B187-Nos voyages au Paraguay (2).

Article de Henri Viaud-Murat.

Suite et fin des comptes-rendus de nos voyages au Paraguay.

Notre 3° voyage au Paraguay (suite)

Mardi 18 janvier, mercredi 19 janvier et jeudi 20 janvier 2005

Nous passons ces trois journées tranquillement à l’estancia, ou à faire quelques courses et démarches nécessaires. Je fais refaire mon permis de conduire à la Mairie d’Hernandarias. Ici, les formalités pour obtenir un permis de conduire sont simples : passer à la Mairie, faire la queue à plusieurs services, payer l’équivalent de 8 euros, et indiquer son groupe sanguin ! Vous pouvez ensuite partir avec votre véhicule, même si c’est la première fois que vous le conduisez !

Nous en profitons aussi pour continuer à visiter des membres du personnel de l’estancia. Nous devons également nous préparer pour le prochain séminaire au Centre, en cette fin de semaine, ainsi que pour l’intervention à Radio Tupi. Il est important de ne pas nous lancer dans une frénésie d’activités, mais de nous garder du temps pour la prière et la lecture de la Bible. Notre communion avec le Seigneur est précieuse, et ne doit pas être négligée. Mardi soir, nous avons une réunion de prière, pour tous les besoins du Centre, de l’estancia et de son personnel. Mercredi soir, nous étudions une nouvelle fois comment être dirigé par l’Esprit, comment nous méfier des prophéties personnelles, surtout celles qui sont grandioses, et comment recevoir directement l’enseignement de l’Esprit de Dieu en nous, seul capable de nous révéler la Parole du Seigneur. Jeudi soir, c’est l’occasion de relire certains des messages du Seigneur aux églises de l’Apocalypse, notamment à l’église fidèle de Philadelphie, et à l’église tiède de Laodicée.

Vendredi 21 janvier et Samedi 22 janvier

Le Pasteur Pedro nous amène un premier groupe de participants dès vendredi 16h00. D’autres arrivent samedi matin de deux églises différentes, pour passer toute la journée avec nous. Nous nous retrouvons finalement avec un groupe de 25 personnes, dont plusieurs anciens et responsables d’églises, et un pasteur, le Pasteur Jorge. Ces deux églises devaient être assez légalistes, car le pasteur portait, malgré la chaleur, manches longues et cravate (qu’il enleva par la suite !), et toutes les femmes jupes et cheveux longs, bras complètement couverts. Il est vrai que le message de la croix, qui est aussi celui de notre libération de la Loi, ne peut qu’être fatal à tout légalisme !

Ce message de la croix était nouveau pour tous, sauf pour une sœur âgée, missionnaire Argentine, qui me dit : « J’ai déjà entendu ce message ! En 1970, des missionnaires américains sont venus, et nous ont prêché ce message que tu prêches. Mais, depuis, je ne l’avais plus entendu ! » Dans ces conditions, comment s’étonner de l’état de beaucoup d’églises ?

Le samedi après-midi, un certain nombre de membres du personnel de la ferme se joignent à nous, dont plusieurs nouveaux ! La salle de réunions est tellement pleine que nous devons prendre des chaises dans la salle à manger.

Je ne me lasse pas d’exposer ce message de vie ! Il faut dire que l’impact est ici toujours grand et profond. Tous ceux qui eurent l’occasion de s’exprimer nous ont dit que c’est un message qui change les vies, et qui fait comprendre le plan de Dieu d’une manière nouvelle et inconnue jusqu’ici ! Plusieurs nous dirent qu’ils ressentaient comme une nouvelle naissance dans leur vie spirituelle.

Nous dûmes faire deux voyages à deux voitures, Pedro et moi, pour ramener à Ciudad del Este et dans les environs tous les participants. Et encore, nous avons dû les entasser pour pouvoir tous les prendre ! Par la suite, Pedro m’avoua que plusieurs avaient désiré passer une dernière nuit au Centre, mais n’avaient pas osé le faire, car ils n’étaient pas habitués à des conditions de vie aussi luxueuses pour eux !

Pendant le deuxième voyage, le Pasteur Jorge ne cessait de me dire à quel point ce message l’avait bouleversé. Il comprenait à quel point la marche dans la chair était « une voie de perdition » ! Il me demanda comment se faisait-il que ce beau message n’était plus prêché ! La raison est simple : nous sommes à la fin des temps, et l’apostasie grandit !

Le Pasteur Jorge fut le dernier à descendre. Je restai plus d’une demi-heure chez lui avec Pedro. Derrière son église, modeste, se trouvait la maison du pasteur, simple cahute en planches mal jointes. Jorge nous présenta son épouse et sa nombreuse famille. Sa femme, encore enceinte, avait travaillé huit ans à Rome et parlait parfaitement l’Italien. Pendant une demi-heure, Pedro eut l’occasion de reparler de la manière dont le message de la croix et de la marche par l’esprit se répandait dans le Paraguay, au milieu de beaucoup de combats. En général, ce message était rejeté par les pasteurs, et bien reçu par les membres de leurs églises. Mais Pedro ne se laisse pas décourager. Je suis touché par son énergie à vouloir inonder le pays de la prédication de la croix ! Que Dieu le guide !

Ce fut émouvant de voir aussi le Pasteur Jorge passer devant tous son bras autour du cou de son épouse, et lui dire qu’à présent, les choses allaient changer dans leur foyer ! Vraiment, cela vaut la peine de répandre ces semences de vie !

Certes, cela ne se fait pas sans souffrances et sans combats, comme nous l’a annoncé le Seigneur. Nous ne pouvons pas prêcher ce message de la mort à soi, sans passer nous-mêmes par cette mort tellement indispensable pour produire la vie ! Mais c’est un prix qu’il faut accepter de payer. Que le Seigneur soit béni pour Son œuvre magnifique !

Rentré au Centre, j’y retrouve Pedro, qui avait dû y revenir lui aussi, pour rechercher son épouse Nancy et l’un de ses enfants. Jusqu’à 22h00, en mangeant un repas froid que nous avait servi Ruffina, et que nous avait préparé Jorgelina, la missionnaire Argentine, nous avons encore parlé du Seigneur et de l’impact de la prédication de la croix.

L’un des témoignages donnés par Pedro était simple, mais émouvant ! Il avait envoyé à sa mère, qui vit au Chili, un exemplaire du livre sur « La marche par l’esprit ». Quelque temps plus tard, il appela sa mère au téléphone. Après un moment, sa mère lui dit : « Pedrito, il y a quelque chose de changé en toi ! Ta voix n’est plus la même ! Que s’est-il passé ? C’est ce livre qui t’a changé ? » Et il put de nouveau donner témoignage des changements profonds qu’avait produits ce message dans sa vie !

Pedro nous dit qu’il a eu aussi l’occasion d’envoyer un exemplaire du livre sur « La marche par l’esprit » au Président de l’une des plus grandes associations d’églises du Chili, comprenant plus de 1.600 églises évangéliques. Cet homme fut très intéressé. Pedro eut l’occasion de parler plusieurs heures avec lui par radio amateur, et le Président fut gagné au message de la vie crucifiée et de la marche par l’esprit. Il veut à présent le répandre au niveau de toutes les églises de son mouvement !

Dimanche 23 janvier

Ce matin, nous devons nous rendre à Radio Tupi, à 24 km de Ciudad del Este, en direction d’Asunción. Cette radio avait été créée par Mario, ce frère comptable qui avait investi ses quelques économies dans cette œuvre. Il s’en occupe avec toute sa famille. Lui, sa femme et chacun de ses enfants animent un programme. La radio arrose un territoire de près de 100 km de rayon, notamment des régions fortement Catholiques, ou non évangélisées. Mario est un frère consacré, qui a mis toute sa vie, et tout ce qu’il possédait, au service du Seigneur.

Pour cette matinée, il avait invité des pasteurs, anciens et responsables à venir écouter le message de la croix. Nous nous retrouvons à une trentaine, dont un couple d’Allemands, installés depuis près de deux générations au Brésil et au Paraguay. Ce couple s’occupe d’une autre station de radio dans une ville voisine. Ils étaient heureux de parler allemand avec Elke, et de lui demander des nouvelles de leur pays d’origine, qu’ils ne connaissaient pas. Ils étaient agriculteurs, mais avaient tout perdu après plusieurs mauvaises récoltes de soja. Ils avaient aussi failli perdre l’un de leurs enfants d’une maladie grave, et la maman avait eu aussi une tumeur. Ils se relevaient à peine de toutes leurs épreuves. Ils s’occupaient à présent de cette radio chrétienne.

Pendant plus de deux heures, je développe mon thème : le plan de Dieu au début de la création, ce qui s’est produit à la chute, l’œuvre de rédemption de Jésus-Christ, la double signification de Sa mort à la croix (pardon de nos péchés, et crucifixion de notre nature de péché), puis Sa résurrection et Son ascension, garants de notre position spirituelle en Christ.

Tous écoutèrent avec beaucoup d’attention. A la fin du message, plusieurs s’exprimèrent pour témoigner de l’impact de ce message dans leur vie, et de son importance pour marcher dans la sanctification. L’un des participants ajouta même que cette réunion lui avait aussi appris qu’il était possible de ressentir une forte onction de Dieu, sans avoir à crier et à gesticuler « comme nous le faisons » ! Nous donnons rendez-vous au groupe pour dimanche prochain, car nous devons tous nous retrouver à l’estancia pour la suite de l’exposé.

L’un des participants, un Pasteur qui s’occupe d’une Ecole Biblique Pentecôtiste, m’invite à participer à la reprise des cours, lundi 31 prochain, pour donner un message inaugural. Je lui réponds que si je peux m’y rendre, et si c’est la volonté du Seigneur, je le ferai avec joie. Ce serait l’occasion de parler de la croix et de la marche par l’esprit à une trentaine de pasteurs et de responsables d’églises ! Quand nous sommes dans le plan du Seigneur, nous n’avons pas besoin de nous agiter pour trouver des occasions d’annoncer l’Evangile ! Il suffit de prier, et d’entrer dans les œuvres que le Seigneur nous a préparées d’avance !

Lundi 24 janvier

Journée calme à l’estancia. Pas de visites prévues. Nous allons à Hernandarias avec Ruffina pour faire des courses. J’ai une longue conversation avec le propriétaire d’une boutique de réparation de télévisions, qui vendait aussi des cassettes audio et vidéo, que je venais acheter. Il me dit qu’il est Chrétien, qu’il continue à lire sa Bible, mais qu’il ne va plus dans les églises, parce que les pasteurs demandent tout le temps de l’argent…

L’après-midi, nous recevons la visite de Bruno et de sa famille. Bruno se pose beaucoup de questions sur son avenir, sur l’éducation de ses filles, sur les choix qu’ils devront prendre dans un certain nombre de domaines importants : rester au Paraguay, revenir en France, ou partager son temps entre la France et le Paraguay… Le Seigneur les guidera, car ils veulent faire Sa volonté.

Le soir, nous faisons une petite réunion au Centre, sur une partie de l’épître de Jacques : ne pas faire de préférences, crucifier ce petit mais terrible membre qu’est la langue, et montrer notre foi par nos œuvres.

Mardi 25 janvier

Nous nous rendons chez Bruno, où doit aussi arriver Antonio Cuevas et sa famille, pour mettre au point notre déplacement en « brousse ». Ils arrivent vers 16 heures, épuisés par près de douze heures de trajet. Ils ont rencontré beaucoup de pluie. Nous décidons d’une date pour nous rendre à Antequera, mardi prochain 1er février, si Dieu le veut. Antonio nous dit qu’il a déjà pris des contacts. Les pasteurs de sa région sont très isolés, et n’ont pas du tout le même esprit que les pasteurs des grandes villes. D’après lui, ils sont vraiment purs, et ne peuvent compter que sur le Seigneur !

C’est aussi l’occasion de passer un long moment avec Bruno dans la communion fraternelle. Il sent que les choses sont en train de se préciser, et que le Seigneur va le guider dans Sa volonté. Mais ce n’est pas toujours facile de prendre des décisions importantes. Je l’encourage à se confier dans la fidélité de Dieu, et à prendre des décisions dans la foi. Le Seigneur, qui est fidèle, ne permettra pas que Ses enfants qui veulent faire Sa volonté s’égarent dans des voies de traverse. Il les guidera toujours d’une manière ou d’une autre. L’essentiel, pour nous, est d’avoir un cœur sincère et de désirer réellement être guidés par Lui dans Sa volonté.

Antonio et sa famille rentrent avec nous au Centre, où ils passeront la nuit, et sans doute la journée de demain. Ils doivent se rendre en Argentine pour quelques jours, et rentrer dimanche. Puis nous partirons mardi ensemble.

Le soir, nous avons une réunion en petit comité : Sebastian le vaquero et moi ! Combien j’aime ces réunions intimes, où nous pouvons réellement aller au fond des choses, et adapter notre enseignement à la situation personnelle de ceux qui nous écoutent ! Sebastian est heureux de connaître et de servir le Seigneur avec sa famille. Il fait de plus en plus d’expériences avec le Seigneur. Il évangélise ses camarades de travail dans l’estancia.

Il me raconte tout fier une expérience qui concerne son travail. Il doit parfois débourrer et dresser de jeunes chevaux. Normalement, au début, un jeune cheval ne se laisse pas monter facilement, et rue. « Cette fois, me dit Sebastian, j’ai d’abord prié, puis je suis monté sur le cheval, qui s’est laissé faire. En deux ou trois jours, il était dressé à se laisser monter et à travailler. Il n’a jamais rué… ! » Nous avons prié ensemble. Lui qui avait encore du mal à prier en espagnol en public, a pu très bien prier dans cette langue avec moi.

Il me dit aussi que Marcos, l’un des ouvriers de l’estancia, et sa femme Ramona, désirent recevoir une nouvelle visite chez eux. Ramona veut à présent se faire baptiser, et Marcos a déjà beaucoup changé. Ils lisent la Bible ensemble, et veulent connaître la vérité ! Gloire à Dieu ! Nous prions encore pour eux et pour tout le personnel de la ferme.

Mercredi 26 janvier

Nous attendions Pedro, son épouse et trois autres pasteurs et leurs épouses, qui devaient passer la journée avec nous. Vers 10h00, nous voyons arriver Pedro et sa femme, seuls. Un peu dépité, Pedro me dit : « C’est comme dans la parabole de Jésus, tous se sont excusés et ont refusé de venir… ! » Je lui réponds : « Pedro, rappelle-toi que nous prions constamment le Seigneur pour qu’Il ne fasse venir ici que ceux qu’Il a invités ! Il a encore fait le tri ! »

Elke se joint à nous dans le bureau, et nous passons un merveilleux moment de communion fraternelle à quatre. Pedro veut aller plus loin dans la compréhension du message de la croix et de la marche par l’esprit, et nous avons l’occasion d’étudier plus profondément ces vérités. Il me dit à un moment donné : « Maintenant, je comprends que cet enseignement de Yonggi Cho, dans son livre sur « La quatrième dimension », ne vient pas de Dieu ! Il confond la visualisation et ce qu’il appelle le « pouvoir créateur » de la parole et de la pensée, avec le vrai pouvoir divin de la foi en Dieu ! Je comprends maintenant que je me suis laissé séduire ! »

Vers 11h30, nous voyons arriver Bruno et sa famille, puis, un peu après, Antonio Rodriguez, le Directeur du Refuge Bethel, accompagné de deux autres pasteurs, de son fils et d’un autre jeune frère. Le Seigneur avait remplacé les pasteurs qui avaient refusé de venir par d’autres qui ne s’étaient pas annoncés ! Ces derniers voulaient partager avec moi le message de la croix. Pendant le déjeuner, je remarquai que Dieu avait réuni ici, en ce jour, sans que nous l’ayons cherché, trois des hommes fidèles que nous connaissions : les deux Antonio, Cuevas et Rodriguez, et Pedro !

Bruno nous apprend une nouvelle tragique : le trésorier de l’église du petit Pasteur Leonidas, dans laquelle j’étais allé prêcher plusieurs fois, venait de se faire assassiner par des bandits qui voulaient lui voler la sacoche de l’église. C’était cet homme âgé et doux qui était venu ici, il y a un mois, recevoir avec joie le message de la croix. Il avait appris des choses qu’il n’avait jamais entendues ! Un soir, après une réunion, il était sorti de l’église avec la sacoche contenant l’argent de l’offrande. Le Pasteur Leonidas lui avait dit de se méfier, que c’était dangereux. Mais il avait répondu qu’il ne craignait rien, car il était enfant de Dieu… Il a été assassiné un peu plus loin dans la rue, d’un coup de couteau dans le cœur, par un jeune drogué en manque ! Il ne devait pas y avoir grand chose dans cette sacoche, mais la vie d’un homme ne vaut pas très cher dans ce pays. Y avait-il eu imprudence de sa part ? N’a-t-il pas voulu écouter le conseil de prudence que Dieu voulait lui donner ?

Après le déjeuner, jusqu’à près de 15h00, nous parlons avec Pedro et les pasteurs qui étaient venus nous visiter. Pedro leur donne son témoignage personnel, qui est réellement percutant. J’ai le temps de leur expliquer le message de la croix dans tous ses aspects principaux. Les pasteurs sont repartis profondément touchés, et décidés à étudier davantage ce message.

Puis nous avons continué notre discussion avec Pedro et Nancy, son épouse, dans la joie et l’allégresse de savoir que le Seigneur nous avait réellement ouvert la porte du Ciel par Sa mort et Sa résurrection ! En outre, Pedro et son épouse pensaient que le Seigneur leur avait aussi ouvert une porte pour leur avenir. Car ils sentaient maintenant un appel du Seigneur à aller partout, et même au Chili, leur pays, pour y prêcher la croix et la marche par l’esprit. Pedro établit aussi un bon contact avec Antonio Cuevas, qu’il connaissait peu. Ils se promirent de se revoir, car Pedro voulait repasser dans la région où travaille Antonio. J’ai la nette impression que les choses sont à présent lancées, et vont aller de l’avant ! Prions pour eux !

Jeudi 27 janvier

Ce matin, nouvelle visite de Bruno et de sa famille, qui sont restés à la ferme hier et aujourd’hui. Bruno voulait passer un peu de temps à réfléchir devant Dieu, face aux décisions importantes qu’il doit prendre avec Mirta. L’éducation de ses enfants est un problème qui le préoccupe beaucoup, et il cherche la direction du Seigneur dans ce domaine. Nous passons un long moment à partager avant le déjeuner.

Antonio Cuevas, que nous devons aller visiter à Antequera, a aussi des problèmes, en ce qui concerne l’éducation de ses propres enfants. Il voudrait aussi pouvoir acheter un terrain pour y créer un refuge pour enfants et adolescents. Car il existe à Antequera un collège avec bâtiments et professeurs. Mais il est presque vide, parce que les pêcheurs et des paysans des environs n’y envoient pas leurs enfants, après les classes primaires. Car ces enfants n’ont aucun lieu d’accueil pour séjourner au village même, et il n’y a ni cantine, ni système de transports scolaires comme en France ! Beaucoup de ces enfants ne dépassent donc pas le niveau primaire, et ne peuvent sortir de leur cercle vicieux. Nous profiterons de notre visite à Antequera pour voir de quelle manière nous pourrons éventuellement l’aider dans ce projet.

Le soir, nous nous rendons à nouveau dans la maison de Marcos et de Ramona, avec un bon petit groupe. Ils nous reçoivent à l’intérieur de leur petite maison paraguayenne en planches, propre, mais très sommaire. Nous y passons un merveilleux moment, dans la présence du Seigneur.

