eux-mêmes et à se charger de leur croix pour suivre le Seigneur Jésus.

Najeeb partage aussi avec nous un sujet de tristesse pour lui et son épouse. Il a constaté que les Chrétiens évangéliques, en général, ont tendance à accorder plus d’attention et de soutien aux Juifs messianiques qu’aux Arabes convertis à Jésus.

Il est clair que cette préférence n’est pas spirituelle, car, en Christ, anciens païens, Juifs, Musulmans ou Chrétiens nominaux ne forment plus qu’un seul peuple spirituel, par leur nouvelle naissance. Nous ne devrions donc marquer aucune préférence entre les croyants en Christ. Cette préférence, quand elle existe, vient de la chair, et non de l’esprit.

La conséquence essentielle de cette attitude est que les assemblées composées de Juifs Messianiques bénéficient, de la part des autres Chrétiens, de beaucoup plus de soutien à tous les niveaux, que ce soit au niveau financier, au niveau des contacts personnels, ou au niveau de la communion fraternelle.

Prions pour Israël. Mais n’oublions pas non plus dans nos prières les Chrétiens d’Israël, quelle que soit leur origine.

Le second jour, nous avons passé un long moment chez un couple Israélien vivant à Ashdod. Le mari, artiste peintre de talent, est d’origine française, né de mère juive et de père non-juif. Son épouse est une Juive Israélienne croyante, dont la famille est originaire du Maroc. Ils ont trois beaux enfants.

Ils ont essayé de s’installer en France par deux fois, mais sans jamais pouvoir trouver un emploi satisfaisant. A cette occasion, ils avaient pu recevoir le témoignage de Jésus. Revenus en Israël, ils ont immédiatement trouvé du travail. Il est vrai que l’économie israélienne est en plein essor.

En nous faisant visiter leur grand appartement, notre amie nous montre l’une des chambres, qui doit, d’après la loi, être obligatoirement renforcée, blindée, et isolée des gaz éventuels. En cas d’alerte, la famille a ainsi quelques minutes pour se réfugier dans cet abri. Car des roquettes partent souvent du territoire de Gaza, tout proche, et peuvent tomber n’importe où.

Nous sommes restés chez eux un long moment, à partager librement et amicalement sur toutes sortes de sujets personnels, économiques, politiques et spirituels.

Nous avons eu la joie de pouvoir leur témoigner de notre foi en Jésus, de répondre à leurs questions, et de leur manifester tout l’amour que nous avions pour Israël et le peuple Juif.

Avant de nous quitter, je leur ai proposé de prier pour eux et leur famille, en invoquant sur eux la bénédiction et la protection du Dieu d’Israël. Ce fut un moment d’intense émotion pour nous tous, et j’ai ressenti l’amour du Seigneur nous envelopper.

En tant que Chrétiens, nous ne pouvons que témoigner de notre foi en Jésus. Nous devons le faire ouvertement, en toute liberté et sans hypocrisie, parce que nous croyons en Celui qui a dit qu’Il était le Chemin, la Vérité et la Vie.

Mais nous devons veiller à ce que notre message soit appuyé par un témoignage personnel et une vie qui soient conformes à ce beau message de l’Evangile.

Il faut avant tout que la Personne vivante du Seigneur Jésus soit perçue au travers de nous, Chrétiens, afin que non seulement les Juifs, mais tous les hommes qui nous rencontrent, sachent que le Christianisme n’est pas une doctrine ni une « autre » religion, mais une nouvelle naissance spirituelle, et une Vie vécue en communion avec Jésus-Christ, Dieu incarné dans la chair, ressuscité et vivant aujourd’hui.

Nous ne cherchons donc pas à faire changer les gens de religion. Nous ne cherchons pas à faire du prosélytisme pour les faire entrer dans « notre religion. » Mais nous annonçons une Vérité que nous devons vivre dans notre vie. Et nous devons compter sur le Dieu de Vérité, pour qu’Il confirme Lui-même dans les coeurs cette Vérité, par Sa Parole et par Son Esprit.

Si Jésus est réellement le Messie d’Israël et le Sauveur du monde, ce que tous les Chrétiens croient, le Dieu de Vérité confirmera Lui-même cette Vérité dans le coeur de ceux qui recherchent la Vérité.

Connaissant la Vérité, nous n’avons donc rien à craindre, ni rien à prouver. Nous avons à proclamer la Vérité, qui est une Personne Vivante nommée Jésus, et la Vérité se démontrera d’elle-même!

Nous devons chercher, en tant que Chrétiens, à être remplis de l’Esprit de Dieu, de Son Amour et de Sa Puissance, et nous ferons alors ce que le Seigneur Jésus a ordonné à Ses disciples:

« Allez, prêchez, et dites: Le royaume des cieux est proche. Guérissez les malades, ressuscitez les morts, purifiez les lépreux, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement » (Matthieu 10: 7-8).

Si nous accomplissons les oeuvres de Jésus, avec l’Esprit et l’Amour de Jésus, ceux qui ont des yeux pour voir comprendront que nous ne pourrions jamais accomplir ces oeuvres si Dieu n’était pas avec nous! Et ces oeuvres divines parlent mieux que tous les discours!

C’est ce que le Pharisien Nicodème disait à Jésus:

« Rabbi, nous savons que tu es un docteur venu de Dieu; car personne ne peut faire ces miracles que tu fais, si Dieu n’est avec lui » (Jean 3: 2).

Jésus Lui-même nous a fait cette promesse:

« En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui croit en moi fera aussi les oeuvres que je fais, et il en fera de plus grandes, parce que je m’en vais au Père; et tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous demandez quelque chose en mon nom, je le ferai » (Jean 14: 12-14).

Le troisième jour, jour de sabbat, nous avons visité une assemblée messianique située à Kfar Saba, à vingt-cinq kilomètres au nord-est de Tel-Aviv.

Le pasteur de cette assemblée était en déplacement en Europe, mais nous avons été chaleureusement accueillis par plusieurs frères et soeurs présents, ainsi que par son épouse.

Il s’agit d’une assemblée d’une centaine de membres, dont une bonne proportion d’immigrants récents, souvent Russes. Une traduction simultanée est assurée en Russe et en Anglais pour ceux qui ne comprennent pas encore assez bien l’Hébreu.

L’épouse du pasteur estime le nombre d’assemblées messianiques en Israël à 80, ce qui représente environ 6.000 Juifs ayant accepté Jésus comme leur Messie, soit à peine un peu plus de 1 pour mille de la population Juive d’Israël.

Un grand nombre de ces 6.000 Juifs messianiques sont nés à l’étranger, avant de venir s’installer en Israël. Parmi eux, il existe une forte proportion de Russes.

On ne peut donc pas parler, au sein de la population Juive d’Israël, d’un grand mouvement de reconnaissance de Jésus comme le Messie d’Israël! Notre rencontre, plus tard dans notre voyage, avec des Juifs religieux, nous a permis de mieux comprendre pourquoi cette reconnaissance, par un Juif, de Jésus comme Messie est si difficile, surtout en Israël.

Nous sommes heureux d’avoir pu participer au culte du samedi matin dans cette assemblée messianique.

Voici un extrait de leur site internet (http://www.kehilat-hamaayan.org.il/):

« Nous sommes une assemblée n’appartenant à aucune dénomination particulière et n’étant affiliée à aucune assemblée ou organisation étrangère. Nous comptons entièrement sur les provisions et la direction du Dieu Vivant pour tous nos besoins. Nous nous rencontrons pour une adoration de Dieu en esprit et en vérité, étudiant et proclamant la Parole de Dieu, tout en nous servant les uns les autres par des actes pratiques et des bénédictions spirituelles. Notre but est de donner Gloire à notre Père Céleste en Le servant et en servant notre prochain, tout en désirant imiter Son Fils, Yéshoua le Messie, le Roi des Juifs.

Nos ministères concernent : la Louange et l’Adoration, les prières d’Intercession, l’étude et l’enseignement de la Parle de Dieu (Tanach et Nouveau Testament), la compassion envers les personnes perdues, des pauvres, des nécessiteux, des veuves, des orphelins, des malades et des personnes seules.

La parole de base et devise de notre ministère est en Esaïe 61:1-3.

Nous croyons que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu qui s’est révélé lui-même comme Y.H.W.H., est le créateur du Ciel et de la Terre. Nous pouvons tous le connaître individuellement au travers d’une rencontre personnelle avec Son Fils Yéshoua, qui est mort pour nos péchés par son sacrifice parfait (Esaïe 53), et qui est ressuscité des morts le troisième jour. Il est vivant aujourd’hui et désire que nous Le cherchions de tout notre cœur, de toute notre âme, et de toute notre force. »

Le culte s’est déroulé dans une atmosphère de paix et de joie tranquille. Il me semblait toutefois ressentir en esprit une certaine souffrance dans cette assemblée, mais sans pouvoir en déceler la cause. Il est vrai que l’environnement social n’est pas très favorable en Israël envers les Juifs messianiques. Un certain nombre d’immigrants récents, notamment de Russie, vivent encore dans une relative pauvreté. C’est sans doute la raison pour laquelle cette assemblée s’efforce d’aider et de soutenir les nécessiteux et les isolés.

Les quatrième et cinquième jours, nous avons visité plusieurs sites historiques et implantations Juives en Judée-Samarie, au coeur de l’Israël biblique, en compagnie d’un guide passionné et compétent, David Pasder.

J’étais déjà allé deux fois en Israël, mais je n’avais jamais eu l’occasion de me rendre en Judée-Samarie, dans les territoires dits « occupés. » En outre, nous souhaitions vivement rencontrer des Juifs religieux, et pouvoir échanger avec eux en toute amitié.

Comme je le précisais dans un article précédent, concernant les territoires dits « occupés » par Israël, la Judée et la Samarie faisaient partie, tout comme Gaza et la Jordanie actuelle, de la Palestine dont la Grande-Bretagne avait été la puissance mandataire. C’est toute cette Palestine qui devait constituer le foyer national du peuple Juif, selon la déclaration Balfour de 1917, et la conférence internationale qui s’est tenue à San Remo en 1920.

Par la suite, la Grande-Bretagne avait illégalement scindé cette Palestine en deux zones, l’une à l’est du Jourdain, réservée aux Arabes, et l’autre, à l’ouest du Jourdain, réservée aux Juifs.

Tant du point de vue historique, que du point de vue du droit international public, la Judée et la Samarie font donc intégralement partie du territoire dévolu à l’Etat d’Israël.

Nous savions que les média européens, en général, ne donnent pas des informations réellement objectives sur ce qui se passe en Israël, et en Judée-Samarie en particulier. Nous voulions donc constater les réalités du terrain de nos propres yeux. Et c’est pour cette raison que nous avions accepté l’offre que nous avait faite David Pasder, de nous faire visiter plusieurs sites historiques dans le coeur de l’Israël biblique, ainsi que quelques villages Juifs de Judée-Samarie.

David a créé il y a quelques mois, avec un ami associé, une entreprise chargée d’organiser des visites en Judée-Samarie (« Lipkin-Pasder, Voyages d’étude et de découverte d’Israël »), non seulement pour faire visiter des sites qui appartiennent au coeur historique d’Israël, mais aussi pour montrer aux visiteurs de quelle manière vivent les Juifs qui ont voulu revenir s’installer dans le pays qui leur a été donné par le Seigneur.

David est un Juif national-religieux. Né et éduqué en France, il a tout quitté un jour pour venir (ou, plutôt, revenir) en Israël, avec sa femme et ses six enfants. Ils se sont finalement installés à Ofra, en pays de Benjamin.

Jusqu’à la guerre de 1967, il n’y avait aucun Juif en Judée-Samarie. Ils sont actuellement près de 350.000, 500.000 avec les Juifs qui habitent les quartiers de Jérusalem libérés de l’occupation jordanienne en juin 1967, pour la plupart des Juifs religieux. Ils sont installés dans des implantations, des kibboutzim ou des villes nouvelles, et ont entrepris activement de développer et de remettre en valeur ce qui est toujours resté « leur » pays.

Nous avons librement circulé en Judée-Samarie pendant deux jours, et effectivement, nous n’avons jamais eu l’impression d’être dans une zone en guerre, ni même sous occupation militaire. L’armée Israélienne est certes présente, mais elle est très discrète, et on la voit très peu.

A ce sujet, nous avons été étonnés du contraste que nous avons remarqué entre les deux aéroports de Roissy, en France, et de Ben Gourion, en Israël. A Roissy, nous pouvions voir des militaires armés circulant partout. Rien qu’autour des guichets d’El Al, ils étaient une bonne dizaine. Mais, quand nous sommes arrivés en Israël, nous n’avons remarqué aucun militaire armé, aucun déploiement imposant de force.

Nous sommes passés, avec notre voiture immatriculée en Israël, devant de nombreux villages arabes, d’aspect prospère, et à proximité de grandes villes Palestiniennes comme Ramallah, sans jamais nous sentir en danger, ni au milieu d’un pays occupé et opprimé par l’occupant.

Un Arabe qui se rend aujourd’hui dans une implantation Israélienne, pour son travail ou en visite, ne court aucun danger pour sa vie. Tandis qu’un Israélien qui se rendrait dans une ville arabe courrait un réel danger.

La Judée-Samarie est actuellement divisée en trois zones: une zone, la plus étendue, entièrement contrôlée par les Palestiniens, une zone contrôlée politiquement par l’Autorité Palestinienne, mais dont la sécurité est confiée aux Israéliens, et une zone entièrement contrôlée par Israël, pour des raisons de sécurité nationale (vallée du Jourdain, hauteurs des montagnes de Judée-Samarie, et principales implantations).

Ces trois zones s’imbriquent parfois de manière tellement inextricable qu’il apparaît, sur le terrain, impossible de constituer un jour un Etat Palestinien indépendant et viable, d’où seraient entièrement exclus tous les Juifs qui y sont actuellement installés.

Il faut dire que les Arabes sont pleinement admis par Israël sur son territoire, tandis qu’aucun Juif ne serait admis sur le territoire du futur Etat que les Palestiniens réclament.

Il faut ici remarquer que la notion d’Etat n’est pas familière aux Arabes, qui restent attachés à la notion de tribu. David Pasder a le sentiment que beaucoup d’Arabes de Judée-Samarie se méfient d’un Etat Palestinien qui serait contrôlé par l’Autorité Palestinienne, et préfèreraient demeurer au sein de leurs propres structures tribales, qui correspondent mieux à leurs aspirations profondes.

Ces tribus pourraient d’ailleurs conclure avec les autorités israéliennes des accords spécifiques, comme celui qui existe actuellement à Hébron, entre les Juifs locaux et l’importante tribu ‘Al G’abari, concernant tout particulièrement les services médicaux.

D’ailleurs, la Thora demande aux Israélites de traiter l’étranger qui demeure au milieu d’eux avec bienveillance, et de « l’aimer comme eux-mêmes », car eux aussi ont été étrangers au pays d’Egypte.