La situation a déjà beaucoup changé depuis notre dernière visite ! Marcos lit avidement son Evangile en guarani-espagnol. Il en est déjà au début du Livre des Actes ! Il nous dit simplement, en feuilletant son Evangile : « C’est beau ! » Nous lisons justement ensemble le début du Livre des Actes, la Pentecôte, et la vie des premiers Chrétiens. Puis nous passons un moment à prier. Silvana, l’épouse de Sebastian, qui est venue à pied de l’autre côté de l’estancia, avec sa fille Estella, donne à nouveau un témoignage vibrant de tous les changements survenus dans son foyer. Son mari Sebastian a commencé à jouer de la guitare, et toute la famille chante, prie et lit la Bible ensemble, matin et soir ! Nous la raccompagnons en voiture à la fin de la réunion. Quelle joie pour nous de voir ces vies changées à ce point, et si rapidement !

Vendredi 28 janvier

Aujourd’hui, comme souvent, le Seigneur nous réservait encore une surprise ! Nous sommes allés tôt chez Bruno et Mirta, pour nous connecter sur Internet, recevoir et envoyer notre courrier, et placer un nouvel article sur le site Parole de Vie. Après avoir fait tout cela, nous devions aller à Ciudad del Este faire quelques courses en vue de notre prochain déplacement à Antequera.

Juste avant de partir, voilà que Pedro s’annonce, accompagné d’un député du Parlement National Paraguayen et de son épouse. Il y a un an, Pedro avait donné à cet homme, qui venait juste de quitter la religion Catholique, un exemplaire du livre sur « La marche par l’esprit ». La lecture de ce livre, selon son expression, l’avait « bouleversé » et lui avait « ouvert l’esprit ». Il fréquentait au début de sa conversion l’une des églises chrétiennes les plus en vue de la région, et s’était fait beaucoup d’amis. Sa position sociale et politique avait sans doute beaucoup contribué au développement rapide de toutes ces amitiés ! Comme il possédait une station de radio, il la transforma en radio chrétienne. Il commença à lire à la radio le livre qui l’avait touché, ainsi qu’à prêcher sur les thèmes abordés par le livre : la croix et la marche par l’esprit. Pendant plusieurs semaines, chaque matin, à raison de deux heures par matin, tout le livre y est passé, accompagné de ses commentaires !

Le résultat le surprit ! Brusquement, il perdit tous ses anciens amis, et se fit mettre à la porte de son église ! Je lui dis : « Tous ces amis ne devaient certainement marcher dans l’esprit ! Ils n’ont pas apprécié le message de la croix, qui nous appelle à mourir à nous-mêmes et à crucifier notre chair ! »

Nous sommes restés près de deux heures à parler. Ce député n’arrêtait pas de poser toutes sortes de questions, et manifestait une soif profonde du Seigneur et de Sa Parole, un amour sincère de la Vérité, et une humilité que je n’imaginais pas pouvoir rencontrer en France chez un homme politique !

Pedro en a profité pour redonner le témoignage de ce qui s’est passé depuis un an dans sa vie et dans sa famille. Il est vrai que c’est un témoignage réellement percutant ! Le député nous a dit qu’il voulait organiser quelque chose d’important à sa radio. Nous avons décidé de tout remettre entre les mains de Dieu, et de nous soumettre à Sa volonté.

Ce soir, nous avons eu notre réunion habituelle au Centre. En ce moment, j’encourage les jeunes hommes de notre groupe à prêcher eux-mêmes. Alfredo et Jorge nous ont fait chacun une belle exhortation, le premier sur Genèse 2 :8-10, et le second sur Josué 1 :7-8. Il faut former la relève, et ces jeunes nous ont montré que le Seigneur pouvait très bien Se servir d’eux pour annoncer Sa Parole !

Samedi 29 janvier

Aujourd’hui, nous recevons un nouveau groupe réuni par le Pasteur Pedro. Il y a là deux nouveaux pasteurs, l’un Paraguayen et l’autre Péruvien, et quelques anciens et membres de leurs églises. Nous sommes une quinzaine de personnes.

Nous passons la journée, entrecoupée de quelques pauses et d’un bon déjeuner, à étudier le message de la croix et de la marche par l’esprit. Ce message est entièrement nouveau pour eux. Beaucoup nous dirent en partant : « C’est la première fois de ma vie que j’entends un tel message ! » La femme de l’un des pasteurs me dit avec effusion : « Merci, frère, pour ces semences de vie ! Quelle bénédiction pour le Paraguay ! » La prédication de la croix est réellement la puissance de Dieu !

J’ai beaucoup insisté sur l’œuvre de Christ, notamment sur tous les aspects de Sa mort et de Sa résurrection, et sur ce que nous avons acquis, déjà, par Son œuvre : la libération complète de Satan, du monde, de la chair, des péchés, et de notre nature de péché. J’ai aussi beaucoup insisté sur la manière pratique de marcher par l’esprit dans la foi en Jésus-Christ, afin de produire le bon fruit de l’Esprit.

Nous nous sommes quittés vers 17h00. Pedro et moi dûmes ramener à Hernandarias les participants, ravis de leur journée. En partant, José, un militaire de carrière qui allait prendre sa retraite dans quelques jours, me serra dans ses bras en me disant, les larmes aux yeux : « C’est la plus belle journée de ma vie ! J’ai appris aujourd’hui des choses merveilleuses, qui me remplissent de joie et de paix ! Je prierai toujours pour toi ! »

De retour, Pedro nous montra un immense tableau qu’il avait dessiné, à partir d’un diagramme que je lui avais passé, indiquant le monde de Satan à gauche, et le monde de Dieu à droite, avec toutes leurs caractéristiques, la croix figurant au centre, comme lieu de passage obligé pour sortir de l’emprise de la chair et entrer dans le Royaume de Dieu. Avec toujours cette loi divine de « la vie au travers de la mort ».

Nous avons passé près de deux heures, Pedro, Nancy son épouse, Elke et moi, à illustrer tous les points de ce tableau avec des versets bibliques. Ce tableau me servira beaucoup pour nos prochaines études. Nous nous sommes quittés tard, en nous donnant rendez-vous pour demain matin, pour la suite de la réunion de pasteurs et d’anciens qui avait eu lieu à Radio Tupi dimanche dernier. Une trentaine de personnes se sont annoncées !

Dimanche 30 janvier

Près de trente-cinq personnes arrivent vers 9h30, certains en voiture, la plupart entassés à l’arrière d’un petit camion, genre bétaillère ! Presque tous sont des pasteurs, anciens ou responsables d’églises. Le Directeur de Radio Tupi, le frère Mario, en bon organisateur, a très bien préparé cette réunion. Il a même prévu des certificats enluminés pour marquer cette journée, certificats qu’il me demande de signer.

Jusqu’à près de midi, nous étudions toujours le thème de la croix de Christ et de la marche par l’esprit, en prenant pour support d’étude l’épître aux Hébreux. Cette épître, dont l’enseignement est profond et puissant, est propre à ancrer la foi dans l’œuvre de Christ, et surtout dans la Personne même du Seigneur Jésus-Christ, présentée ici avec une majesté et une gloire inégalées.

A mesure que notre étude avance, nous pouvons sentir la présence manifeste du Seigneur, et un travail du Saint-Esprit se fait dans les cœurs. A la fin du message, nous avons passé un moment à prier et à louer ensemble le Seigneur, et ce fut un beau concert de louanges et d’actions de grâces ! Combien nous gagnons à étudier la Personne et l’œuvre de Christ, et quel point d’appui ferme pour notre foi !

En conclusion, Mario me demande de distribuer ses certificats. J’en profite pour dire, en souriant, que je considère ces documents comme des engagements personnels de chacun à accepter la mort de tout ce qui est charnel, pour pouvoir entrer dans la vie de résurrection et le vrai repos de la foi !

Ruffina, fidèle à elle-même, nous avait préparé avec amour, et en dépit de la chaleur torride qui régnait dans la cuisine, un excellent repas, que tous apprécièrent hautement, au point de l’applaudir de bon cœur à la fin.

Voilà des pasteurs et des responsables qui ont reçu quelque chose d’important, et qui ne manqueront pas de le répercuter dans leurs églises ! Je rends grâce au Seigneur pour Sa bonté et Sa miséricorde, car c’est vraiment Lui qui nous ouvre les portes !

L’après-midi, nous nous rendons, Elke et moi, au Brésil pour faire quelques courses et réparer notre prochain voyage. Nous achetons tout un stock de fournitures scolaires, qui feront sans doute des heureux dans les villages pauvres où nous allons passer !

Lundi 31 janvier

Nous passons la journée à nous préparer pour notre départ, demain matin. Le temps est un peu à la pluie, mais nous décidons de partir tout de même. Nous prendrons la route du nord, un peu plus longue, mais plus tranquille, qui nous permet d’éviter la route à grand trafic de l’ouest, qui va jusqu’à la capitale. Seuls les cent derniers kilomètres suivent une piste de terre.

Le soir, nous faisons une réunion avec le personnel présent et Antonio. Celui-ci nous apprend que nous ne pourrons pas partir tôt, comme prévu, car il doit faire changer un amortisseur de son véhicule, qui lui avait été vendu avec un amortisseur non conforme.

Mardi 1er février

Antonio, parti en ville très tôt le matin, revient déjà à 10h30. Nous pouvons partir à 11h30, à deux voitures. Nous embarquons dans la nôtre ses deux fils aînés, Ezéchiel et Israël.

Le temps est pluvieux et très froid, ce qui est tout à fait inhabituel en cet été tropical. Il doit faire 17 ou 18 degrés, au lieu des 30-35 habituels. Encore un signe du dérèglement climatique universel !

Le paysage traversé est très beau, surtout dans la deuxième moitié du trajet. Au début, ce sont d’immenses estancias, essentiellement de cultures de soja. Il y a partout de grands silos. Vers la moitié du trajet, le paysage change radicalement, laissant la place à une savane boisée, plus accidentée, où de grands troupeaux de bovins sont laissés en semi-liberté, dans des estancias qui font des dizaines de milliers d’hectares.

Le nord-est du Paraguay est peu peuplé, la population se concentrant le long de certains axes de circulation. C’est aussi la partie la moins évangélisée du Paraguay.

Après 400 kilomètres de bonne route asphaltée, nous nous engageons sur la piste de terre. Le froid est à présent vif, en cette fin de journée, et la pluie des derniers jours a transformé la piste, par endroits, en sortes de canaux de boue épaisse. Heureusement que nous sommes tous deux en 4×4, ce qui nous permet de passer sans trop de difficultés, malgré quelques émotions.

50 kilomètres avant d’arriver à Antequera, vers 17h30, Antonio s’arrête chez l’un des pasteurs locaux, qu’il connaissait. Il fallut le chercher dans son champ. Ici, les pasteurs mènent une existence rude, et doivent réellement travailler à la sueur de leur front. Leurs petites communautés, et la pauvreté de la population, ne leur permettent pas de trop compter sur « les dîmes et les offrandes », comme en ville !

Dans la modeste demeure du pasteur, j’aperçois deux bambins intimidés, à la fenêtre sans vitres d’une unique chambre, dans laquelle je ne vois qu’une rangée de lits. Ils disparaissent quand je m’approche d’eux pour leur dire bonjour. Ce pasteur s’appelle aussi Antonio. Nous arrêtons rapidement la date d’une réunion de tous les pasteurs qui travaillent dans la zone, pour pouvoir les rencontrer ici.

La nuit tombe quand nous arrivons à Antequera. Antonio nous conduit d’abord dans sa maison, juste en face du grand fleuve Paraguay (2.600 kilomètres de long, qui se jette plus loin dans le fleuve Parana, lequel va former le Rio de la Plata en Argentine).

Grâce à divers dons qu’il a reçus, Antonio a pu acquérir cette vieille maison, qu’il est en train de restaurer et d’agrandir. Les dons que nous lui avions fait parvenir, de la part de Chrétiens Français, l’ont aussi beaucoup aidé pour ces travaux. Il dispose à présent d’une véranda couverte et protégée des moustiques, qui lui permet de faire des réunions dans sa maison.

Antonio a un ministère d’évangéliste. Il a ressenti un appel pour venir s’installer dans cette région perdue, pour évangéliser les populations indigènes de pécheurs installées le long du fleuve, et dans les multitudes d’îles qui en jalonnent le cours. Il dispose d’une barcasse à moteur, prêtée par une mission installée dans la capitale, la Mission Béthanie. Cette barque, équipée d’une cuisine et d’un WC, lui permet de faire des tournées régulières.

Il a pu ainsi implanter trois ou quatre points d’évangélisation. Il ne se contente pas d’annoncer l’Evangile, mais travaille aussi à améliorer les conditions de vie locales. Il a préféré travailler à la restauration ou à la construction d’écoles primaires (avec leur WC équipé !), plutôt que de construire des « églises » qui risqueraient de rester inoccupées la plupart du temps. Ici, les réunions se font sous les grands arbres, sur quelques bancs en bois, en plein air !

Antonio nous conduit ensuite dans le « gîte » construit par Adolf von Tümpling, un noble Allemand né ici, de parents qui avaient émigré d’Allemagne après la première guerre mondiale, pour venir s’installer à Antequera. Le père d’Adolf avait été assassiné en 1948 par un brigand local qui en voulait à sa fortune de négociant.

Adolf était allé faire ses études à Asunción, dans un collège allemand, avant de revenir se fixer dans son village natal. Adolf est Luthérien et parle volontiers du Seigneur, qu’il respecte. Mais il s’est résigné à fréquenter l’église Catholique locale, pour suivre son épouse, une Paraguayenne restée attachée à sa religion.

Il a bâti en face de sa maison familiale un gîte de trois chambres disposant d’un certain confort, qu’il loue aux quelques « touristes » de passage, ou qu’il met à la disposition des amis qui le visitent. C’est l’occasion pour lui d’échanger quelques mots en allemand avec Elke !

Mercredi 2 février

Ce matin, nous retournons avec Antonio au chef-lieu du département, San Pedro, que nous avions rapidement traversé la veille. C’est un gros village de 3 ou 4.000 habitants, qui fait vraiment « Far West » ! Une belle place centrale carrée, avec la cathédrale, le « palais » du gouverneur et la mairie, et un dédale de ruelles à angle droit, non asphaltées, parcourues de piétons, de carrioles « polonaises » à chevaux, de cavaliers, ainsi que de véhicules à moteur les plus divers, allant de l’antique véhicule rafistolé de tous les côtés, au 4×4 le plus luxueux et le plus moderne.

Nous nous frayons péniblement un passage au milieu des énormes nids-de-poule qui jalonnent les rues, pour arriver jusqu’à la modeste maison du pasteur de l’Eglise Filadelfia, une église Pentecôtiste. Celui-ci nous reçoit très aimablement avec sa femme et sa fille. L’intérieur est très simple et spartiate. Le pasteur est un homme jovial et ouvert, qui se réjouit aussitôt de pouvoir nous recevoir samedi et dimanche dans son église, pour deux soirées d’enseignement.

Nous repartons aussitôt pour aller visiter, à une dizaine de kilomètres de San Pedro, le pasteur d’une Eglise Nazarena. Il est en train de travailler aux champs, et son épouse doit aller le chercher.

Nous voyons arriver le Pasteur Nery Caballero, un grand et bel homme dans sa quarantaine, dans la force de l’âge, au grand sourire contagieux. Il porte le grand chapeau de paille des paysans paraguayens, et un foulard de coton blanc autour du cou. Il nous raconte sa conversion, et la création de cette église, grâce au témoignage de sa sœur, qui s’était convertie la première en Uruguay. Elle était ensuite revenue au pays, et avait commencé à évangéliser sa famille, aujourd’hui presque entièrement convertie. Deux des frères du Pasteur Nery sont même pasteurs.

Le Pasteur Nery, qui possédait un terrain de 5 hectares, avait fait don de 2 hectares à la communauté naissante, pour y installer un petit lieu de réunions. Sa générosité avait été récompensée, car, un peu plus tard, il avait lui-même reçu en don un terrain d’une cinquantaine d’hectares. Par la suite, la communauté avait racheté les terrains entourant celui de l’église, et possédait à présent un ensemble continu de dix hectares. Sur ce terrain, le pasteur Nery veut installer une petite ferme école, pour y recevoir les paysans locaux, les former en matière de techniques agricoles, et aussi leur annoncer l’Evangile.

Le Pasteur Nery est ravi de pouvoir nous inviter dans son église, et prévoit aussitôt d’organiser deux réunions, la première le vendredi soir, et la seconde le samedi après-midi ou le dimanche matin. Il nous parle aussi de la vie difficile des pasteurs locaux, isolés, souvent abandonnés des hommes, mais certainement pas du Seigneur ! Les « grands ministères » ne se préoccupent pas en général d’aller visiter ces petites églises si pauvres !

Le Pasteur nous parle aussi d’un autre de ses projets : installer une distillerie de feuilles d’orangers, afin de produire une essence rare et très demandée sur le marché. Pour cela, il faut inciter les paysans locaux à planter des orangers, car les agrumes rendent très bien dans cette région. Toutefois, jusqu’à présent, ce sont surtout les citrons et les pamplemousses qui sont produits. Le Pasteur Nery a déjà préparé une pépinière où plusieurs centaines de pieds d’oranger sont en train de pousser, prêts à être distribués. Il possède aussi une petite distillerie construite avec les moyens du bord. Tout cela doit permettre aux paysans locaux d’améliorer leurs conditions de vie, qui, actuellement, assurent tout juste leur subsistance.

Nous établissons avec le pasteur Nery un excellent contact spirituel. Combien ces pasteurs lointains et isolés sont rafraîchissants, comparativement à certains pasteurs des grandes villes que nous connaissons ! On dirait que, dans ces régions reculées, les excès et les fausses doctrines n’ont pas encore eu le temps de pénétrer. Ici, point de « saint rire de Toronto », point de « couverture spirituelle », point de « Royaume maintenant », et point de « poudre d’or » ! Mais des hommes et des femmes simples qui lisent la Bible comme elle est écrite, et qui s’efforcent d’avancer humblement avec leur Seigneur, au milieu de toutes sortes de difficultés. La connaissance est parfois limitée, mais le cœur est grand ouvert. Quel immense champ de travail pour ceux qui y sont appelés !

L’après-midi, nous allons visiter le Collège d’Antequera. C’est une grande bâtisse de trois étages, avec une aile plus petite, à angle droit du bâtiment principal, et sur un seul niveau. Ce Collège nous semble complètement à l’abandon. Il est d’ailleurs presque inutilisé, seules les salles de l’aile annexe servant aux cours. Les trois étages du bâtiment principal sont abandonnés, à part, au rez-de-chaussée, le « salon des professeurs », et la « salle d’informatique ». Partout les carrelages sont cassés, et les vitres brisées aux fenêtres. Certes, nous sommes en vacances, mais les locaux nous semblent comme abandonnés depuis des années !

Jorge, le jeune voisin d’Antonio, qui nous fait visiter le Collège, entrera bientôt en terminale. Il nous explique qu’en temps normal 300 élèves et 12 professeurs travaillent dans ce Collège. Les classes comportent au moins 40 élèves, entassés dans des salles petites et sombres. Il n’y a pas assez de chaises pour tout le monde, ce qui donne lieu à des empoignades régulières pour occuper les sièges disponibles, les derniers venus devant s’asseoir par terre. Les toilettes, la plupart sans portes, sont dans un état lamentable. Le « laboratoire » de physique-chimie n’est qu’une salle de classe ordinaire comportant en son milieu une longue table couverte de carrelages blancs, avec quelques éviers et robinets.

Je jette un coup d’œil dans la « salle d’informatique », fermée. Elle est dans un dénuement total. Jorge me dit qu’il existe pourtant quelques ordinateurs, mais il n’y a pas de professeurs compétents pour les faire fonctionner ! Des amis américains ont offert à Jorge un ordinateur portable, ce qui lui permet de se former lui-même. L’an prochain, il essayera d’aller faire des études d’informatique à Asunción, à condition de pouvoir obtenir une bourse problématique.