Toutefois, si un tel Etat Palestinien devait un jour être créé, cela consisterait à exciser du coeur même de l’Israël historique toute présence Juive, et à nier complètement les droits historiques et bibliques du peuple Juif sur ces territoires. Une telle aberration ne saurait être envisagée par aucun Juif conscient de son histoire et attaché à la Parole du Dieu d’Israël.

Tant que les Palestiniens n’auront pas accepté le principe de reconnaître les droits historiques et religieux fondamentaux du peuple Juif sur ces territoires, il n’y aura jamais d’accord définitif possible entre Juifs et Arabes.

Les Juifs qui se sont actuellement installés en Judée-Samarie y sont manifestement « chez eux, » et ils y sont revenus pour y rester. Rien ne pourra les en faire partir, sinon une nouvelle guerre où ils seraient vaincus. Mais une telle hypothèse est bien improbable, compte tenu de l’histoire récente de toutes les guerres israélo-arabes.

Une autre éventualité serait qu’un accord finisse par être conclu entre un gouvernement d’Israël et les Palestiniens, aboutissant à la création d’un Etat Palestinien, et que la plupart des Juifs de Judée-Samarie, sauf dans quelques grandes implantations, soient contraints de partir, comme l’ont été les quelques milliers de Juifs de Gaza. Toutefois, de telles évacuations, en Judée-Samarie, se heurteraient certainement à une très vive opposition de la part des nombreux Juifs qui y résident actuellement, et ne se feraient pas sans troubles graves.

Je sais qu’un tel langage peut me faire accuser de Sionisme. Mais un Chrétien engagé ne peut pas parler de la Judée et de la Samarie sans faire référence à la Bible, ni à la volonté de Dieu qui s’y exprime clairement.

Or, que dit la Bible? Elle dit que l’Eternel a donné la terre d’Israël aux descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. Et que cette terre dépasse, et de loin, les limites actuelles de l’Etat d’Israël. Elle dit aussi qu’à la fin des temps, le Seigneur ramènera en terre d’Israël le peuple Juif dispersé, et qu’il n’en sera plus arraché.

Certes, les prophètes d’Israël, en particulier Daniel et Zacharie, ont annoncé, pour la fin des temps, des événements encore bien sombres pour Israël. Notre ami David Pasder est persuadé que ces prophéties se sont accomplies lors de la dernière guerre mondiale. Toutefois, il nous suffit de lire ce simple passage suivant, pour comprendre que le temps de « l’angoisse de Jacob » n’est pas encore achevé:

« Voici, le jour de l’Eternel arrive, et tes dépouilles seront partagées au milieu de toi. Je rassemblerai toutes les nations pour qu’elles attaquent Jérusalem; la ville sera prise, les maisons seront pillées, et les femmes violées; la moitié de la ville ira en captivité, mais le reste du peuple ne sera pas exterminé de la ville. L’Eternel paraîtra, et il combattra ces nations, comme il combat au jour de la bataille. Ses pieds se poseront en ce jour sur la montagne des oliviers, qui est vis-à-vis de Jérusalem, du côté de l’orient; la montagne des oliviers se fendra par le milieu, à l’orient et à l’occident, et il se formera une très grande vallée: une moitié de la montagne reculera vers le septentrion, et une moitié vers le midi. Vous fuirez alors dans la vallée de mes montagnes, car la vallée des montagnes s’étendra jusqu’à Atzel; vous fuirez comme vous avez fui devant le tremblement de terre, au temps d’Ozias, roi de Juda. Et l’Eternel, mon Dieu, viendra, et tous ses saints avec lui. En ce jour-là, il n’y aura point de lumière; il y aura du froid et de la glace. Ce sera un jour unique, connu de l’Eternel, et qui ne sera ni jour ni nuit; mais vers le soir la lumière paraîtra » (Zacharie 14: 1-7).

Manifestement, cette prophétie n’est pas encore accomplie, puisque le Mont des Oliviers est toujours en place!

Nous, Chrétiens, croyons que « l’Eternel » qui paraîtra, et qui posera Ses pieds sur le Mont des Oliviers, sera le même que Celui qui est parti pour remonter au Ciel, il y a près de 2.000 ans, quarante jours après Sa résurrection, devant une multitude de disciples, et qui n’est autre que le Seigneur Jésus, le Fils du Dieu Vivant:

« Après avoir dit cela, il (Jésus) fut élevé pendant qu’ils le regardaient, et une nuée le déroba à leurs yeux. Et comme ils avaient les regards fixés vers le ciel pendant qu’il s’en allait, voici, deux hommes vêtus de blanc leur apparurent, et dirent: Hommes Galiléens, pourquoi vous arrêtez-vous à regarder au ciel? Ce Jésus, qui a été enlevé au ciel du milieu de vous, viendra de la même manière que vous l’avez vu allant au ciel. Alors ils retournèrent à Jérusalem, de la montagne appelée des oliviers, qui est près de Jérusalem, à la distance d’un chemin de sabbat » (Actes 1: 9-12).

Jésus reviendra donc poser Ses pieds sur le Mont des Oliviers, au moment où la détresse sera grande pour Israël et pour Jérusalem. Mais Dieu ne permettra pas que Son peuple soit détruit par toutes les nations qu’Il aura Lui-même envoyées pour attaquer Jérusalem. Jésus reviendra en gloire, mettra fin à la bataille d’Armaguédon, rétablira le trône de David, et commencera Son règne millénaire sur la terre entière.

Alors s’accompliront toutes les prophéties messianiques qui ne s’étaient pas encore accomplies lors de la première venue du Seigneur. Alors Sion redeviendra effectivement la lumière du monde.

Le premier jour, David Pasder nous fit visiter les sites bibliques célèbres de Béthel (en Hébreu « Maison de Dieu ») et de Silo (en Hébreu « Lieu de repos »).

C’est à Béthel que Jacob, fuyant Esaü son frère, avait passé la nuit en ayant fait d’une pierre son oreiller. C’est là qu’il avait eu son fameux songe, voyant une échelle reliant la terre et le ciel, et des anges montant et descendant sur cette échelle. C’est aussi à Béthel que fut enterrée sous un chêne Débora, la nourrice de Rebecca. C’est encore à Béthel que Jéroboam, premier Roi du royaume du nord, éleva un veau et établit des prêtres, pour tenter de freiner l’exode des Juifs pieux vers le royaume de Juda. C’est enfin à Béthel que le fidèle Roi Josias vint renverser l’autel impie, accomplissant ainsi l’ancienne prophétie d’un homme de Dieu.

David nous fit monter au sommet d’un château d’eau, d’où nous pouvions étendre nos regards sur tout le pays de Benjamin, et même bien au-delà. Bible en main, il nommait avec enthousiasme tous les lieux que l’Eternel avait attribués à Israël, et dont la plupart avaient été identifiés par les archéologues.

D’ailleurs, beaucoup de villages Arabes avaient conservé des noms qui rappelaient toujours les noms hébreux donnés à ces localités dans la Bible.

David nous conduisit ensuite au lieu présumé du rocher de Jacob. L’endroit est truffé de très anciennes tombes souterraines, prouvant qu’il était depuis longtemps considéré comme sacré.

Près du rocher de Jacob se dresse un très vieux chêne vert, qui n’est sans doute pas le chêne sous lequel fut enterrée Débora, mais qui pourrait bien être l’un de ses descendants.

Plus au nord, le site de Silo est encore très impressionnant. D’importantes fouilles archéologiques y sont menées. On y a découvert les restes d’une ville assez étendue. C’est à Silo que le Tabernacle avait été dressé par Josué, et qu’il y était resté pendant des centaines d’années, avant la construction du Temple de Salomon.