Plus tard, Antonio me reparle de son projet, dont je comprends l’importance : créer un foyer pour recevoir les jeunes adolescents des villages de pêcheurs qui voudraient venir poursuivre des études au Collège d’Antequera. Si ce Collège est presque vide, c’est parce que ces jeunes ne disposent à Antequera d’aucune structure pour les accueillir pendant leurs études. Il n’y a pas d’internat au Collège, pas de cantine non plus, ni de transports scolaires. Un foyer d’accueil permettrait à ces jeunes d’y recevoir le gîte et le couvert, et d’avoir un endroit pour travailler. Ce foyer serait construit au milieu d’une petite ferme, proche du centre du village. Cette ferme disposerait de ses propres cultures et animaux domestiques, pour assurer la subsistance des jeunes, qui pourraient aussi y recevoir un enseignement biblique.

Justement, un terrain de 8 hectares est à vendre à l’entrée du village, avec une maison en bon état. Il serait idéal pour ce projet. Prix de l’ensemble : 6.500 dollars US, soit 5.000 euros environ ! Cela ne fait pas cher le mètre carré ! Mais, pour ici, cette somme est une fortune ! Antonio pense qu’il est dans la volonté du Seigneur, et attend avec confiance l’aide qui lui est nécessaire !

En plus de l’état de délabrement des locaux du Collège, l’enseignement n’est pas gratuit. Les familles doivent payer 30.000 guaranis par mois de frais de scolarité (5 euros). Sans compter les frais d’examen (5.000 guaranis par épreuve), les fournitures scolaires, et les frais d’uniformes. Beaucoup ne peuvent pas se permettre de telles dépenses. Ici, le salaire minimum légal de 900.000 guaranis par mois est loin d’être appliqué ! Il n’est pas rare dans cette région de voir des salaires de 200 à 300.000 guaranis par mois (30 à 45 euros), voire bien moins.

Beaucoup de jeunes ici voudraient pouvoir faire des études, pour sortir du cercle infernal de l’ignorance et de la pauvreté. Mais ils ne le peuvent pas, soit par manque de structures éducatives, soit par manque de moyens financiers. Combien nos jeunes de France devraient comprendre et apprécier quel est leur grand privilège de pouvoir disposer d’une éducation de qualité et gratuite ! Combien aussi gâchent leurs chances, en ne saisissant pas cette opportunité !

Ce soir, Antonio a invité chez lui quelques voisins et amis, et quelques jeunes convertis, pour une réunion d’enseignement. Nous nous retrouvons à une douzaine d’adultes, dont José, un ouvrier qu’Antonio emploie de manière intermittente à des travaux divers, et Petrona, une veuve d’une quarantaine d’années, qui a perdu son mari d’un infarctus, il y a trois ans, et qui reste avec 9 enfants de 3 à 22 ans. José est venu avec sa femme et ses trois beaux enfants. Il m’avoue en baissant la tête qu’il n’est pas marié, comme il est très fréquent de le voir ici. Loin de moi la pensée de le juger ou de le condamner ! Ne connaissant pas la Parole du Seigneur, il ne désobéit pas volontairement. Le Seigneur saura convaincre le cœur de ceux qui veulent faire Sa volonté ! Il y a là aussi quelques jeunes, dont Jorge, le jeune collégien, et Daniel, 14 ans, fils d’une famille de pêcheurs de Monte Alto, le long du Rio Paraguay. Antonio a recueilli Daniel chez lui pour le moment, afin de lui permettre d’étudier au Collège.

Je leur parle de l’amour de Jésus, de Son œuvre à la croix, et de la nécessité de manifester cet amour de Jésus dans notre propre vie. Je mentionne aussi la nécessité d’être prêts pour l’enlèvement, qui ne concernera que ceux qui connaissent le Seigneur et qui Lui obéissent. Je vois que Jorge et Daniel sont touchés. Jusqu’ici, ils n’ont pas accepté le baptême, mais je crois qu’ils vont changer d’avis. A la fin de la réunion, José et Petrona demandent la prière. Nous présentons leurs demandes au Seigneur, puis nous les raccompagnons chez eux en voiture, Elke et moi. Après avoir conduit José et sa famille dans leur petite maison sans électricité, tout au bout du village, nous reconduisons Petrona chez elle. Elle nous demande de venir prier dans sa maison, pour ses enfants et elle. Elle veut nous présenter ses enfants présents, et « demander pour eux la bénédiction ».

Antonio veut payer à José le branchement électrique, car le poteau d’alimentation est situé juste devant sa maison. Le coût du branchement est un peu cher, mais ici, le prix de facturation de l’électricité varie en fonction de la consommation, afin de favoriser les pauvres. Ceux qui n’ont à alimenter en électricité que quelques ampoules électriques ou un frigidaire n’ont que très peu à payer.

Chez Petrona, nous faisons ainsi la connaissance de trois beaux jeunes adolescents, et de deux plus petits, dont un encore au biberon. Nous parlons et prions avec eux jusqu’à près de 11 heures. Antonio, qui ne nous voyait pas revenir, était venu entre temps nous rejoindre. Avant de partir, Petrona avait fait aligner ses enfants devant nous pour qu’ils « reçoivent la bénédiction », par notre prière.

Après la mort de son mari, Petrona avait été gravement déséquilibrée, et avait failli devenir folle. Il y a deux mois, par le témoignage d’Antonio, elle s’était convertie au Seigneur, et avait retrouvé son équilibre mental.

Que de souffrances et de misères dans ces vies ! Mais aussi quelle joie de voir le Seigneur venir y mettre Sa consolation, Sa lumière et Sa paix !

Jeudi 3 février

Ce matin, Antonio décide de nous conduire en bateau à l’un de ses points d’évangélisation, nommé Monte Alto, en aval d’Antequera. Le trajet pour y aller dure à peine une demi-heure, un peu plus pour remonter le courant du fleuve. Celui-ci est infesté par endroits de crocodiles et de piranhas. Les fils d’Antonio, qui avait commencé à pêcher, attrapent trois piranhas voraces en quelques minutes. Mais ce sont des poissons qui ne sont pas très bons à manger, et remplis d’arêtes. J’introduis un morceau de bois dans la bouche de l’un des piranhas, qui se referme dans un claquement sec. Les petites dents aiguës auraient vite fait de nous arracher un bout de doigt ! Ezéchiel nous raconte que, dernièrement, le fils du propriétaire d’une estancia de la région s’était fait manger avec son cheval par des piranhas, en traversant imprudemment un petit bras du fleuve.

Une douzaine de familles de pêcheurs vivent à Monte Alto, dont quatre sont déjà converties. Personne, auparavant, n’avait jamais entendu le message de l’Evangile. Angelo, le doyen du groupe, un homme âgé de 74 ans, à la belle chevelure argentée, me dit qu’il n’a vu que deux fois dans sa vie le curé catholique venir les visiter. A chaque fois, ce fut pour leur demander un peu d’argent en échange de baptêmes ou de quelques rites religieux ! Antonio, non seulement ne leur demandait rien, mais avait amélioré leurs conditions de vie, avait introduit de nouvelles cultures, avait refait leur école en dur, et construit des WC neufs !

Nous sommes reçus sur la berge par un groupe de petits enfants rieurs et curieux, plus beaux les uns que les autres ! Plus loin, devant une case en bois de palmier au toit de chaume, une Indienne est en train d’égrener ses haricots rouges. Elle nous présente aussi avec fierté sa première récolte de cacahuètes. Cette femme, encore jeune, avait eu dix enfants, dont un était mort de maladie à trois mois. C’est la maman du petit Daniel qui vit chez Antonio.

Nous bavardons un moment avec cette femme, notre sœur en Christ, qui rayonnait de la joie du Seigneur. Puis nous allons rejoindre une autre famille chrétienne, un peu plus loin, au sommet du « Monte Alto » (qui devait être à une vingtaine de mètres à peine au-dessus du niveau normal du fleuve !). C’est la famille de Celino et de Ramona. Avant d’arriver, Antonio me dit, en me désignant Ramona : « Tu vois cette femme ? Elle est vraiment remplie du Saint-Esprit ! Toujours joyeuse ! » Ramona nous accueille avec un grand sourire, comme si elle nous attendait depuis longtemps, et nous souhaite la bienvenue : « Soyez les bienvenus chez nous ! »

Son « chez nous » consiste en deux cahutes de bois au toit de chaume, d’une seule pièce chacune, au sol de terre battue. Les demi-troncs de palmiers qui constituent les murs sont disposés verticalement. Rien ne vient remplir les espaces disjoints entre les troncs, qui laissent tous les vents pénétrer librement dans la maison. En hiver, et sous la pluie, il doit y faire froid, car la température peut descendre parfois à 5 ou 10 degrés, voire moins.

Antonio envoie quelques messagers prévenir les villageois que nous ferons une réunion en plein air à 14h30. Pendant ce temps, Teresa, l’épouse d’Antonio, était restée sur le bateau pour soigner les pieds de certains enfants, rongés de parasites. Je connaissais ces parasites, qui sévissent aussi en Afrique, et que nous appelions « crocros ».

Nous allons visiter la petite école construite en dur par Antonio. Il reste une porte et les vitres à poser. Ici, les enfants pourront étudier à l’abri des intempéries et des parasites !

Depuis l’arrivée d’Antonio et de l’Evangile, les conditions de vie se sont améliorées. Les femmes ont appris à faire des confitures de goyaves, et de nouvelles cultures ont été introduites. Certes, dans la forêt proche, de l’autre côté de la rive, le miel sauvage est abondant, et l’on peut aussi chasser du gibier. Mais cela fait du bien de bénéficier de quelques progrès !

Toutefois, Antonio nous recommande de ne pas nous contenter d’une première apparence. Il est vrai que, dans ces lieux oubliés de la civilisation, la vie de ceux qui se sont convertis au Seigneur a radicalement changé. Mais la vie des populations locales est profondément plongée dans le paganisme, l’idolâtrie, la sorcellerie et le péché. L’inceste et la promiscuité sont très fréquents. Et la grande pauvreté est aussi une porte ouverte à bien des vices. La nature humaine étant ce qu’elle est, c’est-à-dire une nature de péché, nous ne devons pas tomber dans le mythe du « bon sauvage ». Le vrai « sauvage » vit tapi au fond de notre chair de péché ! Et c’est pourquoi celle-ci doit passer par une mort radicale ! D’autre part, là où le péché abonde, la grâce de Dieu surabonde aussi ! Le Seigneur est capable de grandes choses dans des cœurs ouverts et sincères. Et ces cœurs se rencontrent ici !

Après un déjeuner frugal sur le bateau, nous retournons chez Celino et Ramona pour notre réunion d’enseignement. Nous nous retrouvons à une quinzaine d’adultes. Je leur parle du travail de préparation de l’Epouse de Christ à la venue du Seigneur, dans le monde entier. Tous comprennent mon espagnol, même si certains ont du mal à le parler. Tous les cœurs sont ouverts à la vérité et reçoivent l’enseignement avec joie. Mais je crois que la plus grande joie est, pour nous, d’être en contact fraternel avec ces frères et sœurs ouverts, simples, joyeux et paisibles. Notre communion fraternelle est réelle.

A la fin de la réunion, Celino, déjà converti, mais non encore baptisé, manifeste le désir de passer par le baptême. Nous décidons donc de revenir samedi prochain, car Daniel et Jorge, (ce dernier n’étant pas avec nous aujourd’hui), ont aussi décidé de se faire baptiser.

Avant de nous quitter, nous distribuons aux enfants du village les fournitures scolaires que nous avions amenées, en prévision de la rentrée proche : cahiers, crayons, gommes, taille-crayons et crayons de couleurs. Les petits sont ravis, et les parents aussi ! On peut faire ici beaucoup de choses avec peu d’argent !

Tous nous raccompagnent au bateau, et nous les quittons avec regret. Si nous avons pu leur apporter quelque chose de l’amour du Seigneur et de Sa parole, j’ai le sentiment que ce que nous avons reçu est encore plus grand ! Le Corps de Christ est vraiment une réalité universelle ! Il est merveilleux de savoir que, partout dans le monde, le Seigneur a Ses enfants véritables, nés de Son esprit, qui sont pour nous des frères et des sœurs dans l’amour de Dieu !

Vendredi 4 février

Aujourd’hui, Antonio a décidé de nous mener en bateau à Potrero Pora, une île située en amont du fleuve cette fois, à plus de deux heures de navigation. Antonio y a ouvert un autre point d’évangélisation, dans un village de pêcheurs beaucoup plus important que celui de Monte Alto. Nous déjeunons sur le bateau avant d’arriver à notre destination.

Les enfants du village nous voient arriver de loin, et s’amassent sur le rivage. Une vieille institutrice à la retraite nous reçoit, et vient nous ouvrir l’école du village. Ici, Antonio est déjà venu cimenter le sol de l’école, et y construire aussi des WC neufs. Il avait voulu montrer aux villageois qu’il ne se contentait pas de leur annoncer l’Evangile, mais qu’il voulait aussi améliorer leurs conditions d’existence.

Nous avions déjà fait la connaissance du jeune instituteur de cette école, dont la famille est voisine d’Antonio à Antequera. Ce jeune homme, que nous avions rencontré chez Antonio, nous avait expliqué qu’il devait travailler sans salaire pendant deux ou trois ans, avant d’être titularisé à son poste. C’est assez fréquent dans l’intérieur du Paraguay. Il avait ici 35 élèves, répartis en deux groupes, l’un le matin, et l’autre l’après-midi. Il donnait en outre des cours d’alphabétisation aux adultes, certains soirs. Ne pouvant loger sur place, il avait trouvé une chambre dans une grande estancia de l’autre côté du fleuve. Il devait chaque jour traverser le fleuve dans une barque à rames pour se rendre à son travail. C’est un jeune homme sérieux et consacré, aimé de tous. Outre son enseignement, il devait aussi donner à ses élèves des cours élémentaires d’hygiène et d’éducation de base, cours qu’ils ne recevaient pas dans leurs familles. Combien de jeunes instituteurs français accepteraient de travailler dans ces conditions ?

Antonio demande à quelques enfants de battre le rappel d’un maximum de villageois, pour une réunion dans la salle de classe, vers 14h30.

L’institutrice à la retraite nous apprend que presque tous les hommes sont absents du village, partis à la pêche ou à la chasse. Nous aurons donc surtout des femmes et des enfants. Un jeune homme d’une vingtaine d’années vient toutefois nous saluer, car il connaissait Antonio. Il travaille dans la grande estancia d’en face : 50.000 hectares, 30.000 têtes de bétail. Il ne touche que la moitié du salaire minimum, mais reçoit quelques denrées en nature : viande et produits agricoles. Mais il nous dit en conclusion : « Nous sommes réellement traités comme des esclaves ! »

A 14h30, l’école se remplit de femmes, d’enfants et d’adolescents, avec seulement deux hommes. Ezéchiel, le fils aîné d’Antonio, chante avec sa guitare quelques cantiques en espagnol et en guarani. Antonio, avec son don d’évangéliste, fait avancer les enfants présents pour participer à la louange, ce qu’ils font tous en riant de bon cœur. Plus tard, Antonio me dira : « Jamais je n’aurais espéré que les enfants répondraient de cette manière. Car, ici, la situation est plus difficile qu’à Monte Alto. Il y a quelques convertis, mais aucun baptisé. Le curé Catholique a commencé à les visiter, depuis qu’il a appris que nous venions, ce qu’il ne faisait jamais auparavant ». Mais certains villageois n’ont pas hésité à lui dire : « Vous venez nous voir maintenant, mais vous ne nous donnez jamais rien ! Vous demandez tout le temps quelque chose ! Tandis que « Don Antonio », lui, vient nous aider, nous donne des Bibles, nous annonce l’Evangile, nous donne des choses, et ne nous demande jamais rien ! »

Teresa, la femme d’Antonio, invite ensuite tous les enfants à venir devant l’école, pour boire un grand gobelet de chocolat au lait, et manger de bons biscuits. Nous restons dans la salle de classe avec les adultes, et je peux leur donner un enseignement d’une petite heure.

Je leur donne un message très simple sur l’œuvre de Jésus à la croix, et sur la nécessité d’aimer la vérité, c’est-à-dire le Seigneur et Sa Parole, la Bible. Je les encourage à lire eux-mêmes la Bible. ( Tout au moins ceux qui savent lire ! Pour les autres, Antonio a commencé à leur distribuer de petits lecteurs de cassettes à piles, pour écouter la Bible enregistrée sur cassettes). Je les exhorte à contrôler eux-mêmes tous les enseignements qu’ils peuvent recevoir, en comptant sur l’aide du Saint-Esprit pour être conduits dans toute la vérité. Le message est reçu avec attention par tous, très curieux de venir écouter ce Français venu de si loin pour leur parler de Jésus !

Nous terminons par une distribution générale de sucettes. Les adultes ne se sont pas privés de leur part ! Des dizaines de mains tendues ont reçu leur lot de friandises, au milieu des rires et des cris de joie. Nous avons pris des photos, puis nous sommes retournés sur le bateau, un peu tristes de devoir partir si vite. Quel travail extraordinaire pourrait être fait dans ces villages, par un évangéliste qui en recevrait l’appel, et qui pourrait demeurer sur place ! Partout les cœurs sont ouverts à l’Evangile et au Seigneur !

Le soir, nous nous rendons dans l’Eglise Nazarena du pasteur Nery, au-delà de San Pedro. Nous sommes un peu en retard. L’église, petite construction simple bâtie au milieu d’un beau parc, est bondée. Il y a plus d’une quarantaine de personnes, avec beaucoup de jeunes. Ce Pasteur Nery est un homme simple et droit, un homme de foi, dont le visage brille d’intelligence. Il nous souhaite publiquement la bienvenue avec beaucoup de chaleur, et se réjouit avec beaucoup d’humilité « de la venue de ce frère arrivé de France pour leur enseigner la Parole de Dieu ». Après avoir prié, il me laisse rapidement la parole.

J’apprécie le fait de pouvoir enseigner aussitôt, car dans beaucoup d’églises que j’ai pu connaître jusqu’ici, le message était souvent précédé d’une ou deux heures de louanges, qui laissaient le peuple un peu fatigué pour entendre ensuite la prédication !

Je donne un message centré sur la croix et la marche par l’esprit, dans une optique de préparation de l’Epouse à la rencontre du Seigneur. Jésus, la « Tête de Son Corps », est en train de sanctifier Sa future Epouse, afin de la faire paraître devant Lui, pure, sans ride, ni tache, ni rien de semblable ! C’est Lui qui le fera, si nous gardons Sa Parole !

L’auditoire est très attentif et très réceptif. Le Pasteur Nery a tout de suite capté le message, comme il le prouve en résumant à nouveau ma prédication, à la fin de la réunion. Il nous invite aussitôt à revenir dès dimanche matin prochain, pour leur culte hebdomadaire.

L’atmosphère spirituelle de cette petite église de campagne est exceptionnelle, et très différente de celle de la plupart des églises que nous avons rencontrées ici. On peut vraiment y goûter la saveur du fruit de l’esprit. Je suis convaincu que le Seigneur va continuer à Se servir avec puissance de leur témoignage Chrétien, et que le message de la croix va pouvoir y porter tous ses fruits, comme il a déjà commencé à le faire !

Samedi 5 février

Aujourd’hui, Antonio a prévu de nous reconduire à Monte Alto, pour les baptêmes, et pour organiser une Sainte Cène avec les frères du village. Avant de partir, j’ai pu parler avec le jeune Daniel, le fils de l’une des familles de pêcheurs de ce village, qui hésitait à se faire baptiser aujourd’hui. Je lui ai demandé pourquoi. Il a fini par me dire que, compte tenu de l’heure prévue pour notre retour, il risquait de perdre le petit travail qu’il avait ici. Il était employé par un négociant à répartir le contenu de grands sacs de riz ou de graines dans des petits sachets, et devait être rentré avant 15h30. J’en ai parlé à Antonio, qui me dit que nous pourrions être rentrés avant cette heure. Le mieux était de charger une bicyclette sur le bateau. Comme cela, Daniel pourrait éventuellement rentrer à bicyclette par le chemin qui longe la côte, dès la fin du baptême, s’il voyait que le bateau ne pourrait pas rentrer à l’heure.