Le site de Silo a été identifié par une mosaïque découverte sur le sol d’une ancienne église byzantine édifiée sur ces lieux, où figure l’inscription suivante: « Seigneur Jésus-Christ, aie pitié des habitants de Silo. »

Surplombant la « route des Patriarches », qui traverse du nord au sud la Judée et la Samarie, l’antique site de Silo conserve toute sa grandeur. L’endroit présumé où était le Tabernacle est un rectangle aplani dans la roche, et qui correspond aux dimensions du tabernacle.

Tout autour de cet emplacement présumé, à perte de vue, sur les collines en gradins qui l’entourent comme un amphithéâtre, des milliards de tessons de poteries jonchent le sol. David nous explique que, lorsque le peuple venait trois fois par an pour les Fêtes de l’Eternel, il consommait la chair des sacrifices dans une vaisselle qui devait ensuite être brisée, afin de ne plus être employée pour des usages profanes. En outre, le peuple ne pouvait manger les sacrifices que dans des endroits d’où le Tabernacle était visible.

Après avoir visité ces deux sites si importants pour la mémoire du peuple Juif, je ne peux m’empêcher de penser à ces versets:

« Allez donc au lieu qui m’était consacré à Silo, où j’avais fait autrefois résider mon nom. Et voyez comment je l’ai traité, à cause de la méchanceté de mon peuple d’Israël » (Jérémie 7: 12).

« Ne cherchez pas Béthel, n’allez pas à Guilgal, ne passez pas à Beer-Schéba. Car Guilgal sera captif, et Béthel anéanti. Cherchez l’Eternel, et vous vivrez! Craignez qu’il ne saisisse comme un feu la maison de Joseph, et que ce feu ne la dévore, sans personne à Béthel pour l’éteindre » (Amos 5: 5-6).

Silo et Béthel, lieux où Dieu avait fait résider Son Nom, et où Il avait parlé à Israël, avaient été détruits à cause de l’idolâtrie et de la méchanceté de Son peuple. Toujours à cause de cette méchanceté et de cette idolâtrie, Dieu avait aussi fini par détruire, par deux fois, la Maison qui avait été bâtie à Son Nom à Jérusalem, et par disperser Son peuple au milieu de toutes les nations.

Mais voici que nous assistons aujourd’hui au retour de ce peuple dispersé dans le pays que lui a donné l’Eternel! Nous savons que ce retour, après près de deux mille ans d’exil, ne peut être que l’oeuvre de l’Eternel.

Toutefois, nous croyons qu’une paix réelle et définitive ne sera pas établie dans ce pays tant que le Messie, le Prince de la Paix, n’y règnera pas. Mais, hélas, le Messie auquel nous croyons, Jésus de Nazareth, n’est pas le même que celui que les Juifs pieux attendent aujourd’hui!

Pour reprendre le récit de notre visite des lieux historiques de la Judée-Samarie avec notre ami David Pasder, ce qui lui tient le plus à coeur, c’est de nous faire comprendre que nous assistons au grand retour final d’Israël vers son pays, que ce retour est conduit par Dieu, et qu’il est inéluctable, selon Sa Parole.

Il est soucieux de nous montrer « sur le terrain » ce qui se passe en Judée et en Samarie, et comment vivent ces Juifs revenus « à la maison. »

Il insiste à plusieurs reprises sur le fait que l’Etat d’Israël a toujours été presque « maladivement » soucieux de respecter les droits des Arabes qui pouvaient exhiber des titres de propriété, et que tous ceux qui ont pu le faire ont toujours été dédommagés.

David nous fait ensuite visiter Ofra, la petite ville où il s’est établi. Il ne s’agit pas de l’Ofra, patrie de Gédéon, mais de l’Ofra de Benjamin, près de la route des patriarches, au nord-est de Béthel, en direction de Silo. Six cent familles y résident et y vivent en paix.

Ce sont souvent des familles nombreuses, les Juifs religieux étant attachés à l’ordre que le Seigneur, dans la Genèse, leur a donné de « croître et multiplier. » La population Juive en Judée-Samarie s’accroît d’ailleurs, pour diverses raisons, dont une fécondité plus grande, près de trois fois plus vite que dans le reste d’Israël.

Un magnifique collège de filles s’étend sur un campus de type américain. David veut nous faire tout visiter, la poste, le centre médical, la supérette bien achalandée, et, surtout, la très belle synagogue, en partie décorée par son épouse. Partout s’alignent des maisons belles et modernes, mais sans ostentation. On sent réellement que tous les résidents se considèrent comme revenus « à la maison, » et qu’ils sont heureux de faire partie de ceux qui ont répondu à un appel divin.

David nous conduit aussi chez lui pour nous présenter à son épouse, et boire une boisson chaude. La maison est simple et confortable, l’accueil chaleureux, et nous y passons un moment fort agréable.

David sait bien qui nous sommes, et ce que nous croyons. Mais il sait aussi que nous aimons Israël et les Juifs, et que nous le leur montrons. En fait, nous aimons tous les hommes, à présent que le Seigneur a changé notre coeur! Mais nous savons aussi reconnaître que la Parole de Dieu a été confiée aux Juifs, et que le salut vient des Juifs. Nous avons donc une dette envers les Juifs, et nous leur sommes reconnaissants de nous avoir transmis la Parole de Dieu.

En rentrant à notre hôtel, le soir venu, David nous rappelle la coutume israélienne de prendre des auto-stoppeurs, afin d’accomplir une « bonne action. » Il nous conduit donc à l’arrêt de bus, et nous embarquons deux jeunes que nous pouvons conduire sur la route de Tel-Aviv. A l’entrée de Jérusalem, au check point, ils nous ont sans doute permis de passer immédiatement, sans être inspectés.

Le second jour, nous reprenons contact avec David Pasder, qui nous conduit à Hébron, ville sainte du Judaïsme, là où s’était établi Abraham, là où sont aussi enterrés les patriarches et leurs épouses, et là où David a régné pendant sept ans, avant de régner sur tout Israël à Jérusalem.

La ville d’Hébron est aujourd’hui une ville arabe. Mais, depuis 1967, un petit groupe de Juifs religieux est revenu s’y installer, sous la protection nécessaire de l’armée. Les Juifs ont en outre construit à proximité la ville nouvelle de Kyriat Arba.

David nous fait visiter les tombeaux des Patriarches. Les Musulmans y sont aussi admis, mais à des heures règlementées, afin d’éviter tout trouble éventuel.

En arrivant devant l’imposant édifice, David nous montre l’endroit où, pendant des siècles, les Juifs n’étaient admis qu’à l’angle du mur principal, où un petit trou dans la muraille leur permettait de deviner l’endroit où étaient enterrés leurs ancêtres.

Quelques marches en bois leur permettaient d’accéder à ce trou. Ce n’est qu’en 1967, lorsque l’armée d’Israël a repris le contrôle de ces lieux, que cet « escalier de la honte » a pu être démoli, et qu’un plein accès à ce bâtiment sacré pour tous les Juifs leur a de nouveau été permis.

De grands sarcophages matérialisent les emplacements sous lesquels reposent les patriarches et les « matriarches, » dans des grottes souterraines que l’on ne visite pas.

Une grande ferveur règne en ces lieux, remplis d’hommes et de femmes qui prient, psalmodient ou lisent des textes sacrés. Au milieu d’une conversation retentit brusquement la voix puissante du muezzin, qui nous rappelle que les Musulmans considèrent aussi ce lieu comme sacré.

Les Juifs ont réaménagé à Hébron deux ou trois petits quartiers, entièrement fermés et gardés militairement, où ils résident en permanence, séparés des Arabes. David nous fait visiter l’un de ces quartiers, aux beaux immeubles recouverts de « pierres de Jérusalem. » Un jardin d’enfants retentit des cris des bambins.

La vie y serait normale, si nous ne savions pas que cette paix précaire n’est maintenue que par la présence de l’armée d’Israël. Le souvenir du massacre atroce de la petite communauté Juive de Hébron, en 1929, y est encore bien présent.

On accuse souvent les Juifs de maintenir les Palestiniens dans des ghettos. Mais à Hébron, nous avons eu le sentiment que ce sont plutôt les Juifs qui sont maintenus dans des ghettos, par crainte des réactions de la population Arabe voisine. Ils savent que le moment n’est pas encore venu pour Juifs et Arabes de coexister partout pacifiquement.

David nous invite ensuite à déjeuner au restaurant de Gavna, situé sur une hauteur d’où nous avons une vue magnifique sur toute la région environnante.

Après le déjeuner, David nous fait visiter le Kibboutz Kfar Etzion, entre Hébron et Jérusalem. Ce kibboutz célèbre faisait partie des premières implantations Juives en Judée, et il avait été détruit deux fois, d’abord dans les années trente, et en 1948, lors de la première guerre israélo-arabe.

Les défenseurs encerclés par la Légion Arabe Jordanienne avaient pu faire évacuer leurs familles, mais les hommes, qui étaient restés pour défendre le kibboutz, et dont plusieurs étaient des rescapés de la Shoah, avaient été submergés par le nombre et l’équipement supérieur de leurs adversaires, qui les avaient tous massacrés, y compris les prisonniers et les blessés sans défense.

La résistance héroïque du kibboutz avait permis à Jérusalem de ne pas être attaquée par les armées arabes venant du sud, et la chute du kibboutz est intervenue le jour même de la déclaration de la création de l’Etat d’Israël par David Ben Gourion.

Le kibboutz avait été reconquis et reconstruit en 1967. Actuellement, il prospère et bouillonne de vie.

On nous fait assister à la projection d’un film d’archives, qui retrace l’histoire émouvante du kibboutz, et de la mort tragique de plus de deux cents de ses défenseurs.

La journée se termine par une visite de la ville nouvelle d’Efrat. David, là encore, est heureux et fier de nous montrer de quelle manière tous ces exilés d’Israël sont revenus s’implanter dans la terre de leurs ancêtres. Je pense à ce passage du prophète Esaïe:

« Mais toi, Israël, mon serviteur, Jacob, que j’ai choisi, race d’Abraham que j’ai aimé! Toi, que j’ai pris aux extrémités de la terre, et que j’ai appelé d’une contrée lointaine, à qui j’ai dit: tu es mon serviteur, je te choisis, et ne te rejette point! Ne crains rien, car je suis avec toi; ne promène pas des regards inquiets, car je suis ton Dieu; je te fortifie, je viens à ton secours, je te soutiens de ma droite triomphante. Voici, ils seront confondus, ils seront couverts de honte, tous ceux qui sont irrités contre toi; ils seront réduits à rien, ils périront, ceux qui disputent contre toi. Tu les chercheras, et ne les trouveras plus, ceux qui te suscitaient querelle; ils seront réduits à rien, réduits au néant, ceux qui te faisaient la guerre. Car je suis l’Eternel, ton Dieu, qui fortifie ta droite, qui te dis: ne crains rien, je viens à ton secours. Ne crains rien, vermisseau de Jacob, faible reste d’Israël; je viens à ton secours, dit l’Eternel, et le Saint d’Israël est ton sauveur. Voici, je fais de toi un traîneau aigu, tout neuf, garni de pointes; tu écraseras, tu broieras les montagnes, et tu rendras les collines semblables à de la balle. Tu les vanneras, et le vent les emportera, et un tourbillon les dispersera. Mais toi, tu te réjouiras en l’Eternel, tu mettras ta gloire dans le Saint d’Israël. Les malheureux et les indigents cherchent de l’eau, et il n’y en a point; leur langue est desséchée par la soif. Moi, l’Eternel, je les exaucerai; moi, le Dieu d’Israël, je ne les abandonnerai pas. Je ferai jaillir des fleuves sur les collines, et des sources au milieu des vallées; je changerai le désert en étang, et la terre aride en courants d’eau; je mettrai dans le désert le cèdre, l’acacia, le myrte et l’olivier; je mettrai dans les lieux stériles le cyprès, l’orme et le buis, tous ensemble; afin qu’ils voient, qu’ils sachent, qu’ils observent et considèrent que la main de l’Eternel a fait ces choses, que le Saint d’Israël en est l’auteur » (Esaïe 41: 8-20).

Nous finissons la journée à la cafétéria d’un centre commercial à Jérusalem, où nous faisons connaissance d’un beau-frère de David, lieutenant-colonel de Tsahal à la retraite, très connu en Israël, avec lequel j’engage une conversation très animée. Nous commençons par parler politique, puis la conversation s’engage rapidement sur des sujets religieux.

Je peux lui expliquer en Qui et en quoi je crois, ce qui suscite l’intérêt et les questions de mon interlocuteur. Nous devons, hélas, mettre trop rapidement un terme à cette conversation. Quand des hommes de bonne volonté se rencontrent, les échanges sont vite passionnants!

Au final, ces deux journées passées en compagnie de notre ami David ont été très enrichissantes. Nous avons établi des liens de sincère amitié, et nous ne l’oublierons certainement pas dans nos prières, lui et toute sa famille!

Nous avons eu aussi l’occasion d’avoir des conversations assez approfondies avec un Juif religieux rencontré au cours de notre séjour. Pour préserver son anonymat, nous l’appellerons Josué. Pour nous, et pour moi en particulier, ce fut une joie profonde de pouvoir échanger librement avec un Juif religieux, d’écouter ses convictions, et de lui faire part des miennes.

Nous avons parlé de beaucoup de choses avec Josué, ce qui m’a permis de mieux comprendre la mentalité et les croyances d’un Juif religieux. J’ai demandé à Josué s’il connaissait la doctrine chrétienne. Il admit qu’il l’ignorait, mais il a accepté que je la lui expose. Cela m’a permis d’écouter et de comprendre ses réactions.

Pour Josué, il est impossible que le Dieu d’Israël puisse S’incarner comme un homme. Il sait que l’Ange de l’Eternel a pu Se manifester dans le passé sous une forme humaine. Mais il rejette l’idée d’une incarnation de Dieu dans la chair.

Pourtant, une telle incarnation avait bien été annoncée par les prophètes:

« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la domination reposera sur son épaule; on l’appellera Admirable, Conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. Donner à l’empire de l’accroissement, et une paix sans fin au trône de David et à son royaume, l’affermir et le soutenir par le droit et par la justice, dès maintenant et à toujours: voilà ce que fera le zèle de l’Eternel des armées » (Esaïe 9: 6-7).

Cette prophétie parle bien d’un Fils né dans la chair, qui est appelé « Dieu puissant, Père éternel, Prince de la Paix. »

J’ai expliqué à Josué que, pour nous Chrétiens, Jésus n’est pas simplement un homme comme nous. Mais Il est le Fils de Dieu, Dieu incarné dans la chair pour nous sauver, en expiant nos péchés à la croix.

Josué ne pouvait admettre non plus qu’un homme puisse être sacrifié pour expier le péché des autres. C’est une idée qui lui est complètement étrangère. Pour lui, chaque homme est responsable de ses propres péchés, mais Dieu peut faire grâce à un pécheur qui se repent.