Jorge, le jeune collégien, s’est aussi décidé à se faire baptiser, depuis notre première réunion chez Antonio, le lendemain de notre arrivée. Le Pasteur Antonio, de l’Oratorio, celui que nous avions visité juste avant d’arriver à Antequera, est aussi venu se joindre à nous. Il pourra prêcher en guarani. Nous partons finalement vers midi.

Nous retrouvons avec joie « notre » petit village de Monte Alto, pas si « alto » que cela ! Le fleuve a un peu monté depuis la dernière fois. Les habitants nous semblent vraiment vivre comme hors du temps, tout au moins hors de notre temps ! La petite meute d’enfants est encore là sur la berge pour nous accueillir. Ils nous conduisent aussitôt dans leur « aire de jeux », un coin ombragé où ils se sont construit une petite cabane. Ils me montrent avec fierté un grand serpent vert qu’ils viennent de tuer. Il faut dire qu’ici les serpents sont nombreux, en particulier plusieurs espèces de vipères, dont certaines sont très grandes.

Plus tard, Ramona, la femme de Celino, le pêcheur que nous allons baptiser aujourd’hui, nous racontera que, depuis notre dernière venue, elle s’était fait attaquer, dans sa case, par une grosse vipère. Celle-ci l’a poursuivie dans sa case, l’obligeant à sortir. L’animal voulait occuper les lieux ! Ils ont pu finalement tuer la vipère à coups de bâtons.

Nous voyons aussi arriver Angelo, le grand-père, tout heureux de nous montrer sa belle guitare. Il m’accueille en me serrant dans ses bras, et en s’écriant : « Como estas, Enrique ? » Je me sens complètement en famille !

Nous commençons aussitôt une petite réunion, avec les candidats au baptême et les villageois présents, pour rappeler la signification du baptême par immersion : notre mort et notre résurrection en Jésus-Christ. Puis nous nous rendons sur la berge pour les baptêmes. Entre temps, d’autres villageois sont venus se joindre à nous.

Antonio me laisse l’honneur de baptiser les deux jeunes, Daniel et Jorge, puisqu’ils se sont décidés à accepter le baptême depuis notre venue. Lui-même baptisera le pêcheur Celino. En fait, nous nous enfonçons ensemble dans l’eau boueuse, certains que nous ne serons dérangés ni par les crocodiles ni par les piranhas ! Non pas tellement en raison de notre foi, mais parce que cet endroit, très fréquenté par tous les villageois, ne l’est pas par les prédateurs craintifs ! Nous ne voulons pas exagérer notre courage !

Antonio et moi avons donc la grande joie de baptiser ces trois frères, tous trois très émus et conscients de l’importance de ce moment, au milieu des applaudissements du petit groupe de spectateurs en liesse.

Juste après, sans nous changer, nous montons tous à bord du bateau, pour prendre la Cène en commun. Le matin, nous avions acheté au village une bouteille de vin. Avec tous les enfants présents, nous étions bien une bonne cinquantaine, entassés sur les banquettes du bateau !

Je commence par distribuer à tous quelques friandises que nous avions amenées, même aux adultes, qui ne se font pas prier ici non plus !

Antonio passe ensuite la parole à l’autre Antonio, le Pasteur de l’Oratorio, qui nous fait une prédication en guarani. Je peux suivre un peu ce qu’il dit, compte tenu des nombreux mots en espagnol qui se sont introduits dans la langue guarani. En tout cas, l’auditoire a l’air d’apprécier !

Puis Antonio me demande de présenter la Cène. Je rappelle brièvement sa signification, et de quelle manière nous devons la prendre. Puis nous partageons en toute simplicité le pain et le vin. Je regarde furtivement ma montre : il est plus de 15h00, et le petit Daniel n’est pas encore parti ! Même en bicyclette, il n’a plus le temps d’être à l’heure à Antequera. Il a voulu rester jusqu’au bout avec nous, pour prendre la Cène. Que Dieu lui fasse trouver grâce auprès de son patron !

Après avoir chanté quelques cantiques, nous nous séparons dans la joie du Seigneur. Pour notre part, nous voyons pourtant s’éloigner avec un pincement de cœur tout le groupe de villageois, et tous ces enfants rieurs et timides, qui continuent à nous saluer depuis la berge. Aurons-nous l’occasion de revoir tous ces frères et sœurs bien-aimés sur cette terre ? Mais nous savons que nous les reverrons, sinon ici, du moins là-haut !

Le soir, à 20h45, nous nous rendons à l’église Filadelfia, à San Pedro, le chef-lieu du département. L’église est bondée, et il y a beaucoup de jeunes. Nous sentons immédiatement une atmosphère un peu moins libre que celle de l’église Nazarena du Pasteur Nery. Comme s’il y avait ici un peu plus de légalisme et moins de liberté dans l’Esprit. Mais l’amour du Seigneur y est pourtant manifeste. Quatre ou cinq Paraguayens enthousiastes, chacun avec sa guitare, nous chantent pendant près de trois quarts d’heure des cantiques au rythme de la célèbre « polka paraguayenne », accompagnés par la belle voix de la femme du pasteur. Ce dernier fait interminablement intervenir plusieurs frères et sœurs qui nous lisent chacun un passage de la Bible, et les enfants de l’Ecole du Dimanche nous chantent quelques-uns de leurs succès.

Vers 21h50, le pasteur me passe enfin la parole. Le Seigneur me donne un message très clair sur la crucifixion de la chair, la mort à soi et la marche par l’esprit. Je suis résolu à planter partout ces semences de vie, puisque l’accueil est partout si bon ! Certes, ce message peut avoir du mal à pénétrer dans le cœur de certains, car il est peu connu, et doit nous toucher profondément pour produire du fruit. Mais le pasteur, dans sa conclusion, a l’air très content et reconnaissant, et nous invite à revenir dès le lendemain soir, pour une nouvelle réunion exceptionnelle. Ils veulent en savoir plus !

Dimanche 6 février

Cette journée sera très chargée, puisque nous devons nous rendre dans trois églises différentes, situées à plusieurs dizaines de kilomètres les unes des autres : d’abord à l’église Nazarena, pour le culte du matin, puis à l’Oratorio du Pasteur Antonio, pour y rencontrer un groupe de pasteurs locaux, puis, enfin, le soir, à l’église Filadelfia de San Pedro.

A 9h00, le Pasteur Nery nous accueille devant son église, avec son perpétuel grand sourire. Les frères et les sœurs nous manifestent leur amour fraternel. Certains sont venus en carriole dite « polonaise ». C’est une petite carriole à quatre petites roues à pneus, disposant chacune d’un système de suspension indépendante, et tirée par un cheval. Certaines sont couvertes, la plupart découvertes, avec une banquette à l’avant, et un large plateau à l’arrière. On voit partout ces carrioles dans la région.

Le culte est très simple et dépouillé. Le pasteur souhaite à tous la bienvenue, puis fait une prière qui vient du fond de son cœur. Deux jeunes femmes nous conduisent ensuite dans la louange. L’une d’elles s’accompagne d’une vieille guitare affreusement désaccordée. Toute la communauté chante à tue tête. Par les fenêtres grand ouvertes, nous voyons luire un beau soleil sur le parc verdoyant, planté de grands arbres magnifiques. Le décor ressemble tout à fait à celui de la « petite maison de la prairie » ! On se croirait plus d’un siècle en arrière !

Puis le Pasteur Nery propose à Ezéchiel, l’aîné d’Antonio, de chanter quelques cantiques en s’accompagnant de sa guitare. Ezéchiel chante et joue très bien.

J’ai ensuite l’occasion de continuer à exposer le message de la croix et de la marche par l’esprit, au milieu d’un grand silence attentif. Je commente en particulier Ephésiens 4 :17-24, et parle de la grandeur l’œuvre de Christ à la croix, et de la nouvelle naissance qu’Il nous a acquise par sa résurrection. Le « vieil homme » a été crucifié an Lui et avec Lui, et un « homme nouveau » nous a été donné, dans notre esprit régénéré.

Manifestement, ce message a été parfaitement capté par le Pasteur, qui nous en fait à nouveau un remarquable résumé, juste après ma prédication. Voilà un endroit où la croix continuera à porter du fruit, car le « champ » dans lesquelles les semences divines ont été plantées est constitué par des cœurs « honnêtes et bons » !

Après le culte, le pasteur nous invite à déjeuner dans sa maison. Nous passons encore un long moment à échanger dans le parc avec les frères et les sœurs présents, qui nous demandent quand nous allons revenir !

Chez le Pasteur Nery, on nous avait préparé un repas de fête ! Son épouse, très discrète et réservée, nous avait cuisiné un parfait échantillon de la bonne cuisine paraguayenne : une sorte de tourte au maïs passée au four, du poulet délicieusement rôti, du riz, accompagné de toutes sortes de légumes et de fruits. Ni l’épouse du pasteur, ni leurs enfants, ne se sont mis à table avec nous, apparemment selon la coutume locale, désirant laisser tout l’honneur de la table aux invités. Seul le pasteur s’est mis en bout de table avec nous.

J’étais heureux de voir que le Pasteur Nery et Antonio établissaient un excellent contact spirituel entre eux, et décidaient de collaborer à l’évangélisation des rives du fleuve, le pasteur pouvant prêcher en guarani.

L’un des fils du pasteur, un grand gaillard d’une vingtaine d’années, me surprit quand il me proposa de me donner son adresse Internet. Il disposait d’un ordinateur. Nous pourrons ainsi continuer à communiquer et à échanger des nouvelles !

Nous nous sommes quittés enchantés de ce contact béni. Je suis certain que ce pasteur fait partie de ceux que nous pourrons continuer à aider, selon les moyens que le Seigneur nous donnera. Je le lui ai dit en partant. Souvent, nous ne savons pas réellement si les aides que nous pouvons envoyer d’Europe seront bien employées. Mais, à présent, je puis vous assurer que nous connaissons personnellement un petit nombre de pasteurs et d’hommes fidèles, qu’il vaut la peine d’aider, et qui sauront bien employer l’aide qu’ils recevront !

Nous nous rendons aussitôt après le déjeuner à l’Oratorio, à une vingtaine de kilomètres de piste de là. C’est l’église de « l’autre » Pasteur Antonio, celui qui nous avait accompagnés à Monte Alto hier. Il avait réussi à réunir six de ses collègues pasteurs de la région. Sans voiture et sans téléphone, je me demande comment il a pu les prévenir ! Dans un coin du parc de l’église, je vois une carriole polonaise dételée. Il a dû faire sa longue tournée en carriole.

Ce sont donc sept pasteurs de la zone qui sont réunis ici, venus écouter spécialement le message de la croix et de la marche par l’esprit ! Comme la chaleur est étouffante dans la petite église au toit de tôles, nous nous installons à l’ombre des grands arbres, en rond. Nous nous présentons mutuellement, puis ils m’écoutent parler, avec, je le sens, un mélange d’intérêt et de méfiance, ce qui est bien normal.

Je parle d’une manière informelle pendant plus d’une heure, en donnant une partie de mon témoignage personnel, pour leur montrer de quelle manière j’avais été conduit à m’intéresser de plus en plus au message de la croix, afin d’avoir la victoire sur le péché et la chair. Puis nous restons encore près d’une heure à échanger. Je sens à présent que la glace est rompue, et que tous sont intéressés. Antonio leur a passé à chacun un exemplaire de la brochure sur « La marche par l’esprit ». Ce sont les derniers exemplaires qui nous restent.

A la fin, plusieurs parlent pour donner leur sentiment, avec beaucoup d’humilité et d’émotion. Le premier qui s’exprime nous dit que ce message avait été une grande bénédiction pour lui et lui avait beaucoup appris. Il savait à présent qu’il était possible d’avoir la victoire complète sur « son propre caractère ». Un autre nous remercie d’avoir « pris la peine » de venir leur présenter ce message, alors que je suis persuadé que ce sont eux qui ont eu plus de peine que nous à venir ici ! Antonio leur présente aussi son ministère, et son désir d’établir avec eux des relations de collaboration et d’entraide concrète, y compris sur le plan matériel.

Tous étaient manifestement réjouis de voir qu’ils n’étaient pas complètement oubliés dans leur Paraguay profond, au milieu de leurs multiples difficultés. Pour ma part, j’étais particulièrement heureux d’avoir eu affaire à des responsables d’églises, qui pourront répercuter ce message au niveau de leurs communautés, et d’avoir pu apporter à ces frères quelque chose de bon de la part du Seigneur, quelque chose de fondamental, qui pourra les aider dans leur ministère, comme dans leur vie personnelle.

Nous nous sommes quittés avec de grandes effusions d’émotion sincère, et de grandes embrassades à la mode paraguayenne, avec force tapes dans le dos. La méfiance du début était complètement évanouie ! Que le Seigneur continue à aider ces frères lointains, qui n’ont souvent que Lui comme seul secours ! Il faut dire franchement qu’il vaut bien mieux n’avoir que le Seigneur comme seul secours, plutôt que d’avoir à sa disposition toute une panoplie de secours humains, qui ne sont la plupart du temps que des secours trompeurs !

Le soir, à 20h30, nous retournons à San Pedro, à l’église Filadelfia, pour notre dernière réunion. L’église est toujours aussi pleine que la veille. Le pasteur nous installe à l’avant, puis il demande à Antonio de quelle manière procéder. Antonio, avec sa franchise habituelle, lui dit qu’il vaut mieux commencer tout de suite par la prédication. Mais le pasteur se laisse entraîner par son fameux groupe de louange, qui ne veut pas se considérer comme battu ! Nous voilà de nouveau conduits dans un festival de cantiques rythmés par les guitares vigoureusement grattées. Le pasteur ne peut résister, à la fin, à la tentation de proposer à son épouse de conclure par quelques cantiques. J’en viens à me demander si je vais vraiment pouvoir terminer mon message de la veille ! Vers 21h40, je peux prendre la parole, devant un auditoire satisfait d’avoir bien loué le Seigneur !

Je peux expliquer clairement la différence entre « le vieil homme » et « l’homme nouveau », comment crucifier le « vieil homme » de manière pratique, et comment se revêtir du « nouvel homme », « créé selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité ». L’attention est d’autant plus forte que je les ai fortement mis en garde, au début de mon message, contre les ruses de la chair, qui ne veut absolument pas écouter le message de la croix, et qui est prête à tout pour les empêcher de l’écouter, y compris en les faisant tomber dans un profond sommeil, compte tenu de l’heure et de l’énergie dépensée dans la louange !

L’accueil réservé au message me semble franchement bon, et la Parole de Dieu tombe manifestement dans des cœurs réceptifs. D’ailleurs, à la prière finale que je fis, ma voix fut aussitôt couverte par un concert de prières et de louanges, qui remplissait toute l’église. Puis, beaucoup se levèrent pour venir nous saluer, nous remercier, ou nous serrer dans leurs bras.

Je bénis le Seigneur d’avoir eu l’occasion et la grâce de semer ces quelques semences du merveilleux et puissant message de la croix ! Que cette Parole divine puisse germer librement et porter beaucoup de fruits à la gloire du Seigneur !

C’est heureux et satisfaits dans notre esprit que nous sommes retournés nous coucher chez notre ami Von Tümpling !

Lundi 7 février

Nous décidons de revenir à Santa Fe, à notre Centre, dans l’estancia de Bruno. Il nous faut refaire à l’envers les 500 kilomètres du trajet. Nous aurions pu passer par la capitale, en faisant un détour, mais nous préférons revenir directement. Antonio avait beaucoup insisté pour nous raccompagner dans notre voiture, inquiet des dangers de la route pour nous. Mais il aurait été obligé de revenir en autocar. De mon côté, j’ai beaucoup insisté pour qu’il reste avec sa famille, l’assurant que nous en avions vu d’autres, en Afrique et ailleurs ! Il finit par accepter, à contrecœur, de nous laisser partir seuls.

Il faut dire que le plus grave qui pourrait nous arriver serait une panne ou une crevaison en cours de route. Car les garages, les stations-service et les villages sont rares sur la plus grande partie du chemin. On peut ainsi passer 150 kilomètres sans voir la moindre agglomération, ni la moindre station-service, si ce n’est quelques cahutes isolées. Mais nous sommes confiants que tout se passera bien.

Sept heures plus tard, sans un seul ennui, nous nous retrouvions dans notre petit appartement du Centre. Quelques membres de la famille de Ruffina sont venus frapper à notre porte, vers 20h15, pour nous inviter à une réunion dans la maison d’Alberto et de Gladys. Mais nous étions trop fatigués, et nous avons rapidement éteint les feux pour chercher, et trouver, un sommeil réparateur !

Mardi 8 février

La matinée est consacrée à commencer à taper mon compte-rendu de voyage sur mon ordinateur. L’après-midi, nous sommes allés faire quelques courses indispensables à Hernandarias, puis chez Bruno pour reprendre contact avec notre frère et sa famille, voir ce qui s’était passé pendant notre absence, et nous connecter sur Internet pour recevoir notre abondant courrier.

Le soir, le jeune Alfredo est venu taper à notre porte, au moment où nous dînions, et a passé un long moment avec nous. Il était un peu abattu, nous disant que « l’Eglise » ici passait par des moments de « refroidissement » et de « combats ».

Je l’encourage à persévérer dans une marche régulière avec le Seigneur, en évitant de passer par des hauts et de bas. Il est vrai qu’au début d’une vie chrétienne, nous ne sommes pas habitués à marcher de cette manière tranquille et régulière avec le Seigneur !

Nous avons ensuite repris notre réunion « familiale » au Centre. Ce fut l’occasion de méditer ensemble sur le dernier chapitre de l’Evangile de Jean, et de prier tous ensemble pour les besoins que nous montrait le Seigneur. Combien nous apprécions ces petites réunions « de maisons », où tous peuvent avoir la possibilité de participer librement !

Mercredi 8 février

Ce matin, Bruno vient nous visiter, accompagné de son ancien contremaître Brésilien, qui travaillait avec lui quand il est venu s’installer ici, il y a quinze ans. Il était allé chercher ce contremaître au Brésil, le week-end dernier, et l’avait ramené chez lui avec trois de ses enfants, pour y passer une semaine de vacances. Ce contremaître avait acheté quelques hectares de terre au Brésil, à 250 km d’ici, et y élevait huit vaches laitières, en retirant bien peu de profit. Un autre Brésilien, un Noir, qui avait travaillé cinq ans avec Bruno comme conducteur d’engins, était aussi présent, venu pour saluer son ancien compagnon de travail.

Nous nous installons tous ensemble dans le restaurant du Centre pour y bavarder. Bruno nous raconte ce qui vient de se passer. Il avait reçu, ce matin même, chez lui, un coup de téléphone de Ronaldo, un Brésilien qui travaille à l’entreprise agricole de Santa Fe qui achète et vend des semences à Bruno. Ce Ronaldo était venu plusieurs fois à l’estancia assister à des réunions. Il se montrait intéressé par l’Evangile, nous avait même dit qu’il avait accepté Jésus comme Sauveur personnel, mais était toujours resté un peu à l’écart.