Pourtant, la Thora déclare bien que le sang a été donné pour faire l’expiation des péchés. Le sang des sacrifices ne faisait qu’annoncer et préfigurer le sang du sacrifice suprême qui devait être offert par le Messie, comme l’annonce clairement Esaïe 53: 4-5:

« Cependant, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; et nous l’avons considéré comme puni, frappé de Dieu, et humilié.Mais il était blessé pour nos péchés, brisé pour nos iniquités; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. »

Josué a du mal d’accepter ce texte d’une manière littérale. Il insiste sur le fait que, pour comprendre exactement la Bible, il faut d’abord bien connaître l’Hébreu, mais aussi être guidé par un sage, pour recevoir la véritable interprétation du texte.

Si Dieu accepte la repentance du pécheur, cela ne peut être que grâce au sacrifice qui a été accompli par Jésus-Christ, afin que la justice de Dieu soit pleinement satisfaite.

Josué m’explique aussi quelle est, pour les Juifs religieux, leur conception du Messie d’Israël. Ce Messie, me dit-il, sera un homme ordinaire, qui aurait pu apparaître à n’importe quelle génération, si les conditions avaient été réunies. Ce sera donc un homme énergique et puissant, un meneur d’hommes charismatique parfaitement versé dans la Thora, qui ramènera le peuple d’Israël tout entier à l’obéissance de la Parole de Dieu, et grâce auquel Sion redeviendra la lumière de toutes les nations.

Sur ces trois points qui sont au coeur du Christianisme, c’est-à-dire l’incarnation du Fils de Dieu, l’expiation de nos péchés par Son sacrifice sur la croix, et la venue du Messie souffrant, précédant le retour sur la terre du Messie glorieux, nous ne pouvons que constater le gouffre qui nous sépare.

Le vrai miracle, pour nous, c’est qu’un Juif religieux comme Josué, et des Chrétiens engagés comme nous, aient pu librement parler de sujets profonds dans des sentiments de sincère amitié, et dans un respect mutuel total. Lui comme nous, nous n’avons pas caché notre foi, ni ce que nous croyons. Mais, comme je l’ai dit à Josué, je sais que le Dieu de Vérité ne manquera pas de révéler la Vérité à ceux qui l’aiment et qui la recherchent!

Un autre point que nous avons constaté, au cours de nos discussions, c’est la très grande admiration que les Juifs religieux vouent à leurs « sages. » Pour Josué, la compréhension complète de la Parole de Dieu ne peut que passer par l’intermédiaire des lumières divines reçues par ces sages.

Nous croyons en revanche que nous pouvons avoir avec Dieu une relation directe, sans autre intermédiaire que Jésus-Christ, et que l’Esprit de Dieu qui demeure en nous est Celui qui est chargé de nous conduire dans toute la Vérité.

Josué nous a montré certains livres épais de commentaires rabbiniques: sous un seul verset de la Bible, s’alignent souvent des pages de commentaires faits par divers sages. Et ces commentaires ont apparemment autant d’autorité que la Bible elle-même.

Nous constatons, là encore, une différence fondamentale avec nous, Chrétiens: nous croyons que notre foi en Jésus-Christ nous a non seulement acquis le plein pardon de nos péchés, mais nous a aussi permis de passer par une nouvelle naissance spirituelle.

En acceptant Jésus-Christ comme notre Sauveur et Seigneur, Il nous a non seulement pardonné tous nos péchés, mais Il nous a littéralement re-créés à Son image. Notre esprit est renouvelé et uni à l’Esprit de Dieu. Nous sommes devenus, en Christ, justice même de Dieu, par la grâce du Seigneur.

Par cette nouvelle naissance, il faut insister sur ce point, nous devenons des hommes et des femmes littéralement recréés à l’image du Seigneur Lui-même, et Dieu peut alors nous remplir de Son Esprit.

Nous devenons alors le tabernacle vivant de Dieu, comme l’avaient annoncé les prophètes:

« Voici, les jours viennent, dit l’Eternel, où je ferai avec la maison d’Israël et la maison de Juda une alliance nouvelle, non comme l’alliance que je traitai avec leurs pères, le jour où je les saisis par la main pour les faire sortir du pays d’Egypte, alliance qu’ils ont violée, quoique je fusse leur maître, dit l’Eternel. Mais voici l’alliance que je ferai avec la maison d’Israël, après ces jours-là, dit l’Eternel: je mettrai ma loi au dedans d’eux, je l’écrirai dans leur coeur; et je serai leur Dieu, et ils seront mon peuple. Celui-ci n’enseignera plus son prochain, ni celui-là son frère, en disant: connaissez l’Eternel! Car tous me connaîtront, depuis le plus petit jusqu’au plus grand, dit l’Eternel; car je pardonnerai leur iniquité, et je ne me souviendrai plus de leur péché » (Jérémie 31: 31-34).

« Je répandrai sur vous une eau pure, et vous serez purifiés; je vous purifierai de toutes vos souillures et de toutes vos idoles. Je vous donnerai un coeur nouveau, et je mettrai en vous un esprit nouveau; j’ôterai de votre corps le coeur de pierre, et je vous donnerai un coeur de chair. Je mettrai mon esprit en vous, et je ferai en sorte que vous suiviez mes ordonnances, et que vous observiez et pratiquiez mes lois » (Ezéchiel 36: 25-27).

Nous croyons donc que cette « nouvelle alliance » est celle qui a été conclue par le sang de Jésus, ce qui Lui a permis de nous donner ce coeur nouveau, dans lequel vient demeurer l’Esprit même de Dieu, pour nous guider dans toute Sa volonté.

Il nous est donc possible d’avoir avec le Seigneur notre Dieu une relation directe, personnelle, et vivante, que les Juifs pieux ne peuvent même pas imaginer, me semble-t-il. Pour eux, la présence vivante de Dieu ne pourra réellement se manifester que dans le Lieu Très Saint du Temple de Jérusalem reconstruit. Tandis que, pour nous, dans cette nouvelle alliance, Dieu ne Se manifeste plus dans un Temple fait de mains d’hommes. Mais Il vient résider dans le temple vivant de notre esprit régénéré.

Je veux offrir à Josué le petit Nouveau Testament que j’avais toujours avec moi. Il me répond qu’il n’est pas autorisé à en prendre connaissance. Je lui fais alors remarquer qu’un Juif religieux ouvert devrait avoir la liberté de s’intéresser aux textes fondateurs d’un mouvement qui s’enracine en Israël, et qui a conservé tout le Tanach (la Bible Juive, que nous appelons « Ancien Testament ») dans ses textes inspirés.

Je comprends que les Juifs, ayant été violemment persécutés, au cours des siècles, par des hommes qui se prétendaient Chrétiens, aient fini par vouloir se fermer à toute influence chrétienne, ou, du moins, à s’en méfier profondément. Mais la recherche de la Vérité devrait être la plus forte.

Il me semble donc que tout Juif versé dans les Ecritures devrait chercher à comprendre quel est le coeur de la doctrine chrétienne, et qui est Celui qui a été reconnu comme le Messie d’Israël et le Sauveur du monde par tant de Chrétiens dans le monde.

Pour notre ami Josué, Jésus n’est qu’un Juif qui a créé une secte déviante, un Messie qui n’est pas le véritable Messie d’Israël, comme il y en a tellement eu au cours de l’Histoire. Il est étonné que je lui dise que je connais plus de quarante prophéties du Tanach qui se sont accomplies littéralement dans la personne et l’oeuvre de Jésus-Christ.

Il doute que l’interprétation chrétienne de ces prophéties soit la bonne, et s’en remet encore à l’interprétation des sages.