Voici ce qu’il a raconté à Bruno au téléphone : « Cette nuit, j’ai eu un songe, et c’est la deuxième fois que cela m’arrive. Un ange vêtu de blanc m’est apparu dans mon songe, me disant : « Ronaldo, va te faire baptiser ! Tu n’as plus beaucoup de temps, le Seigneur revient bientôt ! » Il avait aussitôt téléphoné à Bruno pour lui demander s’il pouvait passer à l’estancia le plus vite possible, pour se faire baptiser ! Cela nous a réconfortés, de savoir que le Seigneur est vraiment Celui qui S’occupe de Ses brebis ! C’est Lui qui porte le fardeau de Son Eglise, qui la dirige et qui l’édifie ! Ne nous chargeons surtout pas de fardeaux qui ne sont pas les nôtres ! Ils ne sont plus les nôtres, à partir du moment où nous ne pouvons plus les porter. Mais, quand nous travaillons dans la volonté du Seigneur, c’est Lui qui les porte avec nous. Disons honnêtement que c’est Lui qui fait tout, et qui nous fait la grâce de nous faire entrer dans Son œuvre !

Les deux Brésiliens écoutent en silence ce que dit Bruno, puis l’un d’eux avoue qu’il a effectivement peur de la mort. Occasion pour Bruno pour leur faire l’une de ses « petites prédications » dont il a le secret ! Les deux Brésiliens sont manifestement très touchés, et réfléchissent en silence, la tête baissée !

Combien savent réellement que les temps sont très courts à l’horloge de Dieu ! Combien pensent, ou nous disent : « Depuis le temps que tu nous annonces la venue du Seigneur, Il n’est toujours pas là ! » Mais, puisque Jésus viendra comme un voleur dans la nuit, combien nous devons veiller, et nous tenir prêts à chaque instant ! Nous ne le regretterons jamais ! Ce sont ceux qui ne se seront pas préparés qui le regretteront amèrement, mais il sera hélas trop tard ! Que le Seigneur nous fasse la grâce d’être prêts quand Il viendra !

Notre 3° voyage au Paraguay (suite et fin)

Jeudi 9 février 2005

Journée tranquille, en grande partie chez Bruno et Mirta. Ils n’ont plus de professeur pour leurs filles, qui suivent un enseignement par correspondance depuis la France. Pour diverses raisons, ils ont dû interrompre le contrat qui les liait à une jeune femme Française qui enseignait leurs filles chez eux. Je me propose de les aider jusqu’à notre départ début mars. Cela nous permettra aussi de passer davantage de temps chez Bruno et Mirta, car, ces temps derniers, nos activités diverses nous avaient tenus éloignés les uns des autres.

Le soir, nous retrouvons notre petit groupe à l’estancia. Nous étudions ensemble deux versets importants : Matthieu 28 :20 et 18 :20. C’est l’occasion de nous rappeler que nous pouvons compter sur la présence constante du Seigneur pour nous guider, pourvu que nous L’aimions et désirions Lui obéir.

Vendredi 10 février

Nous passons la journée à nouveau chez Bruno et Mirta, en déjeunant avec eux. La matinée est consacrée en grande partie à expliquer à l’aînée de leurs filles une partie de son programme de mathématiques ! Nous partageons aussi le repas avec Alcides et son épouse Lili, la sœur de Mirta. Alcides vient de perdre son travail chez le Chinois qui l’employait 16 heures par jour, pour à peine le salaire mensuel minimum ! Il ne pouvait plus se rendre à 3 heures du matin à son travail, faute de bus à cette heure, et il cherchait un autre travail. Lili est enceinte de leur deuxième fils. Ils avaient perdu le premier, trois jour après l’accouchement, il y a un an. A présent, tout se passe bien pour Lili et son nouveau bébé, qu’ils attendent pour le mois prochain.

Nous rentrons à l’estancia vers 16 heures. A 18h30, nous recevons la visite de notre ami le Pasteur Pedro. Il reste avec nous jusqu’à 22 heures ! Il avait besoin de passer du temps avec nous, et nous pose beaucoup de questions sur la marche par l’esprit, notamment sur le rôle de l’âme, de l’esprit et de la chair.

Il nous raconte encore quelques témoignages très forts qui nous montrent la grandeur du Seigneur et de Ses œuvres.

Pedro connaissait depuis longtemps un prêtre catholique auquel il avait rendu témoignage. Il y a un an, lors de notre deuxième visite, il avait eu l’occasion de lui donner un exemplaire de notre livre sur « La marche par l’esprit ». Le prêtre avait été touché, et avait commencé à prêcher ce message dans son église. Il lisait à présent la Bible, et avait même remplacé sa Bible catholique par une Bible évangélique. Un jour, il alla visiter une vieille paroissienne, et lui dit qu’elle devait ôter de sa maison les crucifix et les images, en lui montrant que la Bible les interdisait. La vieille dame se révolta : « Comment, toi, prêtre de l’Eglise, tu me demandes de me séparer de mon crucifix ! Mais tu n’es plus Catholique ! » Le prêtre fut dénoncé aux autorités épiscopales, qui le déplacèrent par deux fois, dans des endroits de plus en plus reculés. Actuellement, il est en poste dans le lointain Chaco Paraguayen, dans la ville mennonite de Filadelfia. Pedro l’a rencontré récemment, et le prêtre lui a avoué qu’il se sentait maintenant très mal dans l’Eglise, mais qu’il avait décidé d’y rester, tout en continuant à y prêcher ouvertement et librement l’Evangile, jusqu’à ce « qu’ils le mettent à la porte ». Il a même ouvert un site Internet pour y annoncer l’Evangile de Jésus-Christ en toute liberté ! Pour ma part, je dis à Pedro : « Je ne pense pas que l’Eglise Catholique le mettra à la porte, pour éviter le scandale. Mais elle l’exilera dans un trou perdu jusqu’à la fin de sa vie ».

Pedro nous reparle aussi de la manière dont il avait failli être assassiné par les autorités catholiques et policières d’une ville du Paraguay où il prêchait l’Evangile avec succès. C’était une ville très catholique. En trois mois, le petit groupe de Pedro (trois ou quatre au départ) était devenu une assemblée nombreuse, puisqu’ils se retrouvaient à près de 60 personnes au culte du dimanche. C’étaient autant de personnes qui manquaient à la messe catholique ! Dieu confirmait Sa Parole par des miracles et des guérisons. C’est alors que Pedro fut arrêté un soir par la police, et conduit dans une dépendance de l’église catholique, où il fut « jugé » par un « tribunal » composé de cinq prêtres locaux, trois Paraguayens, un Brésilien et un Italien, ainsi que des autorités de la police locale, tous étant aux ordres d’un colonel, qui était le maître incontesté de cette région, et qui présidait ce « tribunal ».

Pedro, sans crainte, leur avait tenu tête, Bible en main, leur prouvant qu’ils étaient tous condamnés à l’Enfer s’ils ne se repentaient pas de leur idolâtrie et de leurs péchés. Le colonel, furieux, l’avait menacé de mort, et aussi de s’en prendre à sa femme et à ses enfants. Pedro lui avait répondu qu’il lui ferait une grande grâce en le faisant mettre à mort, parce qu’il pourrait rejoindre plus vite son Seigneur.

Puis ils se sont mis à parler en guarani entre eux, langue que Pedro, Chilien, ne comprend pas. Le colonel donna des ordres au chef de la police. Celui-ci se leva et conduisit Pedro dans un lieu désert, accompagné de deux autres policiers. A un moment donné, il sortit son revolver, le caressa, et dit : « C’est bien vrai que tu n’as pas peur de mourir, pasteur ? » – « Non ! En me tuant, tu me feras une grande grâce, parce que je sais où je vais ! » Le policier hésita, puis ajouta : « Quand tu parlais, devant toutes les autorités, j’ai été convaincu que nous étions tous dans l’erreur et que tu avais raison ! J’ai été saisi d’une grande envie de pleurer ! Qu’est-ce que je dois faire pour être sauvé ? » – « Il suffit que tu croies de tout ton cœur au Seigneur Jésus ! » – « C’est tout ? » – « Oui, c’est tout ! Crois au Seigneur Jésus, et tu seras sauvé ! » Le policier rengaina son arme, et demanda à Pedro de prier pour lui. Il donna ensuite des ordres aux deux autres policiers, qui se convertirent aussi. Pedro pria aussi pour eux. Puis le chef de la police dit à Pedro : « J’avais l’ordre de faire semblant de te tuer, pour voir si tu étais vraiment sincère dans ta foi, puis de te ramener chez toi. » Vers minuit, Pedro fut ramené chez lui, et retrouva sa femme et ses enfants qui priaient pour lui.

Peu après, son propriétaire le mit à la porte de sa maison, sur l’ordre du colonel. Personne ne voulait lui louer une maison. Finalement, un Allemand qui vivait à 100 mètres de l’église catholique accepta de lui louer une grande maison, voisine de l’église, « à moitié prix », pour narguer le colonel « dont il n’avait pas peur » ! Et Pedro put continuer à faire ses réunions, au nez et à la barbe des autorités catholiques !

Un jour, le colonel croisa Pedro dans la rue. Il ordonna à son chauffeur d’arrêter sa voiture, et fit monter Pedro à bord. Il le conduisit chez lui et lui offrit le thé. Sa première question fut la suivante : « Dis-moi, est-ce vrai que je vais aller en Enfer ? » – « C’est certain, si vous ne vous convertissez pas ! » Puis le colonel le bombarda de questions, Pedro répondant à chaque fois en citant la Bible.

Pendant plusieurs mois, le colonel continua à inviter Pedro pour discuter avec lui, un peu comme le gouverneur Romain des Actes des Apôtres, qui écoutait Paul avec plaisir, mais sans jamais se convertir. Trois ans plus tard, le colonel mourut d’un cancer au cerveau, sans jamais avoir donné sa vie au Seigneur, tout au moins apparemment. Nul ne sait ce qui a pu se passer dans son cœur au moment suprême. Mais du moins avait-il entendu abondamment l’Evangile !

Puis Pedro me pose une question : « Demain, je dois marier un jeune couple. Ils se fréquentent depuis huit ans, sans jamais avoir voulu se marier. Récemment, ils sont venus me trouver, en m’annonçant qu’ils avaient décidé à présent de se marier. Mais ils ont aussi avoué qu’ils avaient péché, et que la fiancée était enceinte de deux mois ! Elle veut se marier en blanc, mais, comme elle n’est plus vierge, elle portera quelques décorations en dentelles de couleur. Que ferais-tu à ma place ? » Je lui demande si les deux jeunes ont confessé leur péché et demandé pardon au Seigneur. « Oui », me répond Pedro. – « Dans ces conditions, s’ils ont confessé leur péché, ils sont pardonnés. Ils ne pourront éviter certaines conséquences, par exemple des persécutions et des jugements de la part de Chrétiens charnels qui apprendront ce qui s’est passé. Mais leur communion avec Dieu est rétablie. Quant à la robe blanche, ce n’est qu’une tradition des hommes, sans importance devant Dieu ! »

A ce moment, Pedro bondit et me serre la main avec effusion. Je suis étonné ! Il me dit : « Figure-toi que j’ai rêvé, il y a quelques jours, que je venais te voir pour te poser cette question, et tu viens de me faire exactement la même réponse que dans mon rêve, que la robe blanche n’était qu’une tradition des hommes sans importance devant Dieu ! » Il était tout content d’avoir cette confirmation ! Il ajouta : « Il y a un an, je les aurais disciplinés, malgré la confession de leur péché, et je les aurais fait attendre au moins trois ans pour les marier ! Ou alors, ils seraient allés se marier chez un autre pasteur ! Mais à présent que je sais ce qu’est la marche par l’esprit, Dieu m’a donné Sa compassion. » – « Mais oui ! S’ils ont confessé leur péché et reçu le pardon de Dieu, pourquoi les discipliner ? Ils doivent seulement bien savoir ce que Dieu veut qu’ils fassent, par exemple confesser publiquement leur péché, si Dieu le leur demande, pour pouvoir aussi témoigner de Sa grâce envers eux. Mais c’est à eux de le faire librement, en leur âme et conscience. Ce n’est pas à nous de les pousser à le faire. Pour ma part, je pense qu’il serait bon qu’un jour ils soient amenés à le faire, mais c’est au Seigneur de le leur montrer ». Satisfait, Pedro acquiesce avec un large sourire.

Pedro nous dit aussi que le Seigneur est à présent en train de lui montrer qu’il doit exercer son ministère d’une manière plus étroite avec son épouse, autant qu’il lui est possible. Il a compris plus rapidement qu’elle tout ce qui concerne la marche par l’esprit. Il sait qu’il doit à présent aider son épouse à avancer du même pas que lui. Je lui réponds en souriant que cela fait aussi partie de sa formation spirituelle, et qu’il va pouvoir ainsi contrôler la qualité de sa propre marche par l’esprit ! Car celle-ci consiste d’abord non pas en paroles, mais en actes d’amour !

Samedi 12 février

Comme nous n’avons pas de séminaire ce week-end, nous nous rendons à nouveau de l’autre côté du lac, pour une petite réunion sous les mandariniers. La femme de Clédémir est heureuse de nous revoir. Elle nous dit que son mari regrettait notre absence depuis plusieurs samedis, parce qu’il aimait bien ces réunions. Nous faisons aussi la connaissance d’un nouveau Brésilien, Manuel, beau-frère de Clédémir, un homme doux et simple d’une quarantaine d’années. Peu après, Ramona, qui nous avait vu venir de loin, se joignit à nous avec son fils Cristian. Clédémir arriva des champs plus tard.

Assis en rond sur des rondins de bois, nous échangeons pendant une petite heure, méditant en particulier la parabole de la brebis perdue. Je les encourage à rester attachés à Jésus. Je leur raconte aussi le rêve de Ronaldo (à qui un ange était apparu en rêve pour llui demander de se faire baptiser), en les exhortant à se tenir prêts. Clédémir et son beau-frère ne sont pas baptisés. Nous parlons donc un moment du baptême. Je leur rappelle que nous restons à leur disposition jusqu’à notre départ, dans trois semaines maintenant.

Puis nous prions, et je vois Manuel, ce petit homme tout simple, enlever très respectueusement sa casquette. Quand je relève la tête, je vois ses yeux tout embués de larmes.

L’après-midi, nous faisons une nouvelle réunion, sous les paillotes du lac. Bruno donne un message sur la valeur du sang de Jésus, et je lis la parabole des deux serviteurs, dans Matthieu 18, où le Seigneur nous demande de toujours pardonner de tout notre cœur. Sebastian est là, avec sa famille au grand complet. Ils nous invitent samedi prochain, pour l’anniversaire de leur petite Liz-Paola, que nous avions vu naître l’an dernier.

Nous ramenons en voiture Ramona et son fils chez elle, de l’autre côté du lac. En sortant de la voiture, elle nous dit : « Vous voulez des mangues ? » – « Oui ! C’est notre fruit préféré ! » Elle entre dans sa maison et revient nous porter trois magnifiques mangues. Nous la remercions. Elle nous répond en souriant d’un air timide : « Mais c’est moi qui vous remercie beaucoup ! » Nous lui promettons de revenir un soir prier chez elle. Elle nous dit : « Je vous attends ! » Ces cœurs simples nous réjouissent beaucoup !

Dimanche 13 février

Nous passons un dimanche tranquille, la plupart des membres du personnel sont partis de l’estancia. Nous faisons quelques courses, et nous rentrons tranquillement profiter de ces moments paisibles. Dans mon cœur, j’ai l’impression que notre tâche ici est terminée, même s’il nous reste encore quelques rendez-vous à honorer. Nous avons pu semer abondamment le message de la croix, et aussi trouver quelques hommes fidèles décidés à le répandre. Nous avons le sentiment que le Seigneur nous demande à présent de prier, pour que ces semences germent et produisent du fruit.

Lundi 14 février

Aujourd’hui, Bruno doit aller à l’aéroport pour chercher Marc et sa famille. C’est un ami Français qui a acheté le terrain en face de la maison de Bruno, et qui y a fait construire une maison. Il vient passer trois semaines de vacances au Paraguay. Il appartient au Seigneur depuis un peu plus d’un an. Bruno souhaite que nous nous rapprochions de lui et d’eux pour avoir davantage de moments de communion fraternelle. Nous allons donc partager notre temps entre l’estancia et le Parana Country Club.

Ce soit, nous sommes invités à une réunion chez Valdo, le contremaître Brésilien de Bruno. Toute sa famille est présente, ainsi que Ruffina et plusieurs autres membres de sa famille. Le Seigneur fait doucement son œuvre dans la famille de Valdo. J’ai l’occasion de leur raconter ce qui s’est passé pour Ronaldo, qui a été visité par un ange du Seigneur pendant son sommeil, pour lui demander de ne pas tarder à se faire baptiser, parce que Jésus revient bientôt. Valdo, qui connaît très bien Ronaldo, est impressionné et reste songeur !

Le jeune Alfredo, qui a apporté sa guitare, nous chante une bonne partie de son nouveau répertoire, avec tout son cœur, comme d’habitude. Je commente le début du chapitre 15 de l’Evangile de Marc, en insistant sur le désir du Seigneur de nous voir porter beaucoup de fruit.

Mardi 15 février

Nous nous rendons de bonne heure chez Bruno et Mirta. Je veux aider leurs filles à faire leurs devoirs du CNED. Entre temps, Jorge, le jeune frère de Mirta, s’est proposé pour les aider aussi. Il fait des études universitaires d’agronomie, et il est assez qualifié pour aider ses nièces. Il comprend très bien le français. Il s’installera chez Bruno, et y restera aussi pendant toute l’absence de Bruno et de sa famille, qui doivent rentrer en France en mai pour 3 ou 4 mois. C’est une solution qui convient à tout le monde.

Nous rentrons à l’estancia en fin d’après-midi. Ce soir, nous devons nous rendre chez Sebastian et sa famille, pour les exhorter dans leur foi nouvelle !

Nous passons un excellent moment chez Sebastian. Le fidèle Alfredo est toujours là et nous réjouit par son ardeur à louer le Seigneur ! Je passe un bon moment à expliquer ce que sont la foi et la grâce, au moyen d’exemples concrets. L’essentiel, pour nous, est bien de recevoir en permanence la grâce du Seigneur ! Mais nous avons besoin de la foi pour saisir cette grâce. Grâce et foi nous sont donnés par le Seigneur, la foi étant le moyen de saisir Sa grâce, manifestation de Son amour !

Mercredi 16 février

Nous passons la journée chez Bruno et chez son voisin Marc, le Français. Nous faisons la connaissance des parents de Marc, qui l’ont accompagné pour ces vacances. Ils sont tous deux convertis, et très ouverts.

Nous nous apercevons que notre voiture a un problème : le gazole fuit assez abondamment du réservoir. Nous devons la conduire au garage demain, sans savoir pour combien de temps nous en serons privés. Mais le Seigneur le sait et conduit toutes choses !

Ronaldo téléphone à Bruno dans la journée, pour lui rappeler qu’il veut venir le voir d’urgence. Il veut se faire baptiser ! Il veut venir ce soit à 20 heures, si son travail le lui permet ! Nous demandons à Marc qu’il nous permette d’utiliser sa piscine, en cas de besoin !

Le soir, Ronaldo nous téléphone vers 21 heures, désolé d’avoir été empêché, pour cause de récolte du soja, qui bat son plein. Il passera à l’estancia demain matin, s’il le peut ! Nous terminons la soirée avec Bruno, Mirta et Jorge, partageant la parole et priant. Nous prions en particulier pour Arnaldo, le jeune frère de Mirta, qui a eu un accident de la circulation aujourd’hui. Un jeune homme en moto a tamponné son camion, alors qu’il était à l’arrêt à un carrefour. Le jeune était sans casque, sans permis et sans assurance. Sa mère, qui était assise à l’arrière de la moto, a fait un vol plané et est venue heurter violemment le camion. Apparemment, sa blessure au visage n’est pas sérieuse, mais elle a dû être hospitalisée. Même s’il n’est pas en faute, Arnaldo a été très choqué, et nous demandons au Seigneur de lui donner Sa paix !

Jeudi 17 février

Ce matin, Arnaldo nous raconte qua la famille du jeune qui a provoqué l’accident de moto est une famille chrétienne, mais qui s’était écartée du Seigneur. Arnaldo pense que c’est l’occasion de leur manifester l’amour du Seigneur, et il est allé prier pour la maman à l’hôpital. Tout semblait aller bien, lorsque les choses se sont aggravées. A présent, certains membres de la famille semblent vouloir profiter de la situation pour demander une compensation en argent ou en nature. Arnaldo est déçu et inquiet. Bruno le console et l’encourage à ne pas s’inquiéter, et à faire confiance au Seigneur : « Ce n’est pas si grave ! Et s’il faut payer les frais d’hôpital, on payera ! »

Nous allons ensemble faire les démarches à l’assurance de Bruno, puis à la mairie, puisque la police a fait un constat. Ici, même si un conducteur n’est pas fautif lors d’un accident, il doit payer une contravention ! Sans doute pour payer les fais de déplacement de la police et les frais administratifs de la contravention !

Il fallut ensuite se rendre devant notaire avec les plaignants (le fils de la blessée et sa sœur) et Arnaldo, pour tenter de trouver un accord à l’amiable. Entre temps, la police s’est montée ferme avec le jeune homme, lui conseillant de ne pas se montrer exigeant, vu qu’il avait tous les torts.

Finalement, devant notaire, tout s’est arrangé pour Arnaldo. La famille accidentée a accepté de ne rien exiger, chacun s’engageant à payer ses propres frais. Le camion d’Arnaldo n’a subi aucun dommage.

Nous tirons tous la leçon de cette affaire : le Seigneur peut permettre certaines épreuves, pour voir de quelle manière nous allons réagir, car Lui seul peut nous apporter la solution de tous nos problèmes. En outre, toutes choses concourent toujours au bien de ceux qui aiment Dieu !

L’après-midi, nous recevons la visite de l’informaticien de Bruno, un autre Antonio, qui s’était converti ici même, dans le salon de Bruno, il y a un an, lors de notre deuxième voyage. Depuis lors, il était resté sur cette expérience, qui avait été très forte pour lui. Je lui demande s’il ne pense pas à se faire baptiser, car les temps sont courts. Il se lance dans de grandes considérations assez philosophiques. Bruno lui fait part de sa grande tristesse devant le peu de soif que tant de gens éprouvent pour le Seigneur. Antonio me pose quelques questions sur le vrai baptême chrétien, et s’en va rapidement, comme gêné. Que le Seigneur touche son cœur et le décide à se donner entièrement à Lui !

Après son départ, nous prions un moment avec Bruno pour certains problèmes que nous ressentons au niveau de personnes qui nous sont proches, et nous les confions au Seigneur. Nous demandons au Seigneur qu’Il décide les cœurs de ceux qui nous entourent, pour qu’ils acceptent de passer davantage de temps avec nous pour lire la Bible et prier ensemble, ne serait-ce qu’un court moment.

Je profite d’un moment tranquille, en fin d’après-midi, pour descendre dans notre chambre et passer un bon moment avec le Seigneur. Il y a toujours tellement de sujets de prière que nous avons toujours besoin du secours du Saint-Esprit pour présenter au Seigneur les prières qu’Il veut qu’on Lui présente ! Combien Il reste fidèle en toutes choses ! C’est Lui-même qui intercède pour nous !

Un peu plus tard, vers 18h30, Bruno m’annonce tout heureux que son voisin Marc nous propose de nous réunir ce soir en famille, pour partager la Parole. Peu après, c’est Sylvie, la femme de Marc, qui me réitère cette invitation. Ils vont simplement aller « manger une pizza » et viendront pour 20h30 chez Bruno. Sylvie n’est pas encore baptisée, mais je crois que, dans son cœur, elle aime le Seigneur et n’est pas éloignée du Royaume de Dieu !

Peu après, Pedro nous rend visite, toujours jovial et enthousiaste. Il nous ramène un exemplaire du livre sur « La marche par l’esprit », entièrement corrigé par ses soins, en vue d’une réédition. Il y a longtemps que la première édition est épuisée, et Pedro n’arrête pas de faire des photocopies ! Pedro est heureux. Il me dit qu’il a compris que le Seigneur lui ouvrait le chemin à présent, et lui demande de répandre le message de la croix et de la marche par l’esprit. Il nous chante quelques cantiques qu’il a composés, de sa voix magnifique. Je le trouve émouvant dans son enthousiasme. Il sait pourtant ce que va lui coûter de prêcher la croix !

Je le raccompagne jusqu’à sa voiture et, dans la rue, il continue à me raconter quelques témoignages récents de ses « aventures dans le Seigneur ». Il y a peu, il avait invité à prêcher un pasteur dans son église. Pedro me dit : « Ce pasteur était tellement content de son message, qu’il croyait très bon ! Mais nous tous, qui connaissons à présent le message de la croix, nous avons immédiatement discerné que son message était truffé d’erreurs ! Mon fils aîné en a compté plus de 150 ! A la fin de son message, mon fils s’est approché de lui, et lui a dit : « Il était bon, ton message, pasteur ! Dommage qu’il ait contenu plus de 150 erreurs ! » Et, Bible en main, il a commencé à prêcher la croix à ce pasteur, qui en est resté abasourdi !

Le pasteur, convaincu que le fils de Pedro avait raison, a invité à son tour Pedro à prêcher dans son église, une église Pentecôtiste. Pedro a prêché avec feu le message de la croix et de la marche par l’esprit. A la fin, de nombreux Chrétiens se sont approchés de lui, pour lui dire qu’ils n’avaient jamais entendu un tel message. L’un d’eux, un pasteur, lui a dit qu’il avait fait 5 ans d’Institut Biblique, et qu’il n’avait jamais entendu ce message ! Finalement, le pasteur de l’église prit la parole, et dit à son église : « Vous savez que, fin mars prochain, nous avons notre grande campagne annuelle, à laquelle plusieurs églises sont invitées. Nous n’avions pas encore d’orateur. Mais, à présent, je crois que nous l’avons trouvé ! Que pensez-vous de l’idée d’inviter le Pasteur Pedro comme orateur, pour qu’il nous prêche ce message de la croix pendant toute une journée ? Que ceux qui sont d’accord lèvent la main ! » Toute l’église se leva d’un bond, et chacun leva les deux mains en l’air, en signe d’approbation ! »

A 20h30, nous attendons Marc et sa compagnie, mais personne ne vient. Vers 22h00, nous voyons arriver Marc seul, un peu dépité ! La préparation de la pizza a été plus longue que prévue ! Nous nous réunirons en famille à un autre moment ! Mais Marc, qui avait envie de communion fraternelle, reste à échanger avec nous jusqu’à près de minuit.

Vendredi 18 février

Après le petit-déjeuner, Marc vient nous voir chez Bruno, et nous invite chez lui à partager un moment avec ses parents, un couple charmant, dans le Seigneur depuis longtemps. Nous lisons ensemble Jean 17, et nous prions dans l’unité de l’Esprit. Marc et ses parents fréquentent une Assemblée de Dieu dans le midi de la France.

Nous sommes restés à déjeuner chez Bruno, puis nous sommes rentrés à l’estancia, pour notre petite réunion habituelle. Ce soir, il n’y a que le jeune Alfredo. Mais c’est toujours une joie de partager avec lui, car il a soif du Seigneur et de Sa Parole. Nous lisons un passage de l’épître aux Colossiens, puis nous prions ensemble. Ensuite, je reste seul un bon moment avec lui, dans le restaurant du Centre. Il me pose toutes sortes de questions sur la fin des temps, l’enlèvement, la Tribulation, et le retour de Jésus sur la terre. En allant nous coucher, il me lance avec un grand sourire : « Merci, Henri, de m’enseigner toutes ces choses ! » Merci, Seigneur, de ces simples occasions que tu nous donnes, et qui sont si riches !

Samedi 19 février

Vers 11 heurs, nous nous retrouvons sous les mandariniers à quelques-uns, pour partager avec eux la Parole de Dieu et prier un moment, toujours avec la même joie.

Nous sommes nombreux à déjeuner, au Centre. Marc est venu avec toute sa famille, ainsi que Bruno et la sienne. La salle est splendide. On a sorti les nappes jaunes et les serviettes blanches, et le repas est servi en buffet. Ruffina, la mère de Mirta, chargée de la cuisine, est vraiment une bénédiction pour tous !

A 15h00, nous nous retrouvons tous sous les paillotes pour fêter le premier anniversaire de la petite Liz-Paola, la petite fille de Sebastian. Les enfants sont très nombreux. Des amis du voisinage sont aussi venus, et nous sommes bien une soixantaine. Sebastian et son épouse se sont surpassés. Ils ont commandé au village un énorme gâteau, qu’on nous amène en grande pompe ! Des ballons décorent les paillotes. Zuni et son frère Jorge se sont déguisés en clowns, selon la coutume paraguayenne pour les fêtes d’enfants.

Nous passons deux heures joyeuses dans la plus grande simplicité, au milieu d’une foule d’enfants ravis. Je partage un passage de l’Evangile de Jean, celui des noces de Cana, et nous prions pour tous ceux qui sont rassemblés. Puis je parle un long moment avec Valdo, le contremaître Brésilien et son épouse Sueli. Celle-ci, très émue, me dit : « Combien je suis heureuse depuis que vous êtes ici ! Ma fille Solange a complètement changé ! Elle était toujours triste et dépressive ! Un jour, Antonio, le missionnaire Argentin, a prié pour elle ici, et elle a changé. Puis elle a commencé à travailler au Centre avec vous, et elle en est ravie ! Ce n’est plus la même fille ! Combien je suis reconnaissante à Dieu ! Elle m’a dit qu’elle était très triste que vous repartiez en France ! » Je lui ai dit que tout ce que nous avions vécu ici, au milieu d’eux tous, avait été une grande bénédiction pour nous-mêmes. Il est vrai que, nous aussi, nous aurons le cœur serré en partant !

Un peu plus tard, Bruno, pensif, me dit : « Je sens monter en moi la conviction que nous devons nous installer à la ferme ! Je me sens de plus en plus isolé au Parana Country Club ! Ici, au milieu du personnel de l’estancia, je pourrais leur être plus utile et plus proche ! C’est avec ceux qui ont soif du Seigneur que je me sens bien ! On pourrait construire une petite école pour mes enfants et tous ces enfants ! » J’ajoute en souriant : « Oui, et aussi une église pour réunir tout le monde ! » Nous savons tous les deux que la véritable Eglise du Seigneur n’est pas un local fait de mains d’hommes, mais le Corps vivant du Seigneur, qui peut se réunir n’importe où, sous les mandariniers, sous les paillotes, ou dans les maisons !

Le soir, vers 20h00, après avoir rapidement dîné, nous nous apprêtons à partir chez Bruno, quand Alfredo vient frapper à notre porte. Il nous invite à passer la soirée chez Alberto et Gladys, car une bonne partie de la famille de Ruffina y sera réunie. Nous hésitons, car demain, je suis invité à prêcher toute la journée dans l’église de Pedro. Je cherche à savoir quelle est la pensée du Seigneur. Nous décidons d’aller passer une heure chez Alberto, puis d’aller chez Bruno. A ce moment, je vois arriver sur sa mobylette Emilio, le neveu de Mirta, tout essoufflé. Bruno m’appelle au téléphone chez Gladys. Je m’y rends, et j’entends Pedro me dire que la réunion de demain est reportée, pour un problème pratique qu’ils ne sont pas parvenus à résoudre. Nous pourrons donc passer la soirée chez Alberto ! Combien le Seigneur dirige nos moindres pas ! Quel soulagement de savoir qu’Il dirige !

Ce soir, nous nous sommes réunis chez Alberto et Gladys. Alfredo nous a récité son nouveau répertoire, avec une bonne partie de l’ancien, puis ce fut le tour d’Emilio et de Sebastian, qui se sont mis tous les deux à la guitare. J’avais rarement entendu deux chanteurs jouer et chanter si faux, mais avec autant de cœur ! Nous les avons donc encouragés à persévérer ! Nous avons partagé la Parole et prié, tous assis en rond sous la grande véranda, couverts par l’amour de notre Père Céleste, dans cette belle nuit de l’été paraguayen ! Je crois que ces simples réunions de l’estancia vont nous manquer !

Dimanche 20 février

Comme Pedro nous a libérés pour aujourd’hui, nous nous rendons de bonne heure chez Bruno et Mirta. Marc et sa famille ont envie de visiter les chutes d’Iguassu, mais du côté Argentin cette fois. Nous décidons d’y aller ensemble.

Aujourd’hui, la chaleur est torride ! Nous passons la frontière de l’Argentine et allons contempler ces merveilles de la nature que sont les chutes d’Iguassu. Un petit train nous conduit jusqu’au bord des chutes, où divers circuits permettent de les admirer sous différents points de vue. Dommage qu’il y ait autant de touristes !

Nous faisons pour terminer un petit tour dans la ville de Puerto Iguassu, en Argentine. Cette ville, autrefois très prospère, a terriblement souffert de la crise économique argentine, et commence juste à s’en relever un peu. Dans le centre, Mirta et Elke vont faire quelques courses, et nous restons dans la voiture, Bruno et moi, avec les enfants. Un petit gamin vient nous demander quelques sous. Il s’appelle Enrique. Nous lui parlons du Seigneur, dont il nous dit avoir vaguement entendu parler. Ce qui l’intéresse, en fait, c’est de gagner ce qui lui permettra de manger ce soir, en lavant des voitures ou en mendiant. Il lui manque la moitié des doigts de la main gauche. Il nous dit qu’il est « né comme ça ». Pauvre gamin ! Quel avenir a-t-il devant lui ? Nous lui laissons une obole, qu’il empoche ravi. Mais mon cœur se serre en pensant aux multitudes d’enfants semblables qui nous entourent ! Tout ce que je peux faire, c’est supplier le Seigneur de Se révéler à eux pour qu’Il change leur vie ! « Seigneur, envoie beaucoup d’ouvriers dans Ta moisson ! »

Lundi 21 février – jeudi 24 février

Nous passons tout ce début de semaine en partageant notre temps entre l’estancia et la maison de Bruno et Mirta. Nous avons à cœur de nous occuper du personnel de l’estancia, que nous allons quitter bientôt, pour fortifier ceux qui ont accepté le Seigneur, et témoigner aux autres. Marcos et Ramona avancent très vite. Ils lisent la Bible régulièrement. Avant-hier soir, nous étions encore chez eux. Marcos nous a dit qu’il passait deux à trois heures par jour à lire la Parole, et qu’il avait compris beaucoup de choses. Je lui ai dit : « Tu te rends compte maintenant de toutes les différences qu’il y a entre les enseignements de l’Eglise Catholique et ceux de la Bible ? » – « Oh oui ! On ne nous enseigne pas tout ça dans l’Eglise Catholique ! »

Avant-hier, nous avons reçu ici, avec Bruno, la visite de deux missionnaires Brésiliens de l’Eglise Quadrangulaire (Foursquare), conduits par le Pasteur Antonio Rodriguez, le directeur du Refuge Bethel. Ces missionnaires étaient à la recherche d’un lieu d’accueil pour des séminaires qu’ils organisent avec des groupes de jeunes qui désirent évangéliser sur le terrain : une semaine de cours théorique et une semaine de pratique, dans une église locale.

A l’occasion de cette visite, Antonio Rodriguez nous raconte comment il avait été guéri d’une grave maladie incurable. Il était chanteur et guitariste professionnel. Il avait eu l’occasion de se produire en Europe, et même devant le Shah d’Iran, quand celui-ci était venu visiter le Paraguay ! Puis, un jour, le Seigneur l’avait appelé à renoncer à tout cela, pour Le servir comme pasteur, et Antonio avait obéi.

Peu après, au cours d’un examen médical de routine, le médecin découvre qu’il a un diabète très grave. Il lui donne cinq années de vie. Antonio dit au Seigneur : « Seigneur, au moment où Tu m’appelles à Ton service, on m’annonce cinq années de vie ! Est-ce vraiment Ta volonté pour moi ? »

Peu après, il eut l’occasion de se rendre à Buenos Aires, en Argentine. Il dit à un frère qui le recevait : « Je voudrais me rendre à un culte dans une église. Mais je voudrais passer inaperçu, je voudrais simplement me mettre au fond et écouter ». Ce frère le conduisit donc incognito dans une église. Pendant la réunion, le pasteur qui prêchait désigna Antonio du doigt, au fond de la salle, et lui demanda de s’approcher. Etonné, Antonio s’approcha. Le pasteur lui dit : « Le Seigneur a une bénédiction pour toi ! » Puis il a prié pour lui. Antonio sentit quelque chose se passer dans son corps.

Plus tard, au Paraguay, un examen médical révéla qu’il n’avait plus aucune trace de diabète. Cette maladie ne s’est plus jamais manifestée !

Il est vrai que le Seigneur ne Se manifeste pas toujours de la même manière. Il accorde Sa grâce d’une manière souveraine. Mais il est clair aussi que, d’une manière générale, Il nous demande de connaître Sa Parole, et de croire en cette Parole. Dans la Bible, notamment dans le ministère du Seigneur Jésus, le pardon des péchés était toujours accordé en même temps que la guérison des maladies et des infirmités, ou la délivrance de l’oppression démoniaque (Matthieu 8 :17). Que le Seigneur nous fortifie tous dans cette foi, pour que nous puissions Le voir agir dans nos vies !

Elke et moi, nous sommes allés visiter hier le centre de ces missionnaires Brésiliens, à Ciudad del Este. Marcelo et sa femme Marlene, avec leur petite fille de deux mois, ainsi que l’autre missionnaire Brésilienne, Eva, habitent dans une belle et spacieuse villa. Ils nous expliquent en détail leur mission et leur travail, et nous montrent le programme du premier séminaire qu’ils avaient organisé en janvier dernier, avec une soixantaine de jeunes de cinq pays différents.

La formation théorique est classique, et ressemble à celle d’un séminaire de Jeunesse en Mission : comment évangéliser les enfants, les jeunes et les adultes, comment approcher les Chinois et les Arabes, très nombreux dans cette région, comment cultiver notre relation avec le Seigneur, avec une approche du « combat spirituel ». De nombreux ateliers en petits groupes accompagnent ces formations théoriques : atelier de théâtre, atelier de mime, etc… Des moments de prière et d’intercession viennent compléter une semaine très chargée.

Pendant la semaine de pratique, les jeunes vont, en petits groupes, passer quelques jours dans une église ou une institution chrétienne (collège, clinique…), pour aider dans tous les domaines de leur compétence. A l’issue de la formation, ils retournent dans leurs églises respectives.

Nous n’avons rien contre de tels programmes, qui peuvent être très utiles à des jeunes qui veulent connaître une culture ou un pays différent du leur, et avoir une première expérience de mission en pays étranger. Mais, ni Bruno ni moi, nous ne nous sentons appelés à collaborer à ce type de ministère et de travail. Nous avons vraiment à cœur la prédication de la croix et de la marche par l’esprit.

Je dis à Marcelo, l’un des missionnaires Brésiliens : « Tu es bien d’accord, mon frère, que le problème essentiel des Chrétiens et des églises, c’est une chair non crucifiée ? Comment ces jeunes vont-ils pouvoir réellement faire de Jésus leur Seigneur, et non seulement leur Sauveur, s’ils n’apprennent pas ce qu’est la vie crucifiée, s’ils ne savent pas ce que signifie réellement marcher par l’esprit, et plus par la chair ? » Marcelo était bien d’accord, mais je pense qu’il n’a pas saisi l’importance capitale du message de la croix. Le risque, dans ce cas, c’est de se lancer dans beaucoup d’activités diverses, qui donneront l’illusion que les choses avancent, mais sans que les problèmes de fond soient réglés.