Finalement, Josué accepte le Nouveau Testament que je lui offre, mais me dit qu’il devra demander à son rabbin s’il peut, pour certaines raisons personnelles, lire certains textes du Nouveau Testament.

Plus tard, il m’informera que son rabbin lui avait accordé cette permission, et j’ai pu lui conseiller quelques lectures fondamentales.

Josué sait déjà que l’on ne peut pas mettre tous les Chrétiens dans le même sac, et qu’il existe des Chrétiens dits « évangéliques » qui n’ont pas, envers Israël et les Juifs, la même attitude que les Chrétiens qui appartiennent aux anciennes dénominations historiques.

On peut même affirmer que les seuls vrais amis d’Israël, aujourd’hui dans le monde, sont les Chrétiens évangéliques.

Il existe trois religions qui se réclament d’Abraham: le Judaïsme, le Christianisme et l’Islam. Toutefois, nous croyons que le Christianisme n’est pas une religion nouvelle, mais que c’est une Vie nouvelle, vécue en communion avec Jésus-Christ, le Fils de Dieu.

Je dis ainsi à Josué que j’ai été moi-même conduit à lire le Coran, non pas pour y trouver la Vérité, puisque je l’avais déjà trouvée en Jésus-Christ, mais pour savoir sur quoi pouvait s’appuyer la foi des Musulmans, qui se réclament du même Abraham que celui que nous considérons comme le « père de la foi. »

C’est ainsi que j’ai pu découvrir, par exemple, qu’Allah, dans le Coran, déclare à plusieurs reprises qu’il a bien accordé la terre d’Israël aux Juifs, ce que les Musulmans se gardent bien de rappeler! Il y est aussi écrit que les textes fondamentaux du Judaïsme et du Christianisme ont été falsifiés, et que Mahomet est venu pour rétablir la vérité.

Or, un tel argument ne peut être soutenu. Car, si les textes originaux du Judaïsme et du Christianisme avaient été falsifiés, on aurait toutefois dû pouvoir conserver au moins la trace de quelques écrits originaux authentiques.

Or, tous les manuscrits juifs et chrétiens recensés depuis des siècles, et admis dans le Canon officiel, disent tous la même chose, à quelques exceptions mineures près.

En outre, nous savons que Dieu veille Lui-même sur Sa Parole. Quand on voit avec quel soin minutieux les Juifs, à qui Dieu a révélé Sa Parole, ont veillé à conserver scrupuleusement cette Parole dans toute sa pureté, au iota près, cela ne peut être dû qu’à un miracle divin.

La Bible et le Coran ne peuvent donc pas être tous deux la Parole de Dieu, compte tenu des contradictions fondamentales qui existent entre ces deux textes. Pour ne prendre qu’un seul exemple, Jésus, dans le Coran, n’est pas mort sur la croix. Il a été remplacé au dernier moment par quelqu’un d’autre.

Or, si Jésus n’était pas mort sur la croix, Il n’aurait jamais pu expier nos péchés par Sa mort, et Il n’aurait jamais été Le Ressuscité, Le grand Vainqueur de la mort! Si Jésus n’était pas mort et ressuscité, nous ne serions pas sauvés, et nous devrions tous mourir dans nos péchés!

Soit la Bible est la Vérité, soit c’est le Coran qui l’est, mais ces deux livres ne peuvent être en même temps la Vérité! Je suis encore une fois convaincu que tous ceux qui veulent connaître la Vérité seront conduits dans toute la Vérité par le Dieu de Vérité!

Les Juifs religieux, quant à eux, en s’interdisant de lire les textes fondamentaux chrétiens, évitent ainsi de se remettre en question. Pourtant, s’il est vrai que Jésus-Christ est le Messie d’Israël, comme les Chrétiens le croient, le fait d’ignorer ou de refuser cette vérité entraîne nécessairement des conséquences d’une extrême gravité.

La meilleure attitude serait donc, pour les Juifs religieux, de lire les Ecritures chrétiennes, dans un esprit de recherche de la Vérité, et d’interroger sincèrement le Dieu d’Israël, pour savoir si Jésus-Christ est réellement leur Messie. On peut, encore une fois, être certain que Dieu, qui est la Vérité, révélera toujours la Vérité à ceux qui la recherchent sincèrement.

Notre dernière journée en Israël a été consacrée à une visite à Jéricho. Cette ville a été confiée par Israël au contrôle de l’Autorité Palestinienne. Elle est peuplée d’Arabes, pour la plupart Musulmans, avec une petite minorité d’Arabes Catholiques, Orthodoxes ou Coptes.

Il y a longtemps que nous voulions visiter cette vaste et magnifique palmeraie, dont les murailles s’étaient écroulées devant Josué, et dont les eaux avaient été assainies par Elisée le prophète. C’est aussi à Jéricho que Jésus avait logé chez Zachée le publicain, et avait guéri l’aveugle Bar-Timée.

Il y a toujours, à l’entrée de Jéricho, un majestueux sycomore, qui aurait, selon les experts, plus de 600 ans. Il ne peut donc s’agir du sycomore où était monté Zachée pour apercevoir Jésus. A moins que le Seigneur, qui a par ailleurs maudit un figuier, ait béni ce sycomore, afin de le conserver en vie jusqu’à ce jour!

A l’entrée de Jéricho, nous sommes contrôlés par un groupe de soldats Palestiniens. Constatant que nous sommes Français, ils nous laissent passer en souriant, et en nous disant: « Bienvenue en Palestine! »

Je suis ému par ce désir d’indépendance du peuple Palestinien. Ils attendent un Etat indépendant, mais ils ne savent pas que c’est la volonté du Dieu d’Israël qui s’accomplira finalement.

Je sais toutefois qu’il y a aussi un plan de bénédiction divine pour les enfants d’Ismaël. Voici ce que le Seigneur a dit à Abraham, concernant Ismaël:

« A l’égard d’Ismaël, je t’ai exaucé. Voici, je le bénirai, je le rendrai fécond, et je le multiplierai à l’infini; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation » (Genèse 17: 20).

Voici ce que déclare également le prophète Esaïe:

« En ce même temps, il y aura une route d’Egypte en Assyrie: Les Assyriens iront en Egypte, et les Egyptiens en Assyrie, et les Egyptiens avec les Assyriens serviront l’Eternel. En ce même temps, Israël sera, lui troisième, uni à l’Egypte et à l’Assyrie, et ces pays seront l’objet d’une bénédiction. L’Eternel des armées les bénira, en disant: bénis soient l’Egypte, mon peuple, et l’Assyrie, oeuvre de mes mains, et Israël, mon héritage! » (Esaïe 19: 23-25).

Il viendra donc un temps où les ennemis d’aujourd’hui seront réconciliés! L’empire Assyrien s’étendait de l’Irak actuel à la Syrie, au Liban, à la Jordanie, au nord de l’Arabie, ainsi qu’à une partie de la Turquie et de l’Egypte, tous ces pays étant aujourd’hui peuplés de Musulmans.

Un jour, tous ces peuples serviront l’Eternel, et seront unis à Israël! Quelle perspective magnifique et encourageante, quand on voit les conflits actuels! Cette prophétie ne s’accomplira sans doute que lors du règne du Seigneur Jésus sur la terre du Millenium.

Dieu bénira donc les enfants d’Ismaël, mais Il ne permettra pas qu’ils s’emparent du pays qu’Il a donné aux enfants d’Israël.

Nous devions rencontrer à Jéricho une chère Soeur en Christ, que nous avions bien connue en France, et qui avait ressenti un appel pour aller travailler au sein de l’organisation Seeds of Hope (Semences d’Espoir). Cette organisation a pour objectif de promouvoir l’éducation, le développement économique, l’aide humanitaire, et les échanges culturels, au sein des populations Arabes, dans les territoires contrôlés par l’Autorité Palestinienne, et particulièrement à Jéricho. L’essentiel du financement est actuellement assurée par des Chrétiens américains.

Le fondateur de Seeds of Hope est Tass Saada, dont le témoignage autobiographique s’intitule « J’ai combattu avec le Fatah. » Il y raconte de quelle manière le féroce combattant Palestinien qu’il était, ancien chauffeur et compagnon de Yasser Arafat, s’est converti à Christ, après avoir bien souvent échappé à la mort.

Tass et son équipe gèrent en particulier une école maternelle très appréciée par la population locale. Cette école accueille une centaine d’enfants, dont s’occupent une dizaine de jeunes femmes Musulmanes ou Chrétiennes.

Une autre équipe s’occupe d’une garderie qui reçoit une quinzaine de tout petits.

Tass et son épouse Karen, qui sont très souvent en voyage, étaient justement présents, et nous avons pu passer quelques heures très agréables avec eux et leur équipe.

Leur travail au milieu d’une population en grande partie Musulmane n’est pas toujours facile. Mais ils peuvent établir avec les Musulmans des rapports amicaux, et susciter de leur part des interrogations et des questions. Les autorités locales savent que cette oeuvre est financée et gérée par des Chrétiens, mais elles acceptent leur présence et leur action, en raison des bienfaits qu’en retire la population locale.

Nous sommes particulièrement heureux, au cours de ce bref séjour, d’avoir pu rencontrer, comme nous le souhaitions, des Chrétiens Arabes, des Juifs Messianiques, et des Juifs religieux. Nous les avons écoutés et interrogés, dans le désir de mieux connaître leurs problèmes et leurs aspirations.

En regardant vivre ces Arabes et ces Juifs, nous avons la certitude que la plupart d’entre eux désirent ardemment la paix, mais que des obstacles apparemment insurmontables viennent contrarier ce désir. Une minorité d’extrémistes, des deux côtés, restent campés sur leurs positions irréconciliables. La paix semble à la fois si proche et si lointaine!

Nous savons qu’une paix véritable ne sera possible qu’après le retour sur terre du Seigneur Jésus. Mais nous savons aussi, hélas, qu’avant ce règne messianique tant attendu, de grandes tragédies doivent encore se produire dans ce Moyen-Orient si agité. Notre coeur se serre en voyant les souffrances que tant d’hommes et de femmes ont endurées, et devront encore endurer.

Prions pour que le Seigneur touche les coeurs d’une multitude de Musulmans et de Juifs, et les conduise à cette nouvelle naissance en Christ, qui seule pourra faire d’eux des frères enfin réconciliés.

Je repense au Juif Arthur Katz, qui avait reconnu en Jésus son Messie, et que nous avions reçu chez nous en Cévennes, accompagné d’un Palestinien également converti à Christ. Quelle joie cela avait été pour nous de voir l’amour fraternel sincère que ces deux hommes se portaient! Partout où Jésus règne en Vérité, Son Amour règne aussi!

Ce n’est qu’en Christ que toutes les barrières de séparation tombent. En nous réconciliant avec Dieu, le Seigneur Jésus nous a aussi réconciliés les uns avec les autres, et nous pouvons alors nous aimer de l’amour véritable de Dieu.

Oui, Seigneur Jésus, que ton règne vienne, et que Ta volonté soit faite sur la terre comme elle est faite au Ciel!

68 Responses to B183-Notre dernière visite en Israël.

  1. gfeller syria dit :

    Bonsoir frère Henri, j’écris de Roche près d’Evionnaz, Suisse, endroit que vous connaissez bien. J’ai récemment perdu mon fils de 37 ans de façon tragique à Genève. Je cherche sans arrêt Jésus pour qu’Il me console et m’entoure de Son Amour et de Son Amitié. Que le Seigneur vous permette de me parler et d’échanger quelques propos. Que l’Eternel Dieu vous garde, Linda de Roche, Suisse

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Chère Soeur Linda, Je ne peux que souffrir avec toi, je sais ce que tu peux ressentir, j’ai aussi perdu une fille tragiquement. Voici ce que dit le Seigneur: « Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l’objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction! Car, de même que les souffrances de Christ abondent en nous, de même notre consolation abonde par Christ. Si nous sommes affligés, c’est pour votre consolation et pour votre salut; si nous sommes consolés, c’est pour votre consolation, qui se réalise par la patience à supporter les mêmes souffrances que nous endurons. Et notre espérance à votre égard est ferme, parce que nous savons que, si vous avez part aux souffrances, vous avez part aussi à la consolation » (2 Cor. 1: 3-7).
      Avec toute mon affection en Jésus.

  2. marie-claude dit :

    Merci, frère Henri, de m’éclairer, et mon esprit en est convaincu. Que le Seigneur Jésus continue à nous instruire à travers toi, avec une grande bénédiction pour nous tous.

  3. marie-claude dit :

    Merci frère Henri, donc il est correct de dire que notre corps n’est libéré de l’emprise de cette loi que si nous marchons dans notre vie chrétienne avec l’Esprit de Christ, qui est le Saint-Esprit? Autre chose: les désirs de notre corps = loi du péché?

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Chère Soeur Marie-Claude, Effectivement, nous ne pouvons être libérés de l’emprise de la loi de péché que si nous connaissons le message de la croix, et si nous apprenons à marcher par l’esprit, par notre esprit régénéré, qui est soumis au Saint-Esprit, donc aussi à l’Esprit du Père et à l’Esprit de Christ.
      Notre corps peut avoir des besoins qui ne viennent pas de la puissance de péché qui habite dans nos membres, comme le besoin de se nourrir, ou de se reposer. Les besoins de la puissance de péché qui habite dans notre corps sont différents, et nous poussent à pécher. Ce n’est pas un péché de manger pour répondre aux besoins de notre corps, mais c’est un péché de tomber dans la gloutonnerie, qui vient de cette puissance de péché. Ce n’est pas un péché de se reposer, mais c’est un péché de fainéanter tout le temps, etc…!

  4. marie-claude dit :

    Salut frère Henri, que le Seigneur vous bénisse, ta famille et toi. Suite à une meditation sur l’oeuvre de la croix, j’ai retiré la conclusion que le Seigneur Jésus a liberé notre esprit de la loi du péché et de la mort, mais il n’a pas libéré notre corps de chair de cette loi, et c’est la raison pour laquelle elle est encore présente, nous avons notre lot à faire, qui est de nous libérer de cette loi qui est dans notre chair, avec l’aide précieuse de l’Esprit Saint… Jésus a réalisé le plus difficile, et irréalisable par l’homme lui-même, c’est à nous de faire le reste… Gloire à DIEU!

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Chère Soeur Marie-Claude, Si, le Seigneur nous a complètement libérés de cette loi de péché et de mort. Même notre corps est libéré de l’emprise de cette loi. Simplement, nous ne sommes pas libérés de sa présence dans notre corps. Satan profite simplement de l’ignorance ou de l’incrédulité de beaucoup de Chrétiens, pour continuer à exercer une emprise qu’il n’a plus le droit d’exercer. C’est à nous de connaître et de croire en l’oeuvre complète du Seigneur Jésus, pour expulser l’ennemi d’une position qu’il n’a plus le droit d’occuper! Ce n’est pas parce que cette loi de péché est encore présente dans notre corps qu’il faut lui laisser le droit de nous contrôler! Nous sommes entièrement libérés!