Que le Seigneur bénisse donc nos frères, et qu’Il les guide dans Sa volonté parfaite ! Chacun doit se limiter à l’appel qu’il a reçu du Seigneur !

Aujourd’hui, jeudi, Bruno nous informe que Marion, la petite missionnaire anglaise, lui avait téléphoné. Elle était de retour d’Angleterre, apparemment en pleine forme. Elle avait dû y rester beaucoup plus longtemps que prévu, car elle avait été opérée d’une tumeur aux organes. Elle, qui avait été miraculeusement guérie de deux anévrismes au cerveau, avait dû passer par cette nouvelle épreuve. Nous ne savons pas, parfois, pourquoi le Seigneur permet dans notre vie de telles épreuves. Mais notre Dieu miséricordieux sait toutes choses, et toutes choses concourent au bien de ceux qui L’aiment, pourvu que nous gardions les yeux fixés sur Jésus ! Nous aurons l’occasion de revoir Marion avant notre départ !

Vendredi 25 février

Nous passons la matinée à l’estancia, et l’après-midi chez Bruno et Mirta. C’est encore une occasion bénie de passer du temps dans la communion fraternelle ! Nous apprenons que Lili, l’épouse d’Alcides et la sœur de Mirta, a commencé à perdre les eaux. La naissance de leur petit David est peut-être imminente. Nous décidons d’aller les visiter dans leur quartier de Conavi. Ils vont prévenir Arnaldo, l’un des frères de Mirta, et sa jeune femme Nilsa, ainsi que Zuni, une autre sœur de Mirta, pour que nous puissions passer la soirée ensemble.

La maison d’Alcides et de Lili est minuscule, mais arrangée avec goût : une petite chambre, un séjour de 5 mètres carrés, et une cuisine où l’on a juste la place de se retourner ! Le lit du bébé est déjà installé contre leur lit.

Nous passons la soirée à partager la Parole, à échanger sur la foi, et à prier. Combien nous aimons ces petites réunions de maisons, où chacun peut apporter sa contribution dans la liberté de l’Esprit !

Ils voulaient même nous garder à coucher, mais nous décidons de rentrer au Centre.

Samedi 26 février

C’est sans doute notre dernier samedi à l’estancia, car nous regagnons la France dimanche prochain, et nous devrons peut-être dormir au Brésil samedi prochain, pour nous rendre de très bonne heure à l’aéroport.

Pour ce dernier samedi, le Seigneur nous a gâtés ! C’est sans doute, pour moi, l’un des meilleurs samedis de notre séjour au Paraguay ! Le matin, vers 11 heures, nous nous rendons dans notre cher bosquet de mandariniers. Seules trois femmes et quelques enfants sont au rendez-vous. Ramona, le femme de Marcos, ainsi que les épouses de Clédémir et de José. Je les exhorte une dernière fois à rester attachés au Seigneur et à Sa Parole. Car ces temps de la fin sont des temps périlleux, des temps d’erreur et d’apostasie, même au Paraguay !

L’après-midi, nous nous rendons sous les paillotes, près du lac. Seule Ramona est présente ! Il est vrai que c’est le dernier samedi du mois. Les salaires ont été payés, et tous sont allés aux courses ! Mais cette réunion avec Ramona fut aussi l’une des meilleures que j’ai pu connaître ! J’avais l’impression de revivre, à un autre niveau, un peu de la rencontre de Jésus avec la femme Samaritaine, au puits de Jacob, en ce sens que nous avions avec nous une femme qui avait soif du Seigneur et de la Vérité.

Ramona nous dit qu’avec son mari Marcos, elle veut passer par le baptême « dès qu’ils le pourront », parce qu’ils se sont engagés à suivre certains cours à l’Eglise Catholique, et hésitent à rompre leur engagement. Ramona est de plus en plus outrée par le comportement du prêtre de la paroisse, notamment envers les pauvres. Elle nous dit : « Merci pour tout ce que vous nous avez apporté ! Avant votre venue, nous ne savions rien ! Maintenant, nous avons appris beaucoup de choses ! Marcos a beaucoup changé ! Nous lisons la Bible, et nous prions ensemble ! »

Je l’encourage à toujours rester attachée au Seigneur, et à compter sur Sa grâce pour qu’Il la conduise dans toute la Vérité, avec son mari et leur fils Christian. Nous disons à Ramona que c’est aussi une grande grâce et une grande bénédiction pour nous, que de témoigner à des cœurs ouverts au Seigneur !

Le soir, nous allons faire quelques courses à Hernandarias, puis nous rentrons au Centre. Nous devions passer la soirée chez Marc, notre frère Français, qui organisait un barbecue chez lui, mais nous n’avons pas la conviction que c’est la volonté de Dieu pour nous. Nous nous rendons plutôt chez Juan-Maria, l’un des seuls ouvriers de Bruno que nous ne connaissions pas encore très bien, car il habite dans un endroit très isolé de la ferme, à plus de 3 kilomètres du Centre, dans une maison en bois assez confortable, mais sans électricité ni eau courante.

On nous avait dit que Juan-Maria et sa femme Wanda étaient plutôt sauvages, et ne se mêlaient pas aux autres. Bruno était très content de Juan-Maria, qui ne lui avait jamais causé de problème, et qui ne lui demandait jamais rien.

Quand nous arrivons, Wanda nous reçoit avec joie et va aussitôt chercher son mari, qui venait de rentrer du travail. Avec une grande douceur et une grande amabilité, ils nous parlent de leur vie difficile, de leur enfance privée de tout, mais aussi de leur joie à pouvoir travailler maintenant pour Bruno, « un bon patron » ! Juan-Maria n’a pas connu son père, qui a quitté sa mère alors qu’il était tout jeune. Il est le seul survivant de neuf frères et sœurs, tous morts en bas âge de maladies diverses. Dès l’âge de huit ans, il a commencé à travailler pour gagner sa vie. Cela fait quatre ans qu’il travaille pour Bruno, et il est très heureux avec sa famille, dans sa petite maison de bois complètement isolée.

Nous découvrons avec surprise que Juan-Maria et Wanda ont tous les deux un grand amour pour le Seigneur Jésus. Juan-Maria va me chercher un petit Evangile bleu des Gédéons, en me disant : « Regarde, j’ai une Bible ! » Nous parlons du Seigneur en toute liberté. Juan-Maria me dit de temps en temps : « Dieu est merveilleux ! Pour aller au Ciel, il faut avoir la foi en Jésus ! » Il sait tout juste lire et écrire. Wanda ne sait pas lire. Ils ont deux beaux enfants, une petite fille de 3 ans, et un garçon de 12 ans, très intelligent, qui travaille très bien au Collège voisin de Santa Fe.

Wanda me rappelle avec émotion quelle a été la joie de leur fils, il y a un an, de recevoir une bicyclette neuve, quand tous les enfants de l’estancia ont pu en recevoir une ! Leur fils s’en sert tous les jours pour aller à 3 kilomètres de là chez Alberto, au centre de l’estancia, qui emmène ensuite en camionnette tous les enfants de la ferme à l’école du village.

Au moment où nous voulons partir, Wanda insiste pour que nous restions dîner avec eux, ce que nous acceptons volontiers. Elle nous sert un succulent repas préparé en un tournemain, avec toute la générosité qu’ont souvent les gens simples. Nous passons avec eux un moment merveilleux, dont je me souviendrai longtemps !

Je demande à Juan-Maria s’il n’aimerait pas avoir l’électricité. Il m’avoue que cela leur ferait plaisir, parce qu’ils pourraient avoir un frigidaire, mais qu’il est habitué à vivre ainsi. Wanda reconnaît qu’ils pourraient avoir une pompe et une citerne pour l’eau courante, ce qui lui faciliterait la vie. Que le Seigneur leur accorde cette bénédiction !

C’est avec regret que je rentre au Centre. Voilà deux brebis du Seigneur qui n’ont pas beaucoup de connaissances bibliques, qui ne fréquentent aucune église, qui sont isolés et loin de tout, mais que le Seigneur connaît et veut aider et bénir ! Merci, Seigneur, parce que Tu connais tous ceux qui T’appartiennent ! Prends soin de ces brebis, et fais-les grandir dans Ta connaissance !

Dimanche 27 février – vendredi 4 mars

Nous passons toute cette semaine en continuant à partager notre temps entre la maison de Bruno et l’estancia. Cette dernière semaine a passé tellement vite ! Nous avons aussi reçu chez Bruno la visite de nos « frères fidèles » : Pedro, Antonio Cuevas, venu tout spécialement d’Antequera, et Antonio Rodriguez. Marion est également venue nous voir, toujours aussi rayonnante ! Sa tumeur n’était pas cancéreuse, et son traitement n’a pas été pénible.

Pedro est toujours par monts et par vaux, prêchant la croix partout où il va. Le week-end dernier, il était dans une ville du centre du pays, pour une mission de trois jours dans une église. Le deuxième jour, il y avait 200 personnes, et 400 le dernier jour ! Il a pu constater à nouveau que le message de la vie crucifiée et de la marche par l’esprit était un message toujours aussi percutant et libérateur ! Il nous a réjouis par tous les témoignages concrets qu’il a pu nous donner, de conversions, de vies transformées, de foyers réconciliés, etc… Pedro prie à présent pour que le Seigneur lui permette de réunir, en un an, une dizaine de collaborateurs fidèles, pour répandre avec lui le message de la croix et de la marche par l’esprit dans tout le Paraguay, ainsi que dans les pays voisins.

Antonio Cuevas aussi nous a réjouis. Il nous a dit que, depuis notre passage, il y avait un réel mouvement de l’Esprit, et que sa maison ne désemplissait pas ! Nous n’attribuons pas cela à notre venue, mais à la grâce du Seigneur, qui travaille dans les vies par Son Esprit !

Il nous a appris aussi que la zone de San Pedro/Antequera avait été déclarée « zone ouverte » aux forces armées. Car c’est de cette zone, et plus particulièrement de l’endroit où nous avions rencontré sept pasteurs, à l’Oratorio, que provenaient les ravisseurs de la fille de l’ancien Président de la République, qui avaient réclamé et obtenu une forte rançon pour sa libération, mais pour assassiner ensuite leur victime ! C’étaient des « révolutionnaires » motivés par la « théologie de la libération » d’un évêque Catholique local, recherché depuis par les forces de l’ordre. La population locale est scandalisée de voir les conséquences de l’influence de certaines doctrines perverses dans ce drame national. Et beaucoup de gens se sont rapprochés d’Antonio Cuevas à cette occasion, reconnaissant en lui un vrai serviteur de Dieu.

Plusieurs familles de pécheurs des bords du fleuve Paraguay ont demandé à Antonio s’il pouvait héberger leurs enfants adolescents, pour qu’ils puissent se rendre au collège public d’Antequera. Malheureusement, il n’avait pas les moyens de le faire, et ces jeunes n’ont donc pas pu s’inscrire au collège pour cette année scolaire. Antonio attend toujours que le Seigneur pourvoie à l’achat d’un terrain pour y construire un foyer pour ces jeunes, et y installer une petite ferme. Il a justement un terrain en vue, tout près de chez lui, de neuf hectares, qui lui reviendrait à l’équivalent de 3.500 euros seulement ! Nous lui avons promis de prier pour que la volonté de Dieu soit faite !

Mardi soir, nous avons eu une réunion à l’estancia, dans la maison d’Alberto et de Gladys. Alberto, d’habitude si réservé, a été le premier à nous lire un passage biblique ! Jeudi soir, la réunion était organisée chez Bruno et Mirta. Presque tous les jeunes étaient présents : Jorge, Alfredo, Arnaldo et son épouse Nilsa. Antonio Cuevas nous a donné un beau message sur Jérémie et le vase du potier. Alcides était absent, car il était à l’hôpital, auprès de son épouse Lili, et de leur nouveau-né David, né le jour même. Il a fallu faire une césarienne, mais tout s’est bien passé ! Le Seigneur les a consolés du décès de leur premier fils, il y a un an !

Marion avait dû rester plusieurs mois en Angleterre. Pendant son absence, son appartement avait été dévalisé, et son ordinateur portable volé. Mais elle nous a dit avec un grand sourire que les voleurs n’ont pas pu lui dérober le trésor qu’elle avait dans le Ciel ! Le reste peut toujours être remplacé ! Elle nous a dit aussi qu’elle avait gardé une paix profonde tout au long de cette épreuve. A cette l’occasion, et suite à son témoignage, l’un de ses frères avait fait une belle conversion !

Nous avons transmis à Marion les dons que nous avions reçus pour elle de plusieurs Chrétiens, et elle a pu à nouveau équiper ses 75 enfants (le nombre s’est accru, elle doit faire à présent deux groupes !) d’uniformes et de tout le matériel scolaire nécessaire !

Vendredi soir, nous faisons une dernière réunion dans la maison de Sebastian et de sa famille. Nous méditons ensemble quelques passages des chapitres 14, 15 et 16 de l’Evangile de Jean. Ces paroles de Jésus sont tellement réconfortantes à l’époque que nous vivons !

Samedi 5 mars

Notre dernière journée à l’estancia ! Un peu après 11 heures, nous retrouvons sous les mandariniers l’épouse de Clédémir et Ramona, avec leurs enfants. J’ai l’occasion de rappeler ce que nous devons faire pour être sauvés, et aussi pour être enlevés : croire au Seigneur Jésus comme notre unique Sauveur, être baptisé d’eau par immersion pour le pardon de nos péchés, aimer le Seigneur et sa parole de tout notre cœur, et n’avoir aucun péché connu non confessé. Nous devons garder nos yeux sur le Seigneur et notre main dans Sa main. C’est Lui qui nous mènera au bon port, dans Sa grâce et Sa miséricorde !

Nous déjeunons au Centre avec Marion, venue passer un moment avec nous, accompagnée par un jeune Anglais. Nous sommes réellement en communion de l’esprit avec elle, et nous sommes heureux de pouvoir prier un moment avec eux, dans la paix de notre Père.

Vers 14h45, en nous rendant auprès du lac, nous nous arrêtons dans la maison de Valdo pour leur dire au revoir. Son épouse, Sueli, est très émue, ainsi que Solange, leur fille, qui travaille au Centre. Ils nous manifestent leur affection en nous offrant quelques petits cadeaux de départ, qui nous vont droit au cœur.

Nous retrouvons notre petit groupe sous les paillotes. Nous sommes tous très émus. Je leur rappelle quels sont les deux plus grands commandements de toute la Loi : aimer Dieu de tout son cœur et de toute sa force, et aimer son prochain comme soi-même. Seule la présence du Seigneur Jésus dans notre cœur nous permet d’obéir à ces commandements !

Bruno nous fait une belle exhortation, en lisant les quatre premiers versets de la première épître de Jean. Il espère que cette estancia sera déserte au moment de l’enlèvement, et que tous vont continuer à garder les yeux sur le Seigneur et sur Sa Parole, tout particulièrement sur le message de la croix, porteur de la vie de Dieu. Les larmes commencent à couler…

Cette fois, contrairement à nos voyages précédents, nous ne savons pas si nous allons retourner au Paraguay. Nous nous efforcerons de savoir quelle est la volonté du Seigneur. Il nous la révélera, car nous voulons Lui obéir !

Mais nous savons que nos chers frères du Paraguay sont entre les mains du Seigneur, seul Chef de l’Eglise, qu’Il dirige par Son Esprit ! Nous savons aussi que le Corps de Christ, seule réalité de l’Eglise, est bien vivant et tourné vers son Seigneur. Sachons toujours discerner les brebis des boucs, les vrais ouvriers des faux ! Que nous puissions nous-mêmes être trouvés fidèles jusqu’au bout, par la grâce de Dieu !

En conclusion de ce troisième voyage au Paraguay, voici ce que nous pouvons dire brièvement :

– Ce pays est actuellement très ouvert à l’Evangile, qui y progresse sensiblement et rapidement. Le peuple paraguayen, composé en très grande majorité d’Indiens Guaranis, ou de métis d’Indiens Guaranis, est très croyant, et très tourné vers les choses de Dieu. Nous n’avons pas rencontré un seul athée au cours de nos voyages. Les cœurs sont ouverts au Seigneur et à Sa Parole.

– Le problème numéro un de ce pays en général, et des Chrétiens en particulier, est représenté par le manque de connaissances. La connaissance biblique n’est pas très profonde. Il est vrai que la faiblesse du niveau de vie rend l’achat d’une simple Bible assez difficile. Pour en avoir une idée, l’achat de la Bible la moins chère représente 30.000 guaranis (environ 4,50 euros), alors que le salaire de base n’atteint que 900.000 guaranis (135 euros). Ce qui représenterait, en proportion de notre pouvoir d’achat, une Bible à environ 230 euros en France ! C’est un prix dissuasif, et un frein considérable à la progression de la connaissance biblique.

– La situation des églises en général n’est pas brillante. La grande majorité des pasteurs que nous avons rencontrés, ou dont nous avons entendu parler, sont très charnels, et conduisaient donc leurs églises dans la chair. C’est une situation particulièrement attristante, quand on constate la soif de Dieu dans ce pays. Ceux qui se tournent vers Dieu ne sont pas conduits dans la vérité, mais sont introduits dans un système ecclésiastique qui les maintient dans l’ignorance et dans les œuvres de la chair. En général, nous avons constaté que plus les églises étaient grandes et riches, et plus la séduction l’était aussi. Les églises les plus fidèles étaient souvent les plus petites et les plus pauvres. Rappelons-nous les avertissements du Seigneur aux églises de l’Apocalypse !

– Le message de la croix, celui de la vie crucifiée et de la marche par l’esprit, est quasiment inconnu. En quatre mois, nous n’avons rencontré qu’une seule personne, une sœur âgée, qui l’avait entendu dans les années 70, de la bouche de missionnaires américains. Pour tous les autres, il s’agissait d’un message complètement inconnu, voire étrange ou mystérieux, qui semblait venir d’une autre planète !

– L’accueil fait au message de la vie crucifiée et de la marche par l’esprit fut très contrasté. Les Chrétiens individuels étaient en général plus ouverts que les pasteurs qui, dans leur grande majorité, n’ont pas été intéressés. Ce qui les intéressait vraiment, c’étaient les prodiges et les miracles, et la croissance numérique de l’Eglise. Certains ont même carrément rejeté le message de la croix comme une fausse doctrine : « Ce que nous voulons, c’est la vie ! Et pas un message de mort ! La croix, c’est la mort, et c’est passé ! »

– Une minorité de Chrétiens et de pasteurs ont accueilli le message de la croix et de la marche par l’esprit avec enthousiasme, comme le message réellement libérateur, celui qui nous ouvre la porte de la victoire sur le péché et de la perfection, reçue comme une grâce de Dieu en Christ. Quelques-uns ont été bouleversés par ce message, qui a changé complètement leur vie. Nous avons connu trois ou quatre hommes fidèles qui ont reçu ce que nous leur avons transmis, et qui sont capables de le transmettre à d’autres hommes fidèles. J’ai déjà dit qu’avec un seul homme, le Seigneur peut bouleverser toute une nation ! Puisse-t-Il le faire pour le Paraguay, et pour les pays environnants, tous très ouverts à l’Evangile, mais aussi, hélas, à toutes les formes de séduction !

– Sur un plan plus général, nous ne pouvons pas dire qu’il existe réellement un « réveil sud-américain ». Il existe un intérêt très grand pour Jésus-Christ et pour l’Evangile. Les conversions sont nombreuses. Mais l’enseignement biblique est trop superficiel, et la plupart des convertis, peu après leur conversion, se noient, spirituellement, dans divers marécages bourbeux : marécage du légalisme strict, marécage du libéralisme charnel, marécage de la recherche des manifestations spirituelles douteuses, marécage de la « couverture spirituelle » et de la dictature pastorale, marécage de la cupidité et de la recherche de l’argent, etc… Le défaut d’enseignement de la saine doctrine, et notamment du message de la croix, ouvre la porte à toutes les séductions possibles, tout simplement parce qu’on n’apprend pas à crucifier la chair et à marcher par l’esprit. Ces séductions se répandent d’autant plus vite que la soif de Dieu est plus grande. Que peut donner concrètement la soif de Dieu, quand la chair est aux commandes ?

Combien nous avons besoin d’une restauration du message de la croix, c’est-à-dire du message de la Personne et de l’œuvre de Jésus-Christ ! Jésus-Christ est le seul fondement sûr et inébranlable ! Son œuvre est parfaite, parfaitement accomplie, et parfaitement suffisante pour nous faire entrer par la foi dans la volonté du Seigneur !

Que le Seigneur nous fasse la grâce d’ouvrir nos yeux spirituels, pour que nous puissions voir les merveilles de la Personne et de l’œuvre de Jésus-Christ, et entrer par la foi dans Ses plans glorieux ! Jésus-Christ est à la porte ! La préparation finale de l’Epouse ne pourra se faire que si elle reçoit par la foi la révélation de la croix, porte obligée vers la vie de résurrection, et condition d’une véritable marche par l’esprit ! Amen !

Nous remercions encore ici Bruno et sa famille, qui nous ont reçus avec tant d’amour chez eux et dans leur estancia, ainsi que tous ceux qui ont partagé avec nous, tout au long de ces quatre mois, nos combats, nos peines et nos joies.

Nous remercions aussi nos amis Français et étrangers qui ont bien voulu nous confier des dons pour le Paraguay. Ils ont été fidèlement remis en mains propres à des Chrétiens fidèles. Si certains veulent continuer à nous envoyer des dons à l’intention du Paraguay, qu’ils veuillent bien nous contacter sur notre site Parole de Vie. Nous savons à qui distribuer ces dons pour qu’ils soient bien employés.

Par dessus tout, nous remercions notre Seigneur et grand Dieu de nous avoir fait la grâce de passer ces moments bénis au Paraguay, en apportant notre modeste contribution à une œuvre qui nécessiterait tant d’ouvriers ! Prions notre Père qu’Il continue à en envoyer, jusqu’au retour béni et proche de Son Fils Jésus ! Que Son nom soit glorifié !

23 Responses to B187-Nos voyages au Paraguay (2).

  1. julie dit :

    Merci Sylvie S.

  2. Sylvie S. dit :

    Vois une oasis dans ce désert, chère sœur Julie, sois encouragée, car nous sommes près de toi dans l’esprit de Jésus, et le Seigneur te guidera vers des frères et sœurs près de chez toi, si tu le Lui demande avec foi, IL répondra!

  3. julie dit :

    Merci d’avoir redonné ce compte rendu de voyage… Cette lecture a été comme un baume sur mon coeur dans mes temps de désert en communion fraternelle.
    Bises fraternelles à tous.

  4. Alain Brice dit :

    Merci frère Henri pour ta réponse; Effectivement le Seigneur prend et prendra toujours soin de Son oeuvre. Tu n´es qu´un instrument qu´Il utilise comme bon Lui semble. Qu´Il continue de te remplir de force et de bénédiction.
    Alain Brice

  5. Stef dit :

    Bonsoir Frère Henri,
    Je suis Camerounais mais je vis en France. Je suis tellement content que tu aies visité mon pays. Ton ministère a vraiment un très grand impact dans mon pays. De nombreux frères ont quitté des églises où il était prêché l’évangile de prospérité et où régnaient la « domination pastorale » en écoutant tes messages, pour se réunir dans les maisons en toute simplicité, dans la liberté que donne le Seigneur. Tes messages dérangeaint tellement à la radio chrétienne qu’on a cessé de les diffuser. Mais Dieu est en train de lever des prophètes pour dénoncer le péché et l’apostasie, et revenir au Modèle de la Parole. J’ai un seul regret, c’est que la révélation de la Croix ne soit pas prêchée en profondeur: j’ai honte parce que moi-même je ne l’ai pas clairement saisi pour moi. Je prie Dieu qu’Il Se révèle à moi et que je puisse peut-être rentrer au Cameroun y prêcher ce message de la vie crucifiée et que la fin de la prophétie de Zacharie à la naissance de Jean Baptiste soit vrai pour moi et pour d’autres. Au plaisir de pouvoir te rencontrer un jour sur terre ou au mieux, au Ciel. En tout, cas merci pour tout!!!!!!!!!!!!!

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Cher frère Stef, Merci pour ton message! Dieu prend soin de Ses brebis! Il fait lever, au Cameroun, comme ailleurs, des hommes et des femmes qui expliquent et qui vivent le message de la croix et de la marche par l’esprit. Le message de la croix n’est pas si compliqué à comprendre: nous sommes morts et ressuscités en Christ, et notre nouvelle nature est semblable à la Sienne! Nous sommes justice de Dieu en Christ, et nous avons reçu, dans notre nature régénérée, Sa sainteté, Sa pureté et Sa perfection! Et la loi de l’esprit de vie en Jésus-Christ nous a libérés de la loi du péché et de la mort!

  6. Alain Brice dit :

    Bonjour frère Henri,
    J´ai lu tout le rapport de tes voyages missionnaires au Paraguay. Je me suis cru en train de revivre les aventures des chretiens de l’église primitive. Tout est simple mais profond du point de vue spirituel. C´est un régal de lire ta narration. En te lisant j´ai envie moi aussi de vivre de tels moments. J´espère que la semence de la vie crucifiée que tu as semée dans les coeurs a porté beaucoup de fruits et qu´elle n´a pas été étouffées par les doctrines légalistes qui sont légion dans cette partie du monde. J’ai du lire dans l’une de tes réponses que la page du Paraguay est tournée pour le moment; que s’est-il passé entretemps? Je crois qu’au départ il était question que tu t’y rendes fréquemment pour le suivi de ces campesinos. C’est dans cette optique que tu as participé à la conception et la réalisation du centre au milieu de l’hacienda de Bruno ou bien? Qu’est devenu le centre? et Bruno et sa famille sont-ils définitivement rentrés en France comme ils le pensaient?
    Tu as dit aussi que toutes tes réunions étaient enrregistrées sur des cds, comment puis-je m’en procurer? Merci beaucoup pour ce rapport. Que le Seigneur te bénisse.
    Alain Brice

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Cher frère Alain Brice, Pour le moment, la page du Paraguay est tournée. Nous y sommes allés trois fois, nous y avons fait ce que nous pensions devoir y faire, et c’est le Seigneur qui a pris la suite. Le Seigneur peut très bien nous demander de nous occuper d’une oeuvre pendant un temps, puis de passer à autre chose. C’est Lui qui nous dirige, et nous ne sommes plus responsables des choses dont Il nous demande de nous détacher! Bruno et sa famille sont toujours au Paraguay pour le moment. Quant aux enregistrements, ils étaient en espagnol, et il faut parler cette langue. Mais ils sont restés au Paraguay, et je ne les ai même pas avec moi. Je ne suis pas tourné vers le passé, mais vers ce que le Seigneur veut que je fasse maintenant. Mais je suis certain qu’Il S’occupe Lui-même très bien de tous ceux que nous avons laissés au Paraguay! Le Centre avait d’abord été créé non pas pour les campesinos, mais pour former des pasteurs au message de la croix et de la marche par l’esprit, et c’est ce que nous avons pu faire, dans une certaine mesure. Dieu nous avait aussi donné en Pedro un homme capable de prendre la suite! Nous-mêmes, par la suite, nous sommes allés trois fois en Guyane, trois fois en Guadeloupe, deux fois en Israël, et de nombreuses fois en Suisse, où plusieurs portes sont largement ouvertes en ce moment. Sans compter nos déplacements en France.

  7. MOHR GAËTANE KARINE dit :

    Merci Marie-Jo pour ton soutien, je pense que je vais me débarasser de la télé, car elle ne sert qu’à regarder des dvd et des cassettes vidéos et aux jeux, vu que je ne reçois aucune chaine, et on regarde même pas la télé, mais mon fils est farouchement opposé, il a même des réactions parfois violentes verbalement, en plus il ne va plus au lycée, et il n’y a rien qui l’intéresse en formation.
    Merci de prier…

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Chère Soeur Gaëtane, Si ton fils aime tant les jeux, il devrait peut-être être intéressé par une formation en informatique! Par ailleurs, nous avons des promesses pour nos familles et nos enfants, ne te décourage jamais, et attends-toi à ce que ton fils soit sauvé!

      • gaetane dit :

        Cher frère Henri, par inadvertance, j’ai suprimé le message que tu m’as envoyé sur mon adresse e-mail, en ce moment je suis en plein dans le combat spirituel pour prendre autorité sur les puissances du mal qui veulent l’accaparer avec tous ces jeux sataniques. Je ne sais si je te l’ai déjà dit, mais je suis d’origine musulmane, convertie à Jésus-Christ, et j’ai reçu la nouvelle naissance depuis 2 ans. Pour l’instant, je ne sais pas comment jeûner, mais je le fais toute la journée pour combattre, car j’ai bien compris qu’il faut le faire, même si on travaille et, gloire à Dieu, et grâce Lui soit rendue, j’arrive à tenir, car c’est Lui qui renouvelle mes forces. Hier, j’ai bien parlé avec mon fils et je lui bien expliqué que je me suis trompée de le laisser venir chez moi avec tout ce poids lourd de jeux vidéos qui ne sont pas à la gloire de Dieu, et que je veux réjouir le coeur de mon Dieu, et que je me repens de l’avoir fait, et qu’il faut que tous les jeux, avec la télé, aillent dans le cellier, en dehors de chez moi, jusqu’à ce qu’il prenne la décision lui-même de s’en débarrasser, une fois qu’il aura la révélation dans son coeur, et, en contre partie je lui laisse le portable pour communiquer avec ses copins qui sont restés loin, vu qu’il était obligé de venir habiter chez moi, car son père fait une depression sévère…
        A bientôt, salutations en Christ.

      • Henri Viaud-Murat dit :

        Chère Soeur Gaëtane, Oui, je me souviens de ce que tu m’avais dit. Dieu voit ton problème, et ton désir de recevoir Son secours, et Il te le donne. De toute manière, Il t’a déjà donné une pleine autorité contre toute la puissance de l’ennemi et des démons. Que tu jeûnes ou pas, tu possèdes déjà cette puissance. Les jeûnes que nous pouvons faire ne sont pas faits pour faire bouger Dieu, mais pour nous faire changer nous-mêmes, et nous rendre plus sensibles au Saint-Esprit. Une fois que tu as ordonné à ces mauvais esprits de te laisser en paix, ainsi que ta maison et ton fils, ils sont obligés d’obéir, même s’ils font de la résistance! Je crois que tu as bien agi avec ton fils. Il faut qu’il comprenne que ce n’est pas à lui de commander dans ta maison, et Dieu le Lui fera comprendre. Persévère, tu as la victoire en Jésus!

  8. Marie-Jo dit :

    Chère soeur Gaëtane, merci d’avoir abordé le sujet des ados. Mon fils a 16 ans et nous avons les mêmes sujets de préoccupations concernant les jeux ou les films qu’il visionne. Il joue à des jeux de guerre mais m’assure que ce ne sont pas des jeux démoniaques. Cependant cela banalise la violence. En tant que parents, il est vraiment difficile de savoir quand il faut agir ou lorsqu’il faut prier pour laisser le Seigneur les convaincre. Merci Henri pour tes conseils précieux. Heureusement que j’apprends à marcher par l’esprit et à faire confiance dans mon Seigneur, sinon je basculerai bien vite dans l’angoisse pour mes enfants.

  9. jean-philippe j dit :

    Merci Frére Henri, ce récit me rappelle ceux de Paul et des frères du temps des apôtres. Je l’ai lu avec un grand plaisir, cela change des études bibliques qui sont certes édifiante mais un peu routinières, cela est un exemple concret de la marche par l’esprit, qui m’aidera à en comprendre les principes que je dois, je l’avoue encore, bien approfondir. Que le Séigneur Jésus bénisse et garde toutes ces personnes que tu as rencontrées, frère Pedro, Bruno, la petite bonne, etc… ainsi que la soeur Marion, femme au grand coeur, cela ne m’étonne pas quel soit montée au Paradis ; as-tu des nouvelles d’eux ? Peu-on encore envoyer des dons ? Tu disais, frère Henri, que tu as aussi déjà été en Afrique, j’aimerais bien lire aussi ces récit ou ailleurs; que Dieu remplisse tous les frères et soeurs de Son Esprit Saint par Jésus notre Seigneur. Frère Séraphin Josué, si tu te sens mal par rapport à la dîme, c’est que tu as à coeur d’obéir à la volonté de Dieu, et ces hommes qui prêchent la dîme, en exerçant sur le peuple une énorme pression, réussissent à nous faire douter de la véritable volonté de Dieu. Moi aussi j’ai connu ça, sans compter les sacrifices financiers à n’en plus finir. Quand je suis sorti d’une de ces soi-disant églises, j’avais au moin 5 ou 6 enveloppes, je ne me souviens même pas à quel moment je les avais prises !! Te rappelles-tu avoir lu que Jésus demandait à Ses disciple constamment de lui donner la dîme? Toi-même, tu dis que ton argent t’est utile pour les besoin de ta famille ? Lis Matthieu 15 verset 4, je préfère donner aux pauvres, pour ma part. Jésus te guide.

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Cher frère Jean-Philippe, La page du Paraguay est tournée pour le moment, et tous ces bien-aimés sont entre les mains du Seigneur, et continuent leur marche avec Lui. Heureusement, c’est le Seigneur qui dirige Lui-même Son Eglise, même s’Il nous fait la grâce de participer à Son oeuvre. J’ai effectivement passé plus de quinze ans en Afrique (Côte d’Ivoire, Cameroun, Tchad, Bénin, République Centrafricaine), en Inde et à Madagascar, mais je n’étais pas converti, c’était durant mon enfance, mon adolescence et au début de ma vie professionnelle. Je ne suis retourné prêcher la Parole qu’à Madagascar pour le moment.

  10. MOHR GAËTANE KARINE dit :

    Cher frère Henri, ton message me fait beaucoup réfléchir, et je vais soumettre tout à notre cher Saint-Esprit. Et effectivement, je prie pour mon fils et pour son père, mais je pensais vraiment que ce n’était point par force ni par puissance, mais par Son Esprit que Dieu allait agir dans le coeur de mon fils, vu que je lui ai déjà parlé de Jésus, du salut de la repentance et beaucoup d’autres choses, mais il n’est pas encore convaincu, je lui aussi parlé de ces jeux diaboliques, et je n’ai point mâché mes mots, bien sûr avec douceur, que c’était du démon et qu’ils préparent les jeunes hommes de son âge à banaliser la violence, la vulgarité et l’insensibilité à toute forme de compasion et d’amour.

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Chère Soeur Gaëtane, Ton fils n’est pas encore majeur, et il vit sous ton toit. Je crois qu’il est bon de le placer en face d’une discipline à respecter. Tu peux lui dire aussi que tu ne seras pas dupe, et qu’il aura toujours la possibilité de violer l’interdit, s’il le veut, et de regarder ces jeux en cachette. Mais il sera prévenu, et sa conscience le lui reprochera, ce qui peut le pousser par la suite à la repentance. Et il saura aussi que ce qui te ferait plaisir, c’est qu’il obéisse par amour pour sa mère, et non par contrainte. C’est la même chose que la Loi pour les Juifs. Ils ne pouvaient pas la respecter, mais la Loi devait leur montrer qu’ils avaient besoin d’autre chose, pour être agréables à Dieu: c’est-à-dire naître de nouveau et marcher par l’esprit! Que le Seigneur t’accorde toute la sagesse nécessaire.

  11. MOHR GAËTANE KARINE dit :

    Salutations en Christ, frère Henri, merci pour tes exhortation. j’ai une question à vous poser en dehors du sujet au dessus. Mon fils de 16 ans vit cette année avec moi dans un petit studio, mais il y a quand même une mezzanine où je peux me réfugier pour être avec mon Seigneur, par contre mon fils est farci de jeux vidéos diaboliques et je ne sais quoi faire…

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Chère Soeur Gaëtane, Il y a la prière, bien sûr, mais ton fils a un âge où tu peux avoir avec lui une conversation sérieuse, pour lui montrer que ces jeux démoniaques attirent des mauvais esprits. Puisque tu es chez toi, je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas voir avec lui quels jeux il pourrait s’engager à ne pas jouer dans ta maison, quitte à les lui interdire par la suite. Il fera ensuite ce qu’il veut, sans doute, dans la mesure où il peut encore les voir en cachette, mais il sera placé devant une interdiction qu’il devra violer. Il faut que nos jeunes soient confrontés à une discipline et des barrières à ne pas franchir.

  12. seraphinjosue dit :

    Est-il obligatoire de payer la dîme à son pasteur, et si on ne le fait pas, est-ce un péché contre un principe divin? Dans toute église protestante que j’ai déjà visitée, l’enseignement de dîme y est parmi les point centraux. Et on y prêche les conséquences néfastes qui consisteraient à ne pas payer la dîme. Cela me ronge des fois, surtout quand il m’arrive de percevoir mon salaire (relativement très maigre) à la fin fin du mois et que, suite à la pression des charges familiales, j’étais contraint de prendre des dettes (qui souvent arrivent à être supérieures à mon salaire: loyer de deux maison: la mienne et celle de ma mère, achat de vivres pour les deux maisons, scolarité de mes jeunes sœurs à l’Université, etc…) que je dois rembourser à la fin du mois. Or il y a la question de la dîme. Cela me met souvent mal à l’aise. Donnez-moi, cher frère Henri, du conseil là-dessus.
    Séraphin

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Cher frère Séraphin Josué, La dîme est un principe qui ne concerne pas l’Eglise du Nouveau Testament. Les Chrétiens n’ont aucune obligation de payer la moindre dîme. Aucun enseignement n’est donné à l’Eglise sur la dîme, dans tout le Nouveau Testament. D’ailleurs, les Juifs devaient payer trois dîmes, en nature et jamais en argent. L’enseignement de la dîme dans les églises chrétiennes est donc un enseignement charnel, fait par des responsables charnels, pour financer leurs projets charnels! Il nous est demandé simplement de compter sur le Seigneur pour qu’Il pourvoie à tous nos besoins, d’être généreux, de pourvoir aux besoins des pauvres, des veuves et de certains ministères qui ont dû abandonner leur travail salarié, mais selon nos moyens, et en toute liberté, comme le Saint-Esprit nous en donne la conviction! Cher frère, par ailleurs, nous ne sommes jamais contraints de nous endetter, si nous dépensons uniquement ce que le Seigneur nous demande de dépenser, et si nous Lui faisons confiance pour pourvoir à nos besoins. Libère-toi donc de ce joug religieux, et ne te laisse pas influencer par les menaces!

  13. seraphinjosue dit :

    Oui, l’Église du Christ, prête a être enlevée, est appelée à être sans ride ni tache. Elle a besoin de bergers qui puissent la nourrir d’une saine nourriture sans poison, à savoir l’évangile de la croix, folie pour le monde, mais victoire pour les élus du Jésus-Christ. Mais Hélas! l’Évangile de la croix se fait de plus en plus rare dans les assemblées chrétiennes, et les gens veulent entendre ce qui satisfait leurs appétits charnels.
    Frère Henri, que Dieu vous bénisse et vous fortifie encore plus dans votre ministère, combien salutaire mais aussi difficile. J’en profite pour vous souhaiter (vous, ainsi que tous les frères et sœurs du blog), mes meilleurs vœux pour 2012. Qu’elle soit une année de paix, et pour gagner en Christ beaucoup plus d’âmes.
    Seraphin

    • Henri Viaud-Murat dit :

      Merci, cher frère Seraphinjosue, Dieu S’est toujours gardé un reste fidèle! Il connaît les Siens, et les Siens Le connaissent